À un an de la présidentielle, La République en Marche réfléchit à comment faire réélire Emmanuel Macron. Dans ce but, le mouvement compte s'inspirer, entre autres, de la campagne de Joe Biden, élu président des États-Unis en novembre dernier.

Le camp Macron compte appliquer les recettes de la campagne Biden pour que son champion reste à l'Elysée après 2022
Le camp Macron compte appliquer les recettes de la campagne Biden pour que son champion reste à l'Elysée après 2022 © AFP / BENOIT TESSIER

Si Emmanuel Macron n'est pas encore officiellement candidat à sa réélection, La République en Marche planche déjà sur 2022. Ce vendredi 19 février, le "comité de pilotage" du mouvement a échangé par visioconférence avec Caitlin Mitchell, l'ancienne conseillère numérique de Joe Biden. Rien de surprenant, puisque LREM veut reprendre à son compte les bonnes idées de la campagne Biden, qui s'est tenue en pleine épidémie de Covid-19. Des idées d'autant plus pertinentes que la situation sanitaire, ces prochains mois, en France, est incertaine.

Les marcheurs intéressés par des meetings "mixtes"

"Nous avons un intérêt pour ce qui marche. Joe Biden a été élu, et plutôt bien élu" observe Roland Lescure, membre de ce "comité de pilotage" et député de la 1e circonscription des Français établis aux États-Unis et au Canada. De cette campagne victorieuse, il retient notamment "les meetings mixtes, avec des gens en salle et une partie à distance". Il y a aussi eu des meetings sans aucun public, comme la convention en ligne où Joe Biden a été officiellement désigné candidat démocrate. "C'était très différent des grands-messes habituelles, qui permettent de lancer la campagne en grande pompe", se souvient Roland Lescure. "Mais il y avait sans doute des choses intéressantes à intégrer. Notamment des témoignages individuels d'Américaines et d'Américains qui parlaient de leur cuisine et de leur salon, pour témoigner de leur soutien à Joe Biden. Il n'y avait pas seulement les stars comme Barack Obama ou Kamala Harris."

Peu de chances de voir Emmanuel Macron en meeting "drive in"

Toutefois, tout n'est pas déclinable en France. Roland Lescure est ainsi sceptique face aux meetings "drive-in", chacun dans sa voiture, qui permettent d'avoir du public tout en limitant les risques de contamination au Covid-19. "Ces meetings, je ne les sens pas trop. Des gens qui arrivent avec leur pick-up (un véhicule muni d'un espace ouvert à l'arrière), en buvant de la bière et en mangeant du pop-corn, ce n'est pas très français. C'est sans doute quelque chose sur lequel on va passer."

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Impossible, en revanche, de faire l'impasse sur la réponse aux "fake news". "La campagne de Joe Biden avait une démarche systématique, extrêmement organisée pour répondre avec des faits aux contre-vérités sur les réseaux sociaux" explique celui qui compte parmi les membres du "comité de pilotage" de LREM. Face à ce comité, l'ancienne conseillère numérique de Joe Biden a ainsi insisté sur la nécessité de bien cibler la riposte. De ne pas donner trop d'importance aux attaques mineures. "Y répondre, c'est prendre le risque de leur offrir plus de visibilité", rapporte Roland Lescure.

La riposte, c'est l'un des enjeux de la présidentielle, pour le camp Macron. Et avant ça, des régionales, au mois de juin. La République en Marche travaille donc sur une application pour ses militants, avec des argumentaires clef en main.