On aurait pu penser que la cote de popularité du couple Emmanuel Macron-Édouard Philippe serait plombée par le climat social en France et la grève contre la réforme des retraites mais il n'en est rien : si l'exécutif reste impopulaire, il résiste plutôt bien selon notre baromètre Odoxa.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe, en arrière-plan, lors des cérémonies du 11-Novembre.
Emmanuel Macron et Edouard Philippe, en arrière-plan, lors des cérémonies du 11-Novembre. © Maxppp / EPA / Ludovic Marin

Jugés toujours aussi décevants par une majorité de Français, Emmanuel Macron et Édouard Philippe résistent toutefois plutôt bien aux tensions sociales autour du projet de réforme des retraites. Certes, le président de la République perd encore un point par rapport à novembre, dans le sondage du baromètre mensuel Odoxa pour France Inter, l'Express et la presse régionale. 

"Le couple exécutif est structurellement impopulaire, mais la séquence assez chaude qu'ils vivent en ce moment avec les grèves ne les affectent pas plus que ça", détaille Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa. Avec 67 % de mécontents de son action, dans le contexte actuel, ce recul est en effet faible au regard de la colère d'une partie du pays et du soutien dont continuent de bénéficier les opposants à la reforme des retraites. 

À titre de comparaison, au plus fort de la fronde des "gilets jaunes" l'an dernier, la popularité du chef de l'État avait dégringolé de six points entre octobre et décembre 2018.

Autre enseignement du sondage, c'est la solidité d'Édouard Philippe, pourtant en première ligne sur la question des retraites. Le chef du gouvernement se maintient ce mois-ci à 35% de bonnes opinions. Il est soutenu par 88 % des marcheurs, alors qu'Emmanuel Macron recueille 92 % de bonnes opinons dans son camp politique. 

Le tandem exécutif s'en sort aussi plutôt bien auprès des électeurs socialistes et de ceux du parti Les Républicains : 40 % d'entre eux sont satisfaits, mais le duo suscite un rejet unanime chez neuf sympathisants du Rassemblement national ou des Insoumis sur dix. 

La CFDT a meilleure presse que la CGT

"Nous avons un traitement très différent par l'opinion de la CGT et de la CFDT, ainsi que de leurs leaders", explique Gaël Sliman. Les deux centrales syndicales se retrouvent toutes deux opposées à la réforme des retraites, mais avec des attentes très différentes. L'une réclame le simple retrait de l'âge pivot du projet, tandis que l'autre appelle au retrait pur et simple de la réforme. 

La radicalité des modes d'action et la détermination (ou pas) de ces différentes organisations à faire perdurer le mouvement tout au long des vacances de Noël se ressent aussi dans les réponses, analyse Gaël Sliman : "La CFDT bénéficie d'une popularité correcte, 51 % des Français disent en avoir une bonne opinion, un niveau tout à fait appréciable. Mais c'est plutôt le contraire pour la CGT, si l'on regarde les moyennes nationales de l'ensemble des Français, avec 56% de mauvaises opinions. C'est encore plus marqué pour le leader de ce dernier syndicat, Philippe Martinez : quasiment les deux tiers des personnes interrogées disent en avoir une mauvaise opinion. C'est cocasse puisque ça le situe au niveau de popularité du couple exécutif", poursuit-il. 

Le président de l'institut Odoxa souligne que, parmi les professions testées, les personnels soignants sont plébiscités et les enseignants, les policiers, aimés par les trois quarts des Français. En revanche, les cheminots sont majoritairement rejetés, particulièrement chez les sympathisants LR ou LREM mais aussi auprès des cadres et des plus de 65 ans. 

Nicolas Sarkozy en tête du palmarès des personnalités politiques

Comme depuis le début de l'été, Nicolas Sarkozy conserve son haut niveau de popularité dans le palmarès des personnalités politiques les plus appréciées (ou les moins rejetées). Il devance même de cinq points ses poursuivants. Une popularité qui contraste avec les niveaux de détestation dans les baromètres d'opinion lorsqu'il était en poste à l'Élysée ou bien lors de sa tentative ratée lors des primaires de la droite. 

Toujours à droite, deux personnalités sont extrêmement bien placées (et ne sont pas en retrait de la vie politique, contrairement à l'ancien président). Il s'agit de Xavier Bertrand et François Baroin. L'un est deuxième ex-aequo avec 26 % de bonnes opinions, l'autre quatrième avec 25 %. 

Dans le climat actuel des grèves, "ce sont finalement ces dirigeants de droite que l’on n’entend guère sur le sujet et qui, curieusement, se portent finalement le mieux sur notre palmarès", note le baromètre. 

Cette édition a exceptionnellement testé l'ancien Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. "Il est passé de l'anonymat au rejet", estime Gaël Sliman, "puisque seulement 7 % des Français disent avoir une bonne opinion de lui, ce qui le situe à la dernière place sur ce plan. Il se situe à l'inverse à la troisième place des personnalités politiques les plus rejetées". 

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