Ils étaient donnés sous la barre des 10 % par les sondages. Les écologistes ont atteint 13,47 %, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. "C'est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs", a lancé Yannick Jadot, tête de liste EELV, dès l'annonce des premières estimations.

Yannick Jadot, au siège de campagne des écologistes français, le dimanche 26 mai 2019.
Yannick Jadot, au siège de campagne des écologistes français, le dimanche 26 mai 2019. © AFP

Il signe la "surprise verte" de ces élections européennes. Yannick Jadot, tête de liste Europe écologie-Les Verts pour ce scrutin, a presque réussi son pari. Il s'était fixé l'objectif d'approcher les 15 % ; les écologistes ont passé les 13 %, selon les estimations Ipsos-Sopra Steria pour France Inter. EELV se place en troisième position juste derrière le Rassemblement national et La République en marche et juste devant Les Républicains de François-Xavier Bellamy, les Insoumis emmenés par Manon Aubry et l'alliance Parti socialiste-Place publique de Raphaël Glucksmann. 

"C'est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs ce soir", a lancé Yannick Jadot, à l'annonce des premières estimations, dimanche soir vers 20h. "Les Françaises et les Français ont envoyé un signal très clair : ils veulent que l'écologie aussi soit au cœur du jeu politique et ce message a été lancé dans toute l'Europe" a-t-il ajouté. 

La création d'un "Comité citoyen de surveillance et d'initiative sur l'Europe" a enfin été promise par le candidat. "Nous réunirons les acteurs de la société civile, les syndicats, les scientifiques, les entreprises et les citoyens, afin qu'ensemble nous évaluions en permanence le travail des institutions européennes", a-t-il précisé.

13 sièges au minimum contre huit lors du précédent mandat

En 2014, les Verts avaient plongé à 8 % des suffrages exprimés contre 16 % il y a dix ans, leur plus gros score depuis 1999. Ils devraient obtenir 13 sièges à l'issue de ces élections contre huit lors des élections de 2014. 

"Nous allons rejoindre le groupe des Verts au Parlement européen et grossir les rangs de ce groupe là, nous irons sur toutes les bagarres" a estimé Damien Carême, troisième de la liste écologiste et maire de Grande-Synthe (Nord), sur France Inter. En effet, en Allemagne, les Verts seraient effectivement au dessus des 20 % selon les estimations, en deuxième position derrière la CDU/CSU et devant les socio-démocrates. 

Plus tard dans la soirée, Yannick Jadot a assuré que "dès demain", les élus de sa listes allaient "s'atteler au mandat [qu'ils ont] reçu". "Nous avons décidé dans cette élection de ne pas mentir aux Français [...] Nous voulons les réconcilier avec l'Europe, que ce ne soit pas tous les cinq ans et nous avons de grands dossiers qui nous attendent comme la PAC ou le climat, évidemment", a-t-il précisé au micro de France Inter, refusant les alliances avec les autres partis. "Les alternatives, ça doit être l'écologie et la solidarité".

"Nous avons gagné la bataille des idées"

"On le sentait sur le terrain, j'étais optimiste car il y avait un bon retour" explique l'eurodéputée sortante Michèle Rivasi sur France Inter. Elle, qui conserve d'ailleurs son siège, estime que les écologistes "ont gagné la bataille des idées". Elle poursuit : "Quand Marine Le Pen dit qu'elle est la nouvelle alternative, mais pas du tout ! C'est un vote de refus !". 

Tout comme Yannick Jadot plus tôt dans la soirée, Michèle Rivasi salue la mobilisation électorale des jeunes qui se sont "emparés de ce scrutin". La tête de liste a, durant la campagne, toujours avancé que sa liste était celle de "79 combattants", soulignant l'engagement des députés élus au Parlement européen et leurs combats. "L’écologie ça ne peut pas être qu’un discours, une promesse, un opportunisme électoral quelques heures avant une élection" disait-il encore quelques jours avant le scrutin, mercredi 22 mai, sur France Inter.

Un accord entre les gauches ? De la "vieille politique"

Invité au lendemain de l'élection dans le 7/9 de France Inter, Yannick Jadot explique sa vision du rapprochement de la gauche : "Nos valeurs ont une histoire, mais le paysage politique européen est en train de changer, fondamentalement. Évidemment, il y a  toute une partie de la gauche qui a vocation à se retrouver dans ce parti là, évidemment, mais ça va au-delà. On a rencontré un nombre incroyable de personnes pendant la campagne qui ont dit 'moi je sais plus ce que ça veut dire la gauche, ce que veut dire la droite'...  Évidemment il va falloir dépasser EELV, construire un grand mouvement politique beaucoup plus large (...)Ce projet, il faut le construire avec les acteurs de la société, sur le terrain. 

"On va pas se mettre autour d'une table entre les anciens partis du XXe siècle pour faire des accords. Ça, c'est la vieille politique"

"Il va falloir penser valeur, projets, et rassembler : on doit gagner les prochaines élections."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.