Le 21 août 2015, un homme armé d'une kalachnikov faisait irruption dans le wagon 12 du Thalys 9364 à destination de Paris. Désarmé par des passagers du train, il a été empêché de perpétrer son attentat. Son procès et celui de ses complices présumés s'ouvre devant la cour d'assises spécialement composée de Paris.

Le procès de l'attaque déjouée du train Thalys en 2015 s'ouvre lundi à Paris
Le procès de l'attaque déjouée du train Thalys en 2015 s'ouvre lundi à Paris © AFP / Philippe Huguen

Ce 21 août 2015, Ayoub El-Khazzani monte à bord du Thalys 9364 en gare de Bruxelles. Une demi-heure plus tard, il sort des toilettes du train torse nu, un sac à dos sur le ventre, une kalachnikov en bandoulière. Au vu de l'armement et de la quantité de munitions retrouvés sur lui, l'assaillant aurait pu commettre un véritable carnage parmi les 700 passagers du train, mais c'était sans compter sur l'intervention de plusieurs passagers de la rame, dont des soldats américains, parvenus à le désarmer et à le maîtriser. Seules deux personnes ont finalement été blessées. Ayoub El-Khazzani a été arrêté en gare d'Arras. 

Ayoub El-Khazzani, l'assaillant

Ayoub El-Khazzani, qui est aujourd'hui le principal accusé de ce procès (et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste) est un marocain de 31 ans. À l'âge de 18 ans, il s'installe à Algésiras, en Espagne. Cela lui vaut son surnom d'"Andalou" au sein de l'État islamique. Puis, en 2014, il rejoint la France pour quelques mois et ensuite la Belgique, et plus précisément la commune bruxelloise de Molenbeek, où il loge chez sa sœur et son beau-frère. Au mois de mai 2015, il passe neuf jours en Syrie. Et se prépare alors à devenir l'attaquant du Thalys. 

Car s'il était seul à bord du train, Ayoub El-Khazzani était loin du loup solitaire, ayant décidé et préparé seul son attaque. Derrière lui, il a la cellule des opérations extérieures de l'État islamique, ce groupe chargé d'organiser des attentats en Europe notamment, qui a décidé pour lui, après un court entraînement aux armes, de le renvoyer en en Belgique. Sur le chemin qui le mène d'Istanbul à Bruxelles, il est un temps accompagné d'Abdelhamid Abaaoud, le coordonnateur des attentats du 13 novembre lui-même.  

Bilal Chatra, l'éclaireur

Arrivé en Autriche, Ayoub El-Khazzani retrouve celui qui leur a servi d'éclaireur sur la route des migrants : Bilal Chatra. Le jeune homme de 24 ans, qui a passé cinq mois en Syrie, a ainsi communiqué tout au long de son trajet vers l'Europe les points de passages et l'itinéraire conseillé à Ayoub El-Khazzani et Abdelhamid Abaaoud qui le suivent à plusieurs jours d'écart. 

Selon les éléments de l'enquête, Bilal Chatra aurait aussi du faire partie des assaillants du train. Mais il aurait pris peur et fui la planque de Bruxelles où il se cachait avec Ayoub El-Khazzani. Il compte aujourd'hui parmi les accusés de ce procès.  

Mohamed Bakkali, le chauffeur

Ensemble, Ayoub El-Khazzani et l'éclaireur Bilal Chatra se rendent de Vienne à Cologne. Là, ils sont récupérés en voiture par un chauffeur venu de Belgique : Mohamed Bakkali. Ce Belge de 33 ans, qui compte aussi parmi les accusés du procès, est également impliqué dans les attentats du 13 novembre. 

Tout ce petit monde se retrouve en Belgique, dans une planque que les enquêteurs ne sont jamais parvenus à localiser. Là, certains s'attellent à la préparation des attentats du Bataclan, des terrasses et du Stade de France. Après quelques jours, Ayoub El-Khazzani, lui, prend le métro en direction de la gare bruxelloise du Midi, monte dans ce Thalys 9364, s'enferme dans les toilettes avant d'en ressortir torse nu, une kalachnikov en bandoulière. 

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