Le procès des "bonbonnes de Notre-Dame" s'ouvre pour trois semaines devant la Cour d'assises spéciale de Paris. En septembre 2016, une Peugeot était retrouvée par des policiers à proximité de la cathédrale Notre-Dame à Paris, avec six bonbonnes de gaz à l'intérieur. Le drame avait alors été évité de justesse.

Le parvis et la cathédrale Notre-Dame de Paris, avant l'incendie, ici photographiée en 2016 sous haute protection. Image d'illustration.
Le parvis et la cathédrale Notre-Dame de Paris, avant l'incendie, ici photographiée en 2016 sous haute protection. Image d'illustration. © AFP / Martin Bureau

Tout est prêt ce samedi soir de septembre 2016. Inès Madani, 19 ans, a emprunté la Peugeot 607 de son père.  Dans le coffre et sur l'un des sièges, six bonbonnes de gaz. Trois bouteilles de carburant et une cigarette doivent servir à déclencher l'explosion, tout près de la cathédrale Notre-Dame de Paris et de ses terrasses de café bondées. 

Mais la jeune femme et sa complice de dix ans son aînée, Ornella Gilligmann, ignorent que le carburant diesel n'est pas aussi inflammable que l'essence. Dans le doute, elles ont bien envoyé un message - via la messagerie cryptée Telegram - au djihadiste français Rachid Kassim, leur commanditaire en Syrie. Mais celui-ci répond avec 24 heures de retard et les bonbonnes n'exploseront jamais

Devant l'échec de l'opération, Ornella Gilligmann - qu'Ines Madani a séduit en se faisant passer sur les réseaux sociaux pour un homme djihadiste de retour de Syrie -, abandonne et rentre chez elle retrouver son mari et leurs trois enfants.

Le 23 septembre 2019, cinq femmes dont Inès Madani, vont comparaître devant le tribunal pénal spécial pour la tentative d'attentat à la voiture piégée près de Notre-Dame de Paris en septembre 2016.
Le 23 septembre 2019, cinq femmes dont Inès Madani, vont comparaître devant le tribunal pénal spécial pour la tentative d'attentat à la voiture piégée près de Notre-Dame de Paris en septembre 2016. © AFP /

Une deuxième tentative cinq jours plus tard

Mais Inès Madani, elle, est déterminée. Sous les instructions de Rachid Kassim, elle retrouve alors deux autres femmes pour préparer une nouvelles attaque. Cinq jours plus tard, armées chacune de grands couteaux de cuisine, les trois djihadistes vont tenter de poignarder plusieurs personnes avant d'être arrêtées. 

"Je vous attaque dans vos terres afin de marquer vos esprits et vous terroriser"

Dans le sac d'Inès Madani, les enquêteurs retrouvent le texte manuscrit d'un serment d'allégeance : "Je vous attaque dans vos terres afin de marquer vos esprits et vous terroriser". Lors des interrogatoires, elle déclarera avoir voulu mourir en martyr

Pour ce procès qui doit durer trois semaines, huit personnes sont renvoyées devant la cour d'assises spéciale. Parmi elles : Rachid Kassim, qui a vraisemblablement été tué dans un bombardement en Irak en février 2017.  

Inès Madani avait déjà été condamnée en avril à huit ans de prison, avec deux-tiers de sûreté pour d'effrayants projets d'attentats en 2015, qui n'ont finalement pas abouti.  

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