Deuxième semaine du procès de l’attentat raté aux bonbonnes de gaz à Notre-Dame, en septembre 2016. Inès Madani, 22 ans, et Ornella Gilligmann, 32 ans, doivent toutes deux répondre de cette tentative, et s'accusent mutuellement d'avoir pris l'initiative. Elles doivent être confrontées ce lundi à l'audience.

Le dimanche 4 septembre 2016, rue de la Bûcherie à Paris, une voiture contenant six bonbonnes de gaz a été découverte.
Le dimanche 4 septembre 2016, rue de la Bûcherie à Paris, une voiture contenant six bonbonnes de gaz a été découverte. © Capture vidéo

Elles ont passé une semaine d’audience assises à deux mètres l’une de l’autre. Sans échanger un regard. Pourtant, au départ, leur histoire est une histoire d’amour, née sur les réseaux sociaux, comme tant d’autres parmi les fidèles de l’État islamique. 

Un coup de foudre sur Facebook ?

Ornella Gilligmann, mariée, mère de trois enfants, tombe “follement amoureuse” de Yacine, alias "Abou Souleyman" sur Facebook, djihadiste de retour de Syrie. Pendant près de quatre mois, le couple virtuel va s’échanger des messages. Quantités de messages. “Elle était constamment sur son téléphone”, témoigne son mari à la barre. “Elle ne sortait plus, n’emmenait plus ses enfants au parc”, poursuit sa sœur. 

Ça faisait longtemps que je ne me sentais plus femme. J’étais en dépression depuis la naissance de ma deuxième fille. Et lui, il a su entrer en profondeur, tout doucement. Je lui ai tout confié”, tente d’expliquer Ornella Gilligmann dans le box des accusés.

Un faux profil créé par Inès Madani

Puis, il est question de mariage. “Elle avait l’air heureuse. Mais ce n'était que virtuel. Elle m’avait demandé de l’accompagner pour la rencontre”, raconte encore le frère de l’accusée. Mais cette rencontre n’aura jamais lieu. Car Abou Souleyman n’existe pas. Derrière le profil virtuel se cache... Inès Madani, jeune femme de 19 ans à l’époque. 

Les deux femmes, elles, vont se rencontrer. Ce sera au Quick de Sevran. Inès Madani se présente alors comme la sœur d’Abou Souleyman. Ce qu’elles se disent n’est pas très clair. 

Mais quatre jours après, les deux femmes vont tenter de faire exploser une voiture pleine de bonbonnes de gaz en plein de cœur de Paris. Un attentat pour lequel les deux femmes se rejettent désormais mutuellement l’initiative.

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