C’est ce lundi que le conseil scientifique devrait confier ses conclusions au Premier Ministre sur la tenue du second tour des élections municipales. Le gouvernement doit rendre public son rapport le 23 mai, mais, à Matignon, l’idée de la tenue de ce scrutin le 28 juin prochain est une piste.

Édouard Philippe lors d'une vidéoconférence à Matignon, le 14 mai 2020.
Édouard Philippe lors d'une vidéoconférence à Matignon, le 14 mai 2020. © AFP / Thomas COEX

"Qu’on en finisse et au plus vite, le plus tôt sera le mieux" : cette confidence d’une ministre lasse est un sentiment partagé par la grande majorité du gouvernement.
Le Premier ministre, en ballotage au Havre, n’y trouve rien à redire. 

Mais Matignon insiste : l’avis du conseil scientifique sera décisif et il faudra un consensus large, au Parlement mais aussi chez les français. Ce qui ne veut pas dire un vote. C’est d’ailleurs à priori exclu puisque, dans cas, c’est  la majorité présidentielle qui l’emporterait mécaniquement. Or Édouard Philippe entend bien que chacun prenne ses responsabilités. S’il fait aujourd’hui le gros dos face à la soixantaine de plaintes qui visent l’exécutif dans sa gestion de la crise en général et l’organisation du premier tour la veille du confinement, s’il assume, il a peu goûté le "courage fuyons" de plusieurs politiques, qui criaient déjà à un déni de démocratie s’il avait annulé ce scrutin en mars. Il a lu aussi la tribune des maires dans le JDD le week-end passé, qui alertaient contre un "confinement démocratique" si l’on ne se hâtait pas pour faire élire l’ensemble des maires avant la fin de l’été.

Un avis scientifique prudent mais pas défavorable

L’avis du conseil scientifique, Édouard Philippe s’y attend, sera prudent mais pas défavorable. La date du 28 juin toute indiquée afin que l’on tourne la page une bonne fois pour toute. Ce qui permettrait à Édouard Philippe d'obtenir une onction populaire dans une période pleine de turbulences et de critiques acerbes, et avant les feux des myriades de commissions d’enquêtes lancées par les parlementaires. Plus l’élection sera rapide, plus il se pense assuré de retrouver son fauteuil de maire du Havre. Et dans un contexte où il ne se passe pas un jour sans spéculations sur son maintien à Matignon, l’eau salée qui - de son propre aveu - coule dans ses tripes, commence à bouillir.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.