Mardi dernier, le président s'exprimait devant le CRIF. Il a expliqué que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls était rentré d'un voyage en Algérie "sain et sauf" et d'ajouter que "c'est déjà beaucoup". En Algérie, la blague ne passe pas.

La petite phrase est prononcée dès le début du discours, à la 24ème seconde :

C'est un "incident regrettable" et une "moins-value" pour les liens entre les deux pays selon le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra :

Il est clair qu'il s'agit d'une moins-value par rapport à l'esprit qui enveloppe nos relations et à la réalité de ce que les délégations françaises, et même autres, peuvent constater de la situation sécuritaire en Algérie. Nous avions terminé l'année 2012 sur le succès éclatant de la visite d'Etat de M. François Hollande en Algérie. L'année 2013 n'est pas encore terminée, nous ne souhaitons pas la terminer sur une mauvaise note, et nous souhaitons donc pouvoir trouver dans les jours qui nous séparent de la fin de l'année un moyen de tourner la page de cet incident regrettable.

Pas de réaction officielle du côté de l'Elysée qui ne conteste pas la véracité de cette plaisanterie, formulée dans un cadre complètement informel. en revanche, àdroite, on tire à boulet rouge sur le président. pour Roger Karoutchi, vice-président de l'UMP, un président de la République n'est pas là pour faire rire les copains :

Petite cause, grand effets. Quand on est chef d'Etat, la moindre boutade prend une proportion quand elle est publique.

Les critiques de la presse, le déchaînement sur les réseaux sociaux

La blague douteuse de Hollande a fait la une de la presse algérienne notamment des journaux arabophones El-Khabar, Echorouk et Ennahar. "Hollande se moque de l'Algérie devant les juifs", pouvait-on lire en première page. El-Watan évoque une "petite phrase assassine". Fayçal Metaoui est journaliste au quotidien El-Watan :

La classe politique estime que l'Algérie doit réagir [...] Certains pensent qu'il faut convoquer l'ambassadeur de France.

Sur les sites d'information en ligne comme sur les réseaux sociaux, de nombreux lecteurs algériens se sont déchaînés contre le président français, pourtant jusqu'à présent très populaire dans le pays.

Les "regrets" du président

Habitué des plaisanteries, François Hollande a dû exprimer dimanche ses "sincères regrets".

Ce n'est pas la première fois que les bons mots du président jette le trouble. Celui que Laurent Fabius a qualifié de "monsieur petites blagues" s'est déjà fait remarqué lors du Salon de l'agriculture en février dernier : à une petite fille qui lui disait n'avoir jamais vu Nicolas Sarkozy, François Hollande lui avait répondu "bah! tu ne le verras plus".

A la même époque, après l'abdication de Benoît XVI, il avait lancé, tout en rendant hommage au pape démissionnaire: "nous ne présentons pas de candidat" au conclave.

Lundi dernier, le président s'exprimait devant le CRIF. Il a expliqué que Manuel Valls était rentré d'Algérie "sain et sauf" et d'ajouter que "c'est déjà beaucoup". En Algérie, la blague ne passe pas. Le président a exprimé ses "sincères regrets".

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo"Sarkozy ? Tu ne le verras plus" - 23/02/13 à 16h00

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