l'assemblée nationale refuse l'arrêt des négociations ue-usa
l'assemblée nationale refuse l'arrêt des négociations ue-usa © reuters

Dans leurs déclarations d'intérêts et d'activités rendues publiques hier, les parlementaires étaient tenus de préciser les noms et les revenus annexes de leurs collaborateurs. L'occasion pour certains d'entre eux de réclamer un véritable statut.

Peut-être une chance pour eux de sortir de l'ombre. Les collaborateurs parlementaires et leurs activités devaient être mentionnés sur les déclarations d'intérêts et d'activités de quelque 900 députés et sénateurs, publiées hier sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, www.hatvp.fr. C'est la première fois qu'ils sont recensés de façon officielle.

Dans ces déclarations, on apprend notamment que de 10 à 15% des parlementaires emploient un membre de leur famille - souvent un conjoint - comme collaborateur. Une pratique légale, avec une rémunération encadrée, mais de nature à faire naître le soupçon.

L'emploi de Nadia Copé, femme de l'ex-président de l'UMP Jean-François Copé, a ainsi beaucoup fait parler après sa révélation par Mediapart. Son mari a confirmé qu'elle était bien sa collaboratrice parlementaire dans sa déclaration.

Autre enseignment : de nombreux collaborateurs exercent une activité annexe et ne vivent pas pleinement de leur fonction publique. Un constat qui tranche avec celui des parlementaires, qui ne sont que 10% à exercer une activité privée en plus de leur mandat (voir notre décryptage).

Les syndicats se font entendre

Ce constat pousse les syndicats de collaborateurs parlementaires à réclamer aujourd'hui un véritable statut.

Le Cercle des collaborateurs et attachés parlementaires (CCAP), de tendance centre et droite, s'exprime dans un communiqué :

Cette mesure de transparence ne saurait être la seule réponse au flou qui entoure notre métier, qu'aucun statut ou cadre juridique clair ne vient encadrer. (..) C'est précisément le défaut de cadre régulé qui crée les conditions propices à certaines dérives

Le CCAP évoque également les "grandes disparités" qui existent dans ce métier, de surcroît "soumis aux aléas de la vie politique".

Même son du cloche du côté du Syndicat national des collaborateurs parlementaires (SNCP), allié à Force Ouvrière, qui réclame davantage de stabilité :

La question du cumul d'activité par les collaborateurs parlementaires ne pourra se régler sans un meilleur encadrement des temps partiels subis: seuls 52% des collaborateurs ont un contrat de travail à temps plein

Noémie Guillotin s'est intéressée à ces collaborateurs parlementaires. Elle était en direct dans le journal de 13 heures

L'idée d'un véritable statut professionnel pour les collaborateurs parlementaires pourrait bien faire son chemin. Le président socialiste de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas, dit regretter que leurs activités n'aient pas encore de statut, bien qu'elles soient désormais inscrites dans la loi. Il souhaite "que l'Assemblée nationale puisse concrétiser cette ambition".

La contribution du collaborateur parlementaire au travail de son élu est très variable. Les députés disposent eux chaque mois d'une somme d'un peu de plus de 9 000 euros pour rémunérer leurs assistants.

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