La saison de l'Opéra national de Paris s'ouvre au Palais Garnier à Paris avec une nouvelle version de La Traviata de Verdi, dans une mise en scène de Simon Stone avec dans le rôle de Violetta, la soprano sud-africaine Pretty Yende, déjà adulée par le public.

Pretty Yende
Pretty Yende © Sony Classic

Lors de l'avant-première réservée aux publics de moins de 28 ans, Pretty Yende a reçu une standing ovation. Une salle conquise, un public debout et plusieurs minutes d'applaudissements, il n'en fallait pas plus pour rassurer Pretty Yende qui pour la première fois de sa toute jeune carrière s'attaque à "La Traviata". "C'est le rôle le plus difficile à aborder pour une chanteuse" nous a-t-elle confié dans sa loge après cette ovation. "La voix est vraiment l’un des instruments les plus complexes. Lorsque vous avez des personnages comme Violetta qui nécessitent plus que la voix, la technique et la compréhension de l’arc vocal, vous travaillez plus que d'habitude. Vous apprenez en marchant. Nous les chanteurs nous éloignons nos émotions tout en donnant de la vie aux personnages. Il est toujours difficile de trouver cet équilibre."

Pretty Yende a partagé sa joie dans sa loge avec Stéphane Lissner, le directeur de l'Opéra de Paris qui l'a vu débuter lorsqu'il dirigeait La Scala de Milan. La jeune soprano est diplômée de l’Académie pour jeunes artistes de la Scala qu'elle intègre en 2011 après avoir remporté le Concours Operalia Placido Domingo. Elle se passionne pour l'opéra un peu par hasard à l'âge de 16 ans en découvrant dans une pub à la télévision l'air du duo des fleurs de l'opéra Lacmé de Léo Delibes. Elle se destinait à la comptabilité et entre finalement au Collège de musique du Cap. Elle chante désormais sur les plus grandes scènes du monde. Elle fait ses débuts à l’Opéra national de Paris dans Le Barbier de Séville en 2016 et elle y revient dans le rôle-titre de "Lucia de Lammermoor" et dans celui de Teresa de "Benvenuto Cellini".

Une Violetta tout en nuance et en légèreté

Je pense qu'elle était l'une des femmes les plus élégantes de son temps, bien éduquée; elle savait ce qu'elle voulait et elle a décidé de sa vie à une époque où il était impossible à d'autres femmes de faire de même. J'aime le fait qu'elle utilise la fraîcheur même s’il lui reste peu de temps à vivre

Les yeux de Pretty Yende sur la scène de Garnier
Les yeux de Pretty Yende sur la scène de Garnier © Radio France / Stéphane Capron

Le metteur en scène Simon Stone a transposé l'action de l'opéra de Verdi en 2019, dans une scénographie où les images vidéo font office de décor. Les yeux de Pretty Yende observent le public au début de chaque acte sur des écrans immenses. Violetta est une jeune femme de son temps, très présente sur les réseaux sociaux, tout comme Pretty Yende, mais la comparaison s'arrête là pour la soprano. "Mon histoire n'est pas aussi compliquée que la sienne. Je peux très bien comprendre le sens de l'attention qu'elle reçoit parce qu'elle est une personnalité publique. Je peux comprendre le genre de mode de vie auquel elle a été exposée lors de fêtes. Mais je n’ai pas eu une éducation aussi compliquée. J'ai une famille merveilleuse à la maison. Je connais mon père et ma mère. J'ai des frères et sœurs. Je rêve d'un avenir plus long qu'elle. Mon cœur s'est parfois brisé, j'ai déjà eu des déceptions amoureuses, mais pas au point de prendre les décisions qu'elle a prises !"

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