[scald=61873:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - Vingt ans après la polémique suscitée par son transfert de Paris à Strasbourg, l'Ecole nationale d'administration a célébré lundi son ancrage dans la capitale alsacienne en inaugurant les locaux qui manquaient encore à son personnel.

Le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, qui avait fait le déplacement, a souligné le caractère "éminemment symbolique et exemplaire" de la décision prise le 7 novembre 1991 par le Premier ministre socialiste de l'époque, Edith Cresson.

"Dans notre histoire centralisatrice, cela constituait une rupture sans précédent qui a incontestablement représenté une étape marquante dans l'évolution des liens qui unissent la République à ses territoires", a-t-il dit devant un aréopage d'élus, de fonctionnaires et d'étudiants de l'école.

Le nouveau bâtiment de 3.500 mètres carrés est relié par une passerelle à la Commanderie Saint-Jean, monument historique du XVIe siècle qui fut hôpital et prison avant d'accueillir la future élite de la fonction publique républicaine.

Conçu aux normes "haute qualité environnementale" pour 10,9 millions d'euros, il permet à l'administration de l'école d'abandonner les locaux qu'elle louait jusqu'ici à l'autre bout du centre-ville.

La délocalisation de l'école, qui s'est accompagnée d'une plus grande ouverture des études aux problématiques internationales, reste toutefois en trompe-l'oeil.

Les promotions de 80 élèves - auxquels s'ajoutent trente étudiants de la filière internationale - passent la moitié de leurs deux années d'études en Alsace, l'autre étant consacrée à des stages.

L'école, qui n'emploie que deux enseignants permanents (en français langue étrangère et en sport), doit faire venir ses intervenants, au nombre d'un millier chaque année, de l'extérieur et pour beaucoup de Paris, s'agissant notamment des hauts fonctionnaires.

De même la formation continue, les relations internationales et le concours d'entrée, restent-ils basés dans la capitale pour des raisons de meilleure accessibilité.

Pour Christine Demesse, qui préside l'Association des anciens élèves de l'Ena, laquelle avait combattu le transfert, le bilan est mitigé mais le débat n'a plus lieu d'être.

"Les élèves y trouvent leur compte. Ils sont bien logés et ont l'impression de vivre sur un campus, ce qui n'étais pas le cas à Paris", reconnaît cette ancienne de la promotion Henri-François d'Aguesseau (1982).

"Je ne pense pas qu'il y a eu un réel intérêt en termes de coût ou d'organisation mais les élèves n'ont pas perdu en termes de qualité des interventions ou de qualité d'accueil, c'est l'essentiel. Après, c'était une décision politique", conclut-elle.

Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal

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