Une fois encore, Manuel Valls doit convaincre les députés
Une fois encore, Manuel Valls doit convaincre les députés © maxppp

Cinq mois après avoir obtenu une première fois la confiance de l'Assemblée nationale, le Premier ministre est à nouveau ce mardi devant les députés pour reprendre la main après une rentrée chaotique. Mais cette fois-ci, il dispose d'une majorité étriquée. Mais pour le politologue Thomas Guénolé , ce rituel n'a de toute façon plus vraiment d'impact.

A 15 heures, le Premier ministre entrera dans l'arène. Devant les députés, il prononcera son discours de politique générale avant le vote de confiance prévu en fin d'après-midi. Manuel Valls ne sait quelle attitude adopter entre dramatisation de l'enjeu pour mobiliser les troupes socialistes et marginaliser les "frondeurs", et message de sérénité et de volontarisme, pour afficher sa confiance.

Mais ce vote de confiance, est-ce vraiment si important ? Pour Thomas Guénolé, politologue et auteur du "Petit guide du mensonge en politique" (éditions First), c'est surtout une vaste blague.

Il était l'invité de Claire Servajean dans le journal de 13h de France Inter

"Le FN est aux portes du pouvoir"

Dès lundi, le chef du gouvernement avait de toute façon expliqué qu'il assurerait sa mission "jusqu'au bout". Il a par ailleurs dénoncé le manque de "sérieux" de propos rapportés par Le Monde lui faisant dire que "ce serait foutu" sans inversion de la situation en France d'ici trois à six mois. Il y a une semaine, Manuel Valls avait déjà tenu des propos alarmistes en Italie en déclarant : "le FN est aux portes du pouvoir".

Crise gouvernementale fin août, indicateurs économiques et financiers dans le rouge, chômage au plus haut, brûlot de Valérie Trierweiller, affaire Thévenoud, sondages historiquement bas pour tout l'exécutif…Les raisons sont nombreuses pour Manuel Valls d'aller chercher une nouvelle légitimité auprès des députés, alors que la Constitution ne l'y obligeait pas.

Démissionner, une hypothèse pas totalement exclue

Mais maintenant qu'il a enclenché le processus, s'il n'obtenait pas la confiance, il devrait démissionner, une hypothèse pas totalement exclue. Le 8 avril, lors du premier vote de confiance, Manuel Valls avait obtenu une large majorité: 306 voix pour, 239 contre, 26 abstentions et 6 députés ne prenant pas part au vote.

Du coup, l'exécutif fait tout pour persuader les socialistes les moins convaincus, Marion Lagardère

Manuel Valls serait en danger, si au moins une dizaine de députés écologistes se joignent à l'UMP, à l'UDI, au Front de gauche et à quelques non-inscrits pour rejeter la confiance. Il faudrait par ailleurs que le nombre d'abstentionnistes de gauche dépasse la cinquantaine.

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