[scald=76659:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les syndicats s'orientent vers une poursuite de la grève des agents de sécurité qui perturbe les aéroports français depuis une semaine.

Une nouvelle réunion de discussions à Paris sous l'égide du médiateur nommé par le gouvernement a été suspendue vendredi à la mi-journée. Elle devait reprendre dans l'après-midi mais les syndicats ont peu d'espoir d'aboutir à un accord.

"Je crains que des négociations n'aboutissent pas et que l'on s'oriente vers une poursuite du mouvement", a dit à Reuters le négociateur de Force ouvrière, Alain Bouteloux.

La direction a proposé une prime de 300 euros bruts, qui s'ajouterait à un prime individuelle existante dont les syndicats dénoncent le caractère aléatoire.

"Ce n'est absolument pas satisfaisant", a jugé Alain Bouteloux.

Les représentants des grévistes demandent des hausses de salaire allant jusqu'à 200 euros par mois - une revendication que le patronat juge irréaliste - et l'amélioration de leurs conditions de travail.

Ils disent gagner 1.543 euros bruts par mois, dont une partie en primes, et travailler avec des horaires décalés et le dimanche.

La grève a été reconduite pour un huitième jour mais le trafic est désormais proche de la normale dans les aéroports français.

TEMPS PERDU

Malgré les protestations des syndicats, y compris dans la police, le gouvernement a mis à exécution sa menace de demander aux forces de l'ordre de se substituer aux grévistes afin que les passagers ne soient pas "pris en otage" pour Noël.

Un préavis de grève a été déposé parallèlement par plusieurs syndicats du secteur aérien, dont le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), du 6 au 9 février, pour protester contre une proposition de loi UMP visant à encadrer le droit de grève dans ce secteur.

François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a regretté jeudi le temps perdu dans la gestion du conflit.

"Il y a des jours et des jours qui ont été perdus car le gouvernement aurait dû susciter une négociation beaucoup plus tôt", a-t-il déclaré à la presse en marge de la visite d'une librairie à Paris.

Evoquant le préavis de grève des pilotes, l'élu socialiste a dénoncé un manque de sérieux du gouvernement. "Tout cela n'est pas cohérent, pas sérieux, pas contenu dans une stratégie d'ensemble, relève de l'improvisation, du coup de menton", a-t-il dit.

Patrick Vignal, avec Elizabeth Pineau, édité par Gilles Trequesser

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