Entre 15 et 30 députés radicaux, La République En Marche, socialistes, de Corse et d’Outre-mer envisagent de créer un huitième groupe à l’Assemblée nationale. Les tractations sont en cours mais le positionnement et la ligne politique restent à définir.

Il y aura-t-il création d'un huitième groupe à l'Assemblée nationale ?
Il y aura-t-il création d'un huitième groupe à l'Assemblée nationale ? © AFP / Bertrand GUAY

C'était la rentrée pour les députés ce mercredi, après deux semaines de vacances parlementaires. Ils s'étaient quittés après le vote en première lecture de la loi "Asile et immigration", qui avait montré des dissensions au sein de la majorité. Quatorze députés s'étaient abstenus, un avait voté contre. Des dissensions qui relancent l'idée de créer un huitième groupe parlementaire.

Mais cet épisode n’est pas le seul motif. Pour François-Michel Lambert, il y a un sentiment d'étouffement et même d'être bâillonné au sein du groupe En Marche : ”Il y a quelques dizaines de députés qui se voient très régulièrement, qui sont très structurés, qui ont leur propre vision, leur propre agenda. Parce qu’ils sont très organisés, ils arrivent à peser", explique le député LREM des Bouches-du-Rhône. "Quand j’ai demandé à ce que la voix de l’écologie progressiste puisse s’organiser, on m’a expliqué que ce n’était pas possible. Aujourd’hui le débat est tronqué et faussé.”

Le flou sur le positionnement du groupe 

C’est sur la composition de ce huitième groupe et sa ligne que les choses ne sont pas encore très claires. Il pourrait y avoir des "marcheurs" déçus comme Paul Molac ou le député de la Haute-Vienne Jean-Michel Clément, qui a déjà annoncé son départ du groupe LREM. Pourraient aussi faire partie de ce groupe des non-inscrits, des socialistes et des radicaux. Parmi lesquels le Rochelais Olivier Falorni qui s'interroge sur la ligne à adopter :

Nous souhaitons un groupe qui soutient le gouvernement quand il l’estime nécessaire, mais qui refuse de dire que tout ce qui vient de la majorité sera forcément bon.

Mais tous les parlementaires intéressés n’imaginent pas le groupe soutenir la majorité. Certains s'interrogent sur la meilleure position : “pour l’instant il n’y a rien de précis”, regrette une député. D’autres, comme ce député prêt à quitter Nouvelle Gauche, préviennent : “ce groupe sera un groupe d'opposition ou ne sera pas.”

"C’est un groupe qui sera fourre-tout” 

S’il y a des interrogations sur le positionnement politique de ce groupe en construction, il y en a aussi sur le positionnement idéologique. La situation des prisonniers dits "politiques” en Corse est un point de crispation. Les députés de Corse réclament une amnistie ou au moins un transfert des détenus sur l’île . "C’est une ligne rouge à ne pas franchir” pour le radical Olivier Falorni. "Il ne faut pas créer un groupe pour créer un groupe. Le problème n’est pas de réunir 15 députés ensemble, mais de trouver une cohérence dans ce groupe”

"Oui c’est un groupe qui sera fourre-tout, mais ce sera surtout un lieu d’expression pour des députés qui n’en n’ont pas aujourd’hui", répond un des futurs membres. "C’est le cas des non-inscrits ou de ceux qui sont bâillonnés au sein de LREM”

Aujourd’hui, le groupe est seulement embryonnaire. Les députés intéressés doivent se réunir la semaine prochaine, au plus tard, pour décider s’il lui donnent naissance ou non. Du côté de LREM, les cadres du mouvement ne s’inquiètent pas : ils ne seraient que trois députés sur 312 à faire défaut.

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