Alors que le gouvernement dit tout faire en la matière, l'impression d’en avoir toujours moins grandit, selon l'observatoire Cetelem de la consommation. Pourtant les statistiques le prouvent : le pouvoir d'achat des Français a augmenté en 2019.

Les Français ont l'impression de voir leur pouvoir d'achat diminuer, alors que statistiquement il a augmenté
Les Français ont l'impression de voir leur pouvoir d'achat diminuer, alors que statistiquement il a augmenté © Getty / Tom Werner

L'Insee, l'Institut national de la statistique et des études économiques, est formel. En 2019, notre pouvoir d'achat a augmenté de 2,1 %. Mais le plus dur est d'en convaincre les Français. Car lorsqu'on les écoute 48 % d'entre eux estiment, au contraire, devoir toujours plus se serrer la ceinture.

"Clairement, il y a un vrai choc frontal entre le ressenti des Français et la réalité statistique", constate Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de la consommation pour qui le choc est d'autant plus notable que dans l'ensemble de l'Europe, ce sentiment de baisse du pouvoir d'achat est beaucoup plus faible (32 % en moyenne).

Dépenses contraintes et logement

Première explication à ce paradoxe : le logement, car les Français lui consacrent toujours plus d'argent. Bien obligés. "Que ce soit pour l'accès à la propriété ou pour les loyers, l'immobilier a beaucoup augmenté dans les grandes villes, à un niveau qu'on peut qualifier d'historique, ce qui n'est pas vrai partout en Europe", ajoute Flavien Neuvy.

Deuxième explication, plus universelle : les dépenses contraintes, comme celles relatives à la santé qui augmentent avec le vieillissement de la population, ou bien les dépenses "pré-engagées" qui deviennent de plus en plus nombreuses. "Entre les abonnements aux différentes plateformes de streaming qui n'existaient pas avant, les abonnements téléphoniques ou télé qui se diversifient (...) un sentiment de baisse de pouvoir d'achat peut s'installer et aboutir, en fin de compte, à des fins de mois difficiles".  

Épargne et inquiétudes

Tout ça mis bout-à-bout, le gouvernement a beau avoir sorti le carnet de chèques avec 17 milliards d'euros engagés notamment pour éteindre la crise des "gilets jaunes", rien n'y fait. La perception négative domine, bien ancrée, encourageant les Français à faire attention à leurs dépenses. 

"La France a un taux d'épargne qui se situe entre 14 et 16 %, ce qui est assez élevé et qui traduit là encore quelque part une certaine inquiétude" abonde Flavien Neuvy. "Une grande partie des Français tiennent à conserver une épargne de précaution, même sur des produits d'épargne à très faible niveau de rendement, alors que les taux très bas pourraient les inciter à d'autres placements".

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