Il faudra faire son choix parmi 34 bulletins de vote aux prochaines élections européennes, le 26 mai 2019. Les candidats avaient jusqu'au 3 mai pour déposer officiellement leur liste. Voici celles qui ont été validées par le ministère de l’Intérieur.

Les élections européennes ont lieu le 26 mai en France.
Les élections européennes ont lieu le 26 mai en France. © Getty /

C'est un record : 34 listes sont en lice pour les élections européennes qui se dérouleront, en France, le 26 mai. 33 listes ont été validées le 3 mai, date officielle de la fin du dépôt des candidatures. Une 34ème liste, pour laquelle il manquait une mention manuscrite, a été validée une semaine plus tard. Les partis traditionnels testés dans les sondages représentent, à eux seuls, une quinzaine de listes. On compte également plusieurs listes de "gilets jaunes" et un éparpillement évident avec une dizaine de listes de gauche ou quatre eurosceptiques. 

Chaque liste compte 79 candidats, soit le nombre de sièges attribués à la France dans le futur Parlement européen sans les Britanniques. Il y aura donc au total 2 607 candidats le 26 mai en France. Voici la liste des candidatures et de leurs chef.fe.s de file. Il n'y a d'ailleurs que neuf femmes têtes de liste sur 33. 

Enfin, nul besoin de parrainages d'élus, de parti politique ou de budget, seule la présence de 79 noms sur une liste suffisait pour déposer une candidature. Mais par manque de moyens, de nombreuses listes - presque la moitié - ne pourront pas imprimer leurs bulletins de vote et demandent à leurs électeurs de les imprimer sur internet. 

1. La France insoumise : "L'avenir en commun, en Europe aussi"

C’est la première fois que la France insoumise présente une liste aux élections européennes. Le parti, fondé en 2016 par Jean-Luc Mélenchon, a choisi Manon Aubry, militante associative de 29 ans, pour porter cette candidature, "L'Avenir en commun, en Europe aussi". Ancienne porte-parole de l’organisation non gouvernementale Oxfam, elle est spécialiste des questions de lutte contre l’évasion fiscale. Le parti prône une sortie des traités européens actuels, de l’Otan, la lutte contre les lobbies, une agriculture paysanne, bio et de proximité, un accueil “digne” des exilés.   

2. Une France royale au cœur de l'Europe

L'Alliance royale a déposé sa liste "Une France royale au cœur de l'Europe", menée par Robert de Prevoisin. Régulièrement candidate aux élections nationales ou européennes, cette formation prône la fin du "sortilège républicain".

3. La ligne claire

La Ligne claire est une liste menée par le théoricien du "grand remplacement", Renaud Camus. [Mise à jour, 22 mai : Renaud Camus a annoncé sur le réseau social Twitter qu'il "n'assumait plus" sa liste. Selon lui, "une des personnes qui y figurent a assumé publiquement des positions radicalement contraires à ce que nous sommes" Il est impossible de retirer une liste après l'avoir déposée.]

4. Parti pirate

Ce parti est un habitué de ce scrutin européen. Sa devise : “liberté, démocratie, partage”. Fondé en 2006 en Suède, le Parti pirate a un succès fou en République tchèque, où il est devenu l’une des principales forces d’opposition. En France, il se structure et c'est Florie Marie qui prend la tête de la liste pour ce scrutin. Sur son logo, en noir et blanc sur fond violet, on distingue un “P” qui forme un voile. Le Parti pirate prône “un partage fraternel des savoirs culturels et scientifiques de l’humanité”, ou encore “protéger l’égalité des droits des citoyens”.

5. La République en marche : "Renaissance"

Six mouvements pro-majorité se rassemblent autour de la liste “Renaissance”, avec en tête, l'ex-ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau. Si l'on connaît la liste, le programme lui, se fait encore attendre. Il sera rendu public le 9 mai. La campagne de Nathalie Loiseau est malmenée par des maladresses, de révélations et des bourdes. Le site de campagne renvoie à la lettre "Pour une renaissance européenne" d'Emmanuel Macron. 

6. Démocratie représentative

Liste portée par Hamada Traoré, originaire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et porte-voix des quartiers populaires. 

7. Les Patriotes : "Ensemble Patriotes et 'gilets jaunes'"

Après avoir émis l’idée de s’allier avec l’UPR de François Asselineau, Florian Philippot a finalement fusionné sa liste avec celle du "gilet jaune" de l’Indre, Jean-François Barnaba. Résultat : dix gilets jaunes identifiés sur la liste "Ensemble Patriotes et gilets jaunes", dont l’ex-FN a pris la tête. La liste prône la sortie de la France de l’Union européenne et de l’euro, pour plus de justice fiscale et sociale, plus de pouvoir d’achat et plus de démocratie directe.

8. Parti des citoyens européens : "Vers la République européenne"

Le Pace, parti des citoyens européens se présente avec à sa tête Audric Alexandre, 29 ans. Le parti défend lidée d'une république européenne, et d'une "diplomatie pacifique au service de la biodiversité, de la lutte contre le réchauffement climatique". 

9. Urgence écologie

Une liste écolo de plus, menée par Dominique Bourg. Ce philosophe et professeur à l'Université de Lausanne se jette dans le grand bain avec Urgence écolo. Il avait annoncé sur France Inter son rapprochement avec l’ancienne ministre socialiste de l’Ecologie Delphine Batho. Avec les élections européennes, on peut vraiment débattre d’idée, pour faire entrer des idées nouvelles déclarait le jurassien. Ces histoires droites gauches, ce n’est plus vraiment nos affaires aujourd’hui.

10. Liste de la reconquête

Le parti d'extrême droite, la Dissidence française présente sous le nom de "Liste de la reconquête" 79 candidats pour les européennes, emmenés par l'identitaire Vincent Vauclin.

11. Union des démocrates et indépendants : "Pour une Europe plus démocratique, plus stratégique et efficace !"

Difficile d’exister entre la liste des Républicains et celle de LREM. La tête de liste est le député Jean-Christophe Lagarde. Son objectif : "rassembler les héritiers de la droite française, européenne, du centre” et “les orphelins de Jacques Delors”, l’ancien président de la Commission européenne. Jean-Christophe Lagarde fustige la politique du président Macron, et appelle appelant à la création d'une police et d'un parquet fédéral. Il réclame également la fin de contributions des Etats au budget de l’UE, et son remplacement par une taxe carbone européenne sur les importants.  

12. Place publique - Parti socialiste : "Envie d'Europe"

Avec son parti fraîchement créé, Place publique, Raphaël Glucksmann s’est imposé comme allié du Parti socialiste pour ces européennes. L’essayiste présente en tout cas pour la première fois à une élection. Raphaël Glucksmann doit présenter son projet lundi mais défends dans ses dix engagements principaux : la lutte contre les lobbies, la finance au service du climat, de la nature et de l’emploi, la lutte contre la pauvreté et la précarité ou bien encore la défense des services publics.

13. Parti fédéraliste européen 

Le Parti fédéraliste européen présente, avec à sa tête Yves Gernigon, une liste aux européennes. Il propose une protection effective de nos frontières européennes, la création d’une défense et d’un FBI européen et réclame la suppression de la directive travailleurs détachés.

14. Mouvement pour l'initiative citoyenne : pour le RIC

Ils ne se présentent pas comme une liste de "gilets jaunes" et expliquent qu'ils existent depuis bien longtemps, bien avant les "gilets". Mais les militants du Mouvement pour l'initiative citoyenne portent l'une des revendications les plus soutenue par le mouvement social depuis novembre : le référendum d'initiative citoyenne. Le MIC a pour "unique ambition" de "proposer une réforme institutionnelle singulière" en instaurant la RIC au niveau national et européen. Cette formation avait déjà présenté une liste aux européennes de 2009. C'est un chef d'entreprise breton, Gilles Helgen, qui sera numéro un de la liste.

15. Debout la France : "Le courage de défendre les Français" 

La liste "Le courage de défendre les Français avec Nicolas Dupont-Aignan" est menée par le président de Debout la France, allié du FN de Marine Le Pen aux second tour de l'élection présidentielle. En neuvième position sur la liste, on retrouve le "gilet jaune" Benjamin Cauchy. La liste entend supprimer les accords de Schengen et rétablir les frontières, supprimer la Commission européenne pour faire baisser les impôts ou encore conditionner l’accès au marché commun à une harmonisation sociale, fiscale et au respect de la loyauté commerciale entre pays.

16. Allons enfants

Avec Allons Enfants, “prenez le parti de la jeunesse” comme ils l’écrivent. La première promesse : cette liste est composée de jeunes de moins de 30 ans. A se tête : Sophie Caillaud, une étudiante à Science Po de 23 ans. Ce parti désire “une Europe solidaire et durable, aux intentions écolo : développer le circuit court, réduire la consommation abusive de plastique en interdisant le suremballage”. Bien entendu, Allons Enfants réclame une rémunération minimale des stages.

17. Décroissance 2019

La liste "Décroissance 2019" prône, comme son nom l'indique, la décroissance. Sa tête de liste, Thérèse Delfel, s'inspire de la "sobriété heureuse" popularisée par Pierre Rabhi. 

18. Lutte ouvrière : "Contre le grand capital, le camp des travailleurs"

La liste déposée par Lutte Ouvrière et conduite par Nathalie Arthaud s’intitule : "Contre le grand capital, le camp des travailleurs". La formation veut porter la voix des ouvriers licenciés, des chômeurs, des précaires ou des retraités, et dit ne rien attendre de l’Union européenne, mise sur le même plan que les États nationaux, vus comme des instruments au service des intérêts des classes possédantes.

19. Le Parti communiste : "Pour une Europe des gens, contre l'Europe de l'argent"

La liste "Pour une Europe des gens, contre une Europe de l’argent", menée par Ian Brossat, se présente comme une candidature féministe, antiraciste, écologiste internationaliste et opposée à l'Europe libérale. La formation propose plusieurs mesures sociales comme la création d’un salaire minimum européen, d’une sécurité sociale professionnelle européenne ou encore la mise en place d’un prélèvement à la source des multinationales avec un taux minimal d’imposition des profits à 20 %.

20. Union populaire républicaine : "Ensemble pour le Frexit"

La liste "Ensemble pour le Frexit" est menée par François Asselineau. Partisan lui aussi d’une sortie de la France de l’Union européenne qu’il rejette en bloc, le président et fondateur de l’Union populaire républicaine (UPR) a rejeté l’idée d’une alliance avec l’ex-FN Florian Philippot, aujourd’hui président des Patriotes. "M. Philippot est un coucou qui s’installe dans le nid créé par les autres", a déclaré François Asselineau sur France Inter.

21. Génération.s  : "Vive l'Europe libre"

La jeune formation politique, fondée par Benoît Hamon après son échec à la présidentielle, a bénéficié depuis un an de la présence de trois députés au Parlement européen : Isabelle Thomas, Edouard Martin et Guillaume Balas, qui ont tous les trois suivi l’ex-ministre. L’ancien syndicaliste d’Arcelor Mittal, Edouard Martin, avait assuré qu’il ne ferait qu’un mandat. Les deux autres ont choisi de se représenter. Dans ses 21 engagements, Benoît Hamon, tête de liste, met l’accent sur l’environnement et sa sauvegarde, la lutte contre les lobbies et les traités de libre échange et se bat également pour un Revenu universel européen. 

22. A voix égales 

Menée par l'avocate Nathalie Tomasini, connue pour avoir défendue Jacqueline Sauvage, la liste A voix égales entend défendre les droits des femmes et l'égalité entre les sexes. La fille de Jacqueline Sauvag, Sylvie Marot, est également présente sur la liste.

23. Rassemblement national : "Pour une Europe des nations et des peuples"

Jordan Bardella, 23 ans, originaire de Seine-Saint-Denis, est en passe de devenir le plus jeune député européen de l’histoire du Parlement. La présidente du RN, Marine Le Pen, l’à désigné comme tête de liste du RN. Avec ce scrutin, elle veut “envoyer un signal à Macron” et compte termine en tête devant la liste LREM. Le programme ? On le trouve dans un manifeste de 75 pages publié par le Rassemblement national. On retiendra la suppression de la Commission européenne, l’abandon du frexit et de nouvelles mesures écologiques.

24. Neutre et actif 

Liste menée par Cathy Corbet

25. Parti révolutionnaire communiste

Liste du Parti révolutionnaire communiste, scission du Parti communiste français, et menée par Antonio Sanchez.

26. Espéranto

Comme à chaque élection européenne, Europe Démocratie Espéranto présente une liste. A sa tête : Pierre Dieumegard. Le projet tourne autour d’une langue qu’il souhaite commune aux pays membres, comme complément : l’espéranto, un dialecte pour faciliter les échanges entre les citoyens européens. Enseignement dans les écoles, création d’une chaîne de télévision et adoption d’un hymne européen en espéranto. C’est une langue inspirée de l’anglais, l’espagnol et le français. En 2014, le parti avait 33115 voix, soit 0,17% des suffrages.

27. Évolution citoyenne : avec Christophe Chalençon

La liste "Evolution citoyenne" est menée par Christophe Chalençon, un "gilet jaune" de la première heure, mobilisé dans le Vaucluse. Néanmoins, la formation ne se retrouve pas dans la forme actuelle de la mobilisation et dit vouloir rassembler au-delà, en retrouvant les idées originelles du mouvement. La liste prône "une Europe des nations fortes" et entend organiser des "assemblées citoyennes" au cours desquelles les participants pourront s’exprimer sur les lois soumises au vote du Parlement européen.

28. Alliance jaune : 100 % "gilets jaunes"

La liste "Alliance jaune", portée par le chanteur Francis Lalanne, a été créée grâce à une alliance avec les représentants de la liste "Ralliement d'initiative citoyenne", dite "RIC". La formation se présenté comme 100% "gilets jaunes", apartisane et défend plusieurs propositions, notamment la taxe Tobin (taxe sur les transactions financières internationales), la taxation du kérosène lourd et la reconnaissance des ressources naturelles comme entités morales. 

29. Les Républicains : "Pour la France, transformer l'Europe" 

C’était un choix inattendu : la nomination de François-Xavier Bellamy comme tête de liste des Républicains. À 33 ans, ce conservateur, adjoint au maire de Versailles, est philosophe. Son objectif sera de parler aux sept millions d’électeurs de François Fillon lors de l’élection présidentielle en 2017. Sur les plateaux et lors des meeting, le président LR et la tête de liste répète leurs arguments autour de “l'enracinement, de l'identité et de la protection des frontières" européennes. 

30. Europe écologie-Les Verts : "Pour le climat, tout doit changer"

Yannick Jadot est au Parlement européen depuis 2009. C’est lui qui, cette année, conduira la liste Europe écologie-Les Verts, "Pour le climat, tout doit changer". Ces cinq dernières années, les écologistes français comptaient dans leurs rangs cinq élus en plus de Yannick Jadot (Michèle Rivasi, Karima Delli, Eva Joly, José Bové) mais les deux derniers de cette liste ne se représentent pas. Au Parlement européen, les députés verts veulent lutter contre “l’urgence climatique” et estiment qu’il faut “sauver l’Europe” pour “sauver le climat”. Le “plan d’action” des écologistes insiste sur l’adoption d’un traité environnemental, le protectionnisme vert, la lutte contre les lobbies, les paradis fiscaux et veut globalement voir la politique européenne à travers le prisme de la sauvegarde de l’environnement. 

31. Parti animaliste

C’est une première pour le Parti animaliste, qui était déjà présents aux élections législatives. La tête de liste est Hélène Thouy, 34 ans, c’est la cofondatrice du mouvement. Il a pour ambition de faire émerger la question animale dans le champ politique : le Parti animaliste promeut une évolution de société qui prend en compte les intérêts des animaux et qui repense la relation entre les animaux et les humains. Il s’oppose également à la corrida, aux combats de coqs et à l’élevage intensif.

32. Les oubliés de l’Europe

Olivier Bidou, la tête de liste, veut défendre les commerçants, les artisans et es professions libérales. Ce parti réclame une "Europe du savoir-faire" et la fin des délocalisations pour maintenir l’emploi. Pour “réanimer les centres-villes”, Olivier Bidou en appellent aux centres commerciaux, aux zones artisanales, aux zones industrielles et aux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Appel) “pour aider les mairies en finançant des expositions, des théâtres, des projections de films etc”.

33. Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité

La liste de l'UDLEF est mennée par Christian Luc Person et défend "une France forte vers une nouvelle Europe". 

34. Une Europe au service des peuples

Cette liste est l'émanation de l'Union des démocrates musulmans français, présidée par Nagib Azergui, qui est également tête de liste. Elle veut incarner "le vivre-ensemble" et dénoncer "l’exploitation régulière des musulmans servis en pâture, partout en Europe, afin d’endosser la responsabilité de l'échec des choix politiques menés au sein de l'UE tant en matière d'économie, de sécurité ou d'intégration". En raison de l'absence d'une mention manuscrite le jour de la clôture officielle du dépôt des candidatures, la liste n'a pas pu être validée le 3 mai. Après vérification, la candidature a été validée et inscrite au Journal Officiel le 10 mai.

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