Le leader de la France insoumise a été condamné ce lundi par le tribunal de Bobigny à 3 mois de prison avec sursis pour rébellion et provocation lors de la perquisition du siège du parti, en octobre 2018. Devant la presse, Jean-Luc Mélenchon a évoqué une nouvelle fois "une instrumentalisation de la justice".

Jean-Luc Mélenchon, devant le tribunal de Bobigny en septembre 2019
Jean-Luc Mélenchon, devant le tribunal de Bobigny en septembre 2019 © AFP / Martin Bureau

Le tribunal de Bobigny a rendu son jugement ce lundi : Jean-Luc Mélenchon écope de 3 mois de prison avec sursis et 8 000 euros d'amende pour rébellion et provocation lors de la perquisition du siège de la France insoumise, en octobre 2018. Une peine conforme aux réquisitions du parquet. 

Quant à Bernard Pignerol, conseiller de Jean-Luc Mélenchon et président de l'association L'Ère du peuple, l'eurodéputé Manuel Bompard, le député Bastien Lachaud et Muriel Rozenfeld, attachée de presse du mouvement, ils sont condamnés à des amendes de 2 000 à 7 000 euros. Seul le député Alexis Corbière a été relaxé. 

A l'énoncé du jugement, face au juge, le leader de la France Insoumise a ironisé :"vous auriez dû me condamner ferme tant qu'à faire". "C'est un jugement politique", a-t-il déclaré ensuite devant la presse, dénonçant "un feuilleton judiciaire inventé par Belloubet et Macron"

"Je dois répondre à ce cirque médiatico-politique alors que je suis en pleine bataille contre le gouvernement pour faire tomber cette loi retraite".

Jean-Luc Mélenchon s'est insurgé contre une débauche de moyens pour un procès qu'il juge dérisoire. "Tout cela a coûté 150 000 euros, il aurait mieux valu les donner directement aux policiers". Avant d'ajouter : "Je suis condamné, mes camarades sont condamnés, mais avant moi 3 000 gilets jaunes ont été amenés en tribunal et condamnés, 1 000 à de la prison ferme, 22 personnes éborgnées, c'est cela la France aujourd'hui. Quand aujourd'hui un gouvernement dans le monde prend des mesures de répression barbares, il cite la France comme un exemple. Tout cela est une sorte d'hiver un peu pénible mais on va en sortir parce qu'on se mobilise bien contre ce pouvoir."

Enfin, il conclut, bravache :

Ma lutte, elle continue, et ils me reconnaissent rebelle officiel. Ils me demandent 8 000 euros pour cela. Disons que c'est une condamnation qu'on peut porter comme une décoration."

Un jugement vécu de façons diverses au sein de LFI

Ce jugement, en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, est vécu diversement au sein du mouvement. À la France Insoumise, certains, dont Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou, continuent de dénoncer un procès politique. Sophia Chikirou, la directrice des dernières campagnes de la France Insoumise, organise ainsi des débats un peu partout avec son film intitulé Lawfare, le cas Mélenchon, qu'elle a co-réalisé avec Jean-Marie Vaude. Elle y défend la thèse de ce procédé qui consiste à instrumentaliser la justice, afin de faire taire des opposants politiques. 

Jean-Luc Mélenchon, qui en a fait un livre (Et ainsi de suite...), est toujours sur cette ligne. À l’issue de l’audience, en septembre dernier, il semblait toutefois considérer que l’opération avait fait "pschitt" : "On m'a décrit, ainsi que mes camarades, comme des gens qui ne respectaient pas la loi, qui avaient provoqué une émeute, une rébellion... Bla bla bla bla... Eh bien si nous étions tout cela, il fallait demander notre inéligibilité. C'est-à-dire, dire 'ces personnes ne sont pas dignes d'occuper ce mandat'. Mais qu'est ce qu'on demande à la fin ? De l'argent !".

Il reste que les images de cette perquisition ont empoisonné l’année 2019 des Insoumis, qui pour la plupart, sont sur cette ligne : qu’on en finisse ! Consigne a d’ailleurs été passée de ne pas s’exprimer sur le sujet et de se concentrer sur le mouvement social.

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