Manuel Valls au Congrès du PS de Poitiers
Manuel Valls au Congrès du PS de Poitiers © Christophe Petit Tesson/MAXPPP / Christophe Petit Tesson/MAXPPP

Le Premier ministre est à Poitiers pour la deuxième journée du 77ème Congrès du PS. Il a tiré à boulets rouges sur Nicolas Sarkozy et la droite.

L'ancien président Nicolas Sarkozy "est un problème" pour la France, a déclaré samedi le Premier ministre, Manuel Valls, devant le congrès du Parti, socialiste, une semaine après celui qui a vu l'UMP changer de nom pour devenir "Les Républicains". L'ex-chef de l'Etat, qui ne cache pas sa volonté de prendre en 2017 sa revanche de l'élection présidentielle perdue de 2012, avait alors accusé la gauche au pouvoir d'avoir "abandonné" et "trahi" la République et d'être d'une "terrifiante médiocrité".

Par ses pratiques dans l'opposition, Nicolas Sarkozy est déjà un problème pour le pays", a contre-attaqué Manuel Valls dans son intervention au congrès du PS, censé ouvrir la voie à une candidature de François Hollande à un deuxième mandat. "Parce que nous sommes tout sauf laxistes", a-t-il poursuivi dans une allusion à une autre critique récurrente de la droite.

Je ne veux pas que Nicolas Sarkozy récidive, qu'il fasse à nouveau ce qu'il a fait à notre pays quand il était au pouvoir. Et je ne veux pas qu'il continue d'ouvrir un peu plus la porte à cet ennemi redoutable qu'est l'extrême droite.

Manuel Valls a à son tour accusé la droite de ne conserver que le "vernis" de la République et d'en oublier le sens. Il a aussi reproché aux dirigeants de l'ex-UMP d'avoir "privatisé" un "bien commun" en se rebaptisant "Les Républicains". "Derrière cette guerre du langage, ce trafic d'appellations, cette privatisation d'un bien commun, il y a une duperie", a-t-il ajouté. "Ce que cache le rhabillage de l'UMP, c'est un manque abyssal d'idées !"

Il a dressé un bilan sévère de la droite au pouvoir sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy : "Dette, déficits, services publics abîmés, postes de policiers, gendarmes, soldats infirmières, enseignants supprimés, justice malmenée, délinquance en hausse, stigmatisation des étrangers !" "Alors, j'invite le chef de l'opposition à méditer sur le passé, avant que d'envisager l'avenir", a-t-il conclu. "Faire de la politique, c'est servir les autres et non pas régler des comptes personnels (...) C'est élever le débat et non pas plonger des deux pieds dans l'outrance et la hargne (...) C'est débattre, argumenter. Ce n'est pas vociférer ou insulter."

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Manuel Valls a tiré à boulets rouges sur la droite,

Le Premier ministre maintient le cap

Il n'y aura pas de pause dans les réformes, a promis samedi le Premier ministre,Manuel Valls, qui a par ailleurs dénoncé le discours "anxiogène" du patronat, devant le congrès du Parti socialiste réuni à Poitiers. Il a assuré que faire baisser le chômage, qui n'a pratiquement pas cessé d'augmenter depuis le début du quinquennat de François Hollande malgré les promesses d'inverser sa courbe, était la première priorité du gouvernement :

Nous tiendrons cet engagement et nous réussirons ce défi. Donc nous continuerons à réformer. Il n'y aura pas de pause. Pour amplifier encore la croissance, pour plus d'emplois. Nous devons construire une économie compétitive.

Manuel Valls, qui a reproché au patronat, plus particulièrement au Medef, de tarder à tenir les engagements pris en échange de la baisse des charges du pacte de responsabilité. Du côté du patronat, lorsque j'écoute certains dirigeants du Medef, qu'est-ce que j'entends ? Une plainte permanente, un discours anxiogène sur la peur d'embaucher. Des représentants du patronat, nous attendons autre chose [...] Et surtout nous attendons qu'ils tiennent leurs engagements."

Deux gauches

C'est le constat, peu suprenant, du député de la Nièvre, Christian Paul, qui s'était présenté au vote des militants face à Jean-Christophe Cambadélis pour le poste de premier secrétaire :

Il y a aujourd'hui deux gauches dans le PS : l'une est d'inspiration libérale. Ce ne sont pas des positions qui ont été à proprement parler présentées aux militants socialistes. Sur les quatre textes (motions soumises aux militants le 21 mai), aucun n'a défendu à proprement parler cette orientation-là. Et puis, il y a une autre gauche, une prochaine gauche, plus volontariste certainement [...]Jean-Christophe Cambadélis a le parti mais nous avons l'opinion.

Un Congrès sans enjeu

Il faut que ce congrès marque le début de la reconquête des coeurs, des esprits et de l'espérance.

C'était le voeu pieux exprimé par le Premier ministre Manuel Valls lorqu'il était venu voter pour Jean-Christophe Cambadélis pour le poste de premier secrétaire.

La réforme des statuts du parti a permis aux militants de voter à la fois sur l'orientation politique du parti et sur le premier secrétaire avant le congrès. Les batailles politiques étaient ainsi déminées et l'enjeu du Congrès largement dilué.

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