Le calendrier de l'Agence spatiale européenne s'annonce chargé, pour l'année 2020. Objectif : rester un géant de l'espace, face notamment à la montée en puissance des États-Unis.

Un modèle de la fusée Ariane 6 sur le site de construction à Kourou, le 2 avril 2019.
Un modèle de la fusée Ariane 6 sur le site de construction à Kourou, le 2 avril 2019. © AFP / Sergey Mamontov / SPUTNIK

Quatre missions martiennes sont programmées l’été prochain, par les États-Unis, l’Europe, la Chine et l’Arabie Saoudite. Celle de la Nasa, pour laquelle la France fournit un laser déterminant pour l’analyse des roches, est intitulée "Mars 2020". L’Européenne, "ExoMars". En Europe justement, l’année 2020 sera aussi marquée par le lancement de deux nouvelles fusées, Vega-C et Ariane 6, qui doivent assurer l’avenir et la compétitivité. Les constellations, avec des centaines, voire des milliers de satellites, font aussi partie du programme spatial des douze prochains mois. 

Un budget record pour le programme européen

Le secteur, toujours plus concurrentiel, motive les grandes puissances. Il y a pourtant de fortes disparités entre les acteurs. La Nasa a un budget de 60 milliards de dollars, alors que l’Agence spatiale européenne (ESA) dispose de 14,4 milliards d’euros. Mais cet écart budgétaire ne doit pas inquiéter, selon Stéphane Israël, le patron d’Arianespace qui lance les fusées et pour qui "l’espace a énormément changé ces dernières années"

L’Europe a de quoi garder son rang, malgré la montée en puissance des États-Unis, où il y a "la conjonction d’un énorme soutien public ou d’une énorme mobilisation publique et d’acteurs venus plutôt du monde du digital qui maintenant investissent dans l’espace". "Nous devons répondre à ce défi, nous le faisons à notre façon", explique le président d’Arianespace qui fait d’abord référence à la réunion de l’ESA à Séville en Espagne en novembre dernier, "qui a marqué une progression de 40 % des crédits"

Après deux jours de discussions, les 22 pays membres sont effectivement parvenus à un accord sur un budget record, une enveloppe globale de 14,4 milliards d’euros sur une durée de trois à cinq ans. Une somme à laquelle vient s’ajouter celle octroyée par la commission européenne, soit 16 milliards d’euros sur sept ans.

"Nous ne restons pas les deux pieds dans le même sabot, dans la même fusée." 

"Nous avons, à la commission européenne, un nouveau commissaire, Thierry Breton, dont nous savons qu’il portera haut les ambitions spatiales européennes", ajoute Stéphane Israël. Il y a aussi l’innovation, "une course dans laquelle nous sommes, nous aussi". "Et nous allons parfaitement y réussir. Les acteurs industriels s’organisent pour être toujours plus innovants. Nous nous projetons vers l’avenir. Nous avons également le projet de récupération d’un étage qui s’appelle Themis", conclut-il.

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