Pas de scandales mais quelques pépites. Avant leur prise de fonction, ce mardi, les eurodéputés ont dû réaliser une déclaration d’intérêts, en dévoilant leurs dernières activités rémunérées, le niveau de leurs revenus, leurs éventuelles participations ou avantages en nature.

Les eurodéputés ont du faire leurs déclarations d'intérêts avant de prendre leurs fonctions
Les eurodéputés ont du faire leurs déclarations d'intérêts avant de prendre leurs fonctions © AFP / FREDERICK FLORIN

C'est la règle : les députés européens fraîchement élus ou réélus le 26 mai dernier doivent remplir une déclaration d'intérêts [elles sont disponibles ici] indiquant leurs activités professionnelles des trois dernières années, leurs autres sources de rémunération ou encore leurs liens éventuels avec des entreprises. France Inter les a passées en revue, voici ce qu'on y apprend.

Au Rassemblement National

Thierry Mariani a indiqué qu’il avait quitté le comité d’éthique de la chaîne de télé Russia Today France en novembre dernier, chaîne directement financée par le Kremlin. En revanche, il continue de bénéficier de bureaux et de salles de réunion sur les Champs-Elysées, au siège de l’association Dialogue franco-russe, qu’il préside depuis 2012. 

L'eurodéputé Thierry Mariani
L'eurodéputé Thierry Mariani © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

On connaît aussi le goût de Thierry Mariani pour la Syrie de Bachar el-Assad. L’ancien ministre a déjà rencontré à plusieurs reprises le président syrien, et devrait le retrouver fin août. Le nouveau député européen assume ce dialogue et précise même à l’issue de sa déclaration d'intérêts qu’il "travaille depuis plusieurs mois sur le projet de constitution d’une association franco-syrienne" pour favoriser les relations entre Paris et Damas. Ce projet doit "se concrétiser avant la fin de l’année" précise-t-il. 

Jérôme Rivière, le patron de la délégation française, garde un pied dans le privé. Sa PME Flex Fuel Compagny, spécialisée dans le nettoyage des moteurs à hydrogène, lui apportait l’an dernier près de 20 000 € par mois, selon sa déclaration. Il vient de proposer "une réduction de ses émoluments" et une nouvelle mission de "président du conseil de surveillance de FFED (Flex Fuel Energy Development)", et non plus directeur général. 

Hervé Juvin, c'est l’autre gros salaire, côté RN. Le "Monsieur écologie" du parti recevait près de 10 000€ brut par mois pour sa fonction de "président de l’Observatoire Eurogroup consulting", un think tank associé à un important cabinet de conseil en stratégie EurogroupFR.

Jordan Bardella, l'ancienne tête de liste est devenue vice-président du RN. À ce titre, il bénéficie désormais d’un "véhicule de fonction avec chauffeur" payé par le parti. C'est un avantage en nature qu'il a souhaité déclarer à l'institution.

Sinon, parmi les députés du Rassemblement National, on retrouve une ancienne analyste du Crédit Agricole (Hélène Laporte), une ex-cadre dans les assurances Malakoff Méderic Humanis (Virginie Joron), un ancien directeur commercial chez Bouygues Construction (André Rougé), un professeur d’université en droit public (Gilles Lebreton). 

Chez La République en marche, de grands écarts

Jérémy Décerle, jeune agriculteur, touche moins de 1 000€ par mois, et reconnaît bénéficier des aides de la PAC (politique agricole commune). Sa mission de président du syndicat des Jeunes Agriculteurs était bénévole.

Gilles Boyer est à l'autre bout du spectre. Avant même de devenir en juin 2017,conseiller du Premier ministre à Matignon, il percevait déjà plus de 10 000€ brut par mois à la tête de sa société de conseil, nommée Brainstorm.

Fabienne Keller, elle, troque ses revenus de sénatrice pour ceux de députée européenne, et déclare toucher chaque année 7 000€ de soutien matériel de la part du micro-parti "Les Volontaires pour Strasbourg", une association de citoyens qui soutient son action au Conseil municipal de Strasbourg.

Pascal Canfin, l'ancien ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, recevait entre 5 001 et 10 000€ brut par mois en tant que directeur général de l’ONG WWF France. Le Parlement ne demande pas plus de précisions, simplement une fourchette de rémunérations.

Et parmi les 21 députés européens de la majorité, beaucoup viennent de la société civile. On retrouve un généalogiste et PDG des Éditions du Lion (Christophe Grudler), une juriste enseignante dans une école de commerce et ex-membre du Conseil économique, social et environnemental (Sylvie Brunet),  un ancien directeur de l’information à France Télévisions (Stéphane Bijoux), un ancien journaliste de Radio France et Challenges (Bernard Guetta) et une chirurgienne gynécologue (Chrysoula Zacharopoulou). 

A gauche et chez les écologistes, aucun gros salaire

Manuel Bompard, ces trois dernières années, le directeur de campagne de la France Insoumise, affirme avoir démissionné de son entreprise , une start-up toulousaine, spécialisée dans l’intelligence artificielle et baptisée Adagos pour pouvoir ensuite être rémunéré par la France insoumise. Deux salaires compris "entre 1 001 et 5 000€ bruts par mois". 

Manon Aubry, l'ancienne tête de liste des élections européennes était "responsable de plaidoyer" au sein de l’ONG Oxfam, et enseignait, en parallèle, à Sciences Po, mais pour un salaire inférieur à 499€ bruts par mois.

Que ce soit chez les écologistes ou chez les socialistes, aucune déclaration d’intérêt n’attire notre curiosité. Aucun gros salaire. Aucune surprise. 

Chez Les Républicains, double casquette pour Geoffroy Didier

Pas de surprise chez Geoffroy Didier, mais une confirmation : sa double casquette de député européen et d'avocat d’affaires. Depuis janvier 2015, il dit percevoir près de 10 000€ brut par mois au sein du cabinet parisien Carlara. Il vient, par ailleurs, de quitter la vice-présidence de la région Ile-de-France, comme l’exige la loi sur le non-cumul.

Il en manque une quinzaine

Ce mardi 2 juillet, à 18h, les déclarations d’intérêts de Nadine Morano, François-Xavier Bellamy, Raphaël Glucksmann, Stéphane Séjourné, Pascal Durand, Irène Tolleret, Catherine Chabaud, Benoit Biteau, Michèle Rivasi, Maxette Pirbakas, Leïla Chaibi, Gwendoline Delbos-Corfield, Salima Yenbou n’étaient pas encore disponibles sur le site du Parlement européen.

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