Les étudiants n'ont pas fini de souffrir économiquement des effets du confinement et de la Covid-19. Ils n'ont pas pu travailler cet été et ne peuvent pour la plupart toujours pas retrouver de petits jobs cet automne, au vu de la situation économique toujours dégradée.

La crise du Covid met en difficulté financière beaucoup d'étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études
La crise du Covid met en difficulté financière beaucoup d'étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études © Radio France / CEDRIC LIETO

Sara cherche du boulot mais elle n'en trouve pas. Pour cette étudiante parisienne, trouver le petit job complémentaire est quasiment impossible. Elle et ses amies sont un peu découragées. Cet été déjà, elle comptait sur les salons. Mais la Japan Expo, comme le reste, a été annulée. Pour l'étudiante de 20 ans, c'est une catastrophe. "Je dois travailler en juillet et en août pour remplir mon compte en banque. Je n'ai pas le choix. Je suis boursière : chaque mois pour m'aider à financer mes études d'anthropologie, je perçois 534 euros."

Un versement qui s'interrompt entre juin et septembre, d'où cette nécessité absolue de travailler l'été. "Comme je n'ai pas pu gagner d'argent, mon compte est dans le rouge. En septembre je pensais pourvoir trouver à nouveau un petit boulot mais c'est vraiment difficile."

Le tourisme, l'événementiel et la restauration, en somme les secteurs dans lesquels les étudiants travaillent habituellement, ont été extrêmement fragilisés depuis le début de la crise sanitaire. "Depuis la rentrée, poursuit Sara, le Crous propose des repas à 1 euro. Ça m'aide beaucoup, moi et aussi de nombreuses personnes."

"Normalement je bosse dans la restauration. Depuis mars, c'est impossible"

Pour les non-boursiers, le repas passe à 3 euros, un prix modique quand on a un peu d'argent. Ce qui n'est pas le cas d’Émilie. La jeune fille de 19 ans, étudiante à Angers, n'a plus aucune ressource. "Régulièrement, normalement je bosse dans la restauration. Depuis mars, c'est impossible. Je ne suis pas boursière et je n'ai plus de contacts avec mes parents. Pour moi c'est plus que difficile. J'ai eu jusqu'à 1 000 euros de découvert. Alors régulièrement, depuis ce printemps, je vends un peu de tout. Des fringues, ma tablette, j'ai même vendu mon ordinateur. Je suis étudiante mais je n'ai plus rien pour travailler."

Ce cas n'est semble-t-il pas isolé. Les associations caritatives, les syndicats étudiants, tous s'accordent pour dire qu'ils voient déferler une vague d'étudiants précaires :

"On a distribué 28 000 paniers repas, plus de 30 000 étudiants sont venus dans nos épiceries solidaires. Des chiffres pareils, on n’a jamais vu ça", explique Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). C’est pour cette raison que le syndicat demande au gouvernement un assouplissement des critères pour obtenir les bourses. Sans quoi, prévient la Fage, les jeunes issus des classes moyennes resteront eux aussi sur le carreau.

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