[scald=91039:sdl_editor_representation]SAINT-DENIS DE LA REUNION (Reuters) - Marine Le Pen, qui peine à rassembler les 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, a estimé mercredi qu'il y avait "clairement une volonté" de l'empêcher de se lancer dans la course à l'Elysée.

La candidate du Front national, qui s'exprimait à La Réunion pour y présenter ses propositions pour l'Outre-mer, a expliqué qu'il s'agirait de son seul voyage dans les Antilles, les banques se montrant selon elle réticentes à lui prêter de l'argent en raison de l'incertitude sur sa candidature.

"Des parrainages arrivent tous les jours mais le rythme est trop lent pour nous rassurer", a-t-elle déclaré. "Il y a clairement une volonté de m'empêcher d'être candidate."

La présidente du FN n'a recueilli que 360 promesses de signatures, selon l'estimation fournie mardi, à 74 jours du premier tour, par son entourage.

Elle a regretté que son séjour à la Réunion ait été perturbé par des militants anti-racistes et de gauche.

"Leur liberté de manifester a été un obstacle à notre liberté de réunion. Mais ils n'ont pas réussi à me dévier de mon objectif d'apporter les grandes lignes de mon programme", a déclaré la candidate d'extrême droite.

Elle s'est déclarée "effondrée" par le fait de "voir que la France n'a pas su avoir une vision stratégique" en termes de politique maritime, tandis que l'Outre-mer assure au pays "11 millions de kilomètres carrés d'or bleu".

PROTECTIONNISME

"L'Outre-mer aura un rôle fondamental dans les années qui viennent, aujourd'hui ce n'est pas le cas. Durant le quinquennat de Sarkozy, il y a eu du mépris pour les territoires d'Outre-mer, défaisant le peu de bien qu'avait fait son prédécesseur Jacques Chirac", notamment en matière d'exonérations fiscales, a-t-elle déclaré.

Concernant la Réunion, la présidente du Front National estime que "le coût du billet d'avion est un enjeu majeur sur lequel l'Etat stratège doit se pencher" et qu'un "audit devra être rédigé pour savoir comment les collectivités territoriales ont utilisé les subventions versées".

Prônant des mesures de protectionnisme économique et social, elle a jugé que l'inégalité entre métropolitains et réunionnais était "un problème", sans pour autant remettre en cause la sur-rémunération dont bénéficient les fonctionnaires.

Elle s'est également exprimée pour la préférence régionale qui permettrait aux natifs de l'île d'être prioritaires sur les postes locaux et contre le droit du sol qui, selon elle, favoriserait l'immigration.

La Réunion constituera donc son unique voyage en Outre-mer. Elle y prédit "une surprise" au premier tour de l'élection présidentielle, sans pour autant avoir récolté aucune signature dans l'île. Seuls des élus de Tahiti et de Nouvelle Calédonie lui auraient apporté leur soutien.

Selon la section locale du Front National, son père, Jean-Marie Le Pen, avait récolté 4,8% des suffrages dans l'île à l'élection présidentielle de 2007, un résultat en hausse d'un point par rapport à celle de 2002.

L'électorat réunionnais constitue un réservoir de plus de 560.000 voix tandis que la population d'Outre-mer représente environ 5% de la population française.

Marine Veith, édité par Yves Clarisse

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