Dans une lettre aux Français ce vendredi, le patron du groupe LR au Sénat résume sa vision et ses solutions. Le point de départ d’une pré-campagne présidentielle. Objectif : accroître d’ici les régionales sa notoriété et faire le plein de dons.

Bruno Retailleau publie une lettre aux Français prélude à une candidature présidentielle
Bruno Retailleau publie une lettre aux Français prélude à une candidature présidentielle © AFP / Loic VENANCE

Bruno Retailleau en est bien conscient : de tous les prétendants à droite, à l’élection présidentielle 2022, il est certainement celui qui souffre le plus d’un déficit de notoriété. Mais contrairement à un Xavier Bertrand, une Valérie Pécresse, ou un Laurent Wauquiez, le patron du groupe LR au Sénat n’est pas candidat aux régionales et n'est donc pas paralysé par un calendrier incertain. 

D’ici juin, date qui parait faire consensus pour les élections, il compte donc rattraper son retard. Avec, comme point de départ, cette lettre adressée aux Français, publiée ce vendredi, dans laquelle il se lance dans une pré-campagne présidentielle.

"Je ne veux pas me résigner"

Bruno Retailleau y évoqueun pays à la croisée de son destin, avec une économie sur le flanc, un État à terre, une Nation déchirée, une politique bavarde et impotente. Et annonce sa volonté de s’engager dans la bataille. "Je ne veux pas me résigner. Seulement, il n’est plus temps de faire semblant. Les épreuves que nous vivons exigent un devoir de vérité. C’est à cette exigence de vérité que je veux me plier. Sans ruser. Sans tricher. C’est dans la vérité que je veux dire aux Français ce que je crois et ce que je crois pouvoir faire."

Une lettre qui s’articule autour d’un constat : un pays en désordre. Et des solutions pour que le sursaut ait lieu. 

"Tout peut encore être sauvé. Mais à la condition d’en finir avec ces politiques désordonnées qui ont créé le désordre. Produire avant de consommer, punir plutôt qu’excuser, vivre au lieu de subir : nous pouvons encore remettre à l’endroit ce qui a été inversé."

Une écologie des petites patries

Sans surprises, le sénateur LR blâme le laisser-aller judiciaire et le laisser-aller migratoire, responsables en grande partie selon lui de l’insécurité.

Mais dans cette lettre sont aussi détaillées ses visions de l’école, ou de l’écologie : "Nous pouvons remettre de l’ordre face aux désordres écologiques, parce que le compte à rebours est lancé et que le climat n’attend pas. Ne cédons pas au scepticisme, au relativisme. Mais ne lâchons rien face […] aux durs dingues qui du Sapin de Noël au Tour de France, voudraient éteindre les joies françaises […] Contre cette écologie des grands boulevards, je veux une écologie des petites patries, qui mobilise des citoyens enracinés sur leurs territoires […] Le combat écologique commence d’abord chez nous. N’attendons pas tout des grandes conférences mondiales ou des sommets internationaux."

"Jamais je ne me suis rêvé en président de la République"

Bruno Retailleau termine sa lettre par quelques piques, adressées à sa famille politique, pas toujours à la hauteur. Puis entre les lignes, à ses adversaires. "Jamais je ne me suis rêvé en président de la République. Voilà ma force." écrit Bruno Retailleau, précisant que lui n’a jamais quitté son parti (contrairement à Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse). 

Une quasi déclaration de candidature qui se termine sur un vœu : une politique de l’altitude plutôt que de l’attitude. Une politique des idées donc, que Bruno Retailleau développera régulièrement dans des rendez-vous numériques, qui, Covid-19 oblige, remplacent une tournée en France. 

"Nous publierons à l’issue de ces rendez-vous des cahiers de propositions" explique son entourage. Objectif : un programme présidentiel, que le sénateur espère bien défendre lors d’une primaire.