Dans la nouvelle formule présentée ce vendredi, l'hebdomadaire va proposer à ses abonnés d'écouter les articles de ses journalistes, lus par des comédiens. Un pari du nouveau propriétaire Alain Weill pour sauver un titre en perte de vitesse.

Alain Weill, principal actionnaire de L'Express, le 5 mars 2019 à Paris.
Alain Weill, principal actionnaire de L'Express, le 5 mars 2019 à Paris. © AFP / Eric Piermont

C’est une révolution en France. À partir du 16 janvier prochain, un journal papier pourra entièrement... s’écouter. Tous les articles de L’Express seront désormais disponibles en version audio. En présentant la nouvelle formule de l’hebdomadaire vendredi 10 janvier, Alain Weill, devenu l’été dernier le principal actionnaire du journal, a présenté ce nouveau dispositif, déjà testé au Royaume-Uni et aux États-Unis. "Soixante-sept ans après sa création, l’Express va faire bouger les lignes", promet Eric Chol, directeur de la rédaction.

Des comédiens pour incarner les textes écrits par les journalistes

Afin de "toucher un public plus jeune et plus large que les news magazines" selon le directeur général du journal Clément Delpirou, l’intégralité du journal sera ainsi traduite en bande sonore. Les abonnés pourront écouter les quelque 60 articles sur l’application de L’Express, une poignée de ces publications seront également publiées sur les plateformes de podcast. Chaque semaine, ce sont environ cinq heures de texte qui seront disponibles en version audio, lues par quatre comédiens spécialistes du doublage. 

La promesse ? Une information que les abonnés "ne trouvent pas ailleurs, qu'ils n'ont pas entendue sur les chaînes d'infos ou à la radio, qu'ils n'ont pas lue dans des quotidiens". Ce sera "une information exclusive de très grande qualité, indispensable pour que les gens acceptent de payer l'information", détaille Alain Weill.

Eric Chol, directeur de la rédaction, Clément Delpirou, directeur général, et Alain Weill, PDG du journal, le vendredi 10 janvier à Paris.
Eric Chol, directeur de la rédaction, Clément Delpirou, directeur général, et Alain Weill, PDG du journal, le vendredi 10 janvier à Paris. © Radio France / Alexandra Ackoun

Si le mensuel français Le Monde diplomatique propose déjà une série d’articles à écouter, jamais un journal de cette envergure n’a proposé tous ses contenus en version audio. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, l’application Curio, lancée il y a un an, propose une sélection d’articles de plusieurs journaux comme The Economist, The Guardian, The Washington Post ou encore le Financial Times. Sur le même modèle que celui proposé par le Français L’Express, des comédiens lisent et incarnent les enquêtes écrites par les journalistes

Faire décoller les abonnements numériques

Cette révolution s’accompagne d’autres changements pour le journal. Un tiers de pages en moins, plus de contenus et moins de photos, une maquette inspirée du journal britannique The Economist, par exemple. Dans son prochain numéro, le journal va également abandonner ses traditionnelles pages consacrées aux indiscrétions politiques. À la place, L’Express va mettre en place des groupes privés sur les applications Whatsapp et Messenger, afin de distiller des informations en temps réel à leurs abonnés. 

Avec ces nouveaux services, le journal entend attirer un autre public pour tenter de faire face à une baisse historique des ventes de journaux papier. Elles se sont effondrées en 4 ans, passant de 338 000 exemplaires vendus chaque semaine en 2015, à 209 000 au troisième trimestre 2019, selon les chiffres de l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). L’hebdomadaire a ainsi enregistré des pertes de 20 millions d’euros ces deux dernières années. L'Express espère désormais atteindre 200 000 abonnés numériques d'ici trois ans, pour les 70 ans du titre, alors qu'il ne compte aujourd'hui que quelques 19 000 abonnés sur le web, selon Le Monde.

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