Karima Delli, qui a réussi à unir la gauche derrière son nom pour les prochaines élections régionales dans les Hauts-de-France, critique vivement la déclaration de candidature de Xavier Bertrand, actuel président de région et déjà candidat à sa succession, pour la prochaine présidentielle de 2022.

Xavier Bertrand, actuel président des Hauts-de-France, candidat à sa succession, est aussi candidat à la présidentielle. Karima Delli, elle, est candidate aux régionales pour une union de la gauche.
Xavier Bertrand, actuel président des Hauts-de-France, candidat à sa succession, est aussi candidat à la présidentielle. Karima Delli, elle, est candidate aux régionales pour une union de la gauche. © AFP

C'est une annonce qui passe mal. Mercredi soir, dans un entretien au magazine Le Point, l'actuel président de la région Hauts-de-France, candidat à sa propre succession, Xavier Bertrand, a confirmé qu'il était candidat pour l'élection présidentielle de 2022. S'il n'avait jamais caché ses ambitions, l'ex-Les Républicains a désormais mis un coup d'accélérateur et fait ses premières propositions, notamment sur les questions régaliennes. 

Une déclaration de candidature malvenue pour Karima Delli, candidate de la gauche face à Xavier Bertrand aux régionales : "Il est en campagne permanente", lance-t-elle, estimant que les habitants de la région Hauts-de-France, frappée de plein fouet par la troisième vague du coronavirus, "ne méritent pas" de subir cela. 

"Ambitions personnelles"

"Je considère qu'aujourd'hui, on ne peut pas sacrifier une région, qui vit des moments terribles, sur ses ambitions personnelles. (...) On peut avoir de l'ambition en politique, mais sacrifier une région sur l'autel de ses ambitions, c'est un scandale", tacle l'écologiste qui a réussi à unir les forces de gauche (Europe écologie-Les Verts, le Parti socialiste, le Parti communiste et la France insoumise), pour les régionales : 

"Pour Xavier Bertrand, la vie des gens des Hauts-de-France, leurs problèmes, tout ça vaut moins que son obsession à vouloir devenir, quoi qu'il en coûte, président de la République."

"Ce genre d'attitude favorise l'abstention mais, surtout, rompt le lien de confiance entre les citoyens, les citoyennes et les élus", poursuit Karima Delli, députée européenne depuis bientôt 12 ans. "Moi, présidente de la région, je peux vous le dire, je serai à 100% pour les Hauts-de-France. Je ne pourrais pas cumuler et si j'aurai toujours un oeil sur les politiques européennes, je quitterai mon poste de présidente de la commission des transports au Parlement européen." 

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