Jean-Marie Le Pen doit être jugé ce mercredi 1er septembre, à Paris, pour des propos tenus dans une vidéo diffusée sur le site du Front national en 2014. La fondateur du parti avait dit vouloir "faire une fournée" après qu'a été évoqué le nom de Patrick Bruel.

Le fondateur du Front National Jean-Marie Le Pen, chez lui, à Saint Cloud, le 14 janvier 2021.
Le fondateur du Front National Jean-Marie Le Pen, chez lui, à Saint Cloud, le 14 janvier 2021. © AFP / Joel Saget

Le 6 juin 2014 Jean-Marie Le Pen diffuse sur le site de ce qui était encore le Front national, son 366ème carnet de bord. Le rendez-vous est hebdomadaire, le fondateur du FN y partage ses commentaires et humeurs sur divers sujets. Ce jour-là, il évoque les artistes engagés contre son parti : Yannick Noah, Guy Bedos, Madonna… L'intervieweuse le relance : "Et Patrick Bruel". Rire du président d'honneur, qui rétorque "Ah oui, ça m'étonne pas...écoutez, on fera une fournée, la prochaine fois".

La confession juive de l'artiste étant connue de tous, la phrase ne passe pas inaperçue, prononcée par celui qui a précédemment dit voir dans les chambres à gaz un "point de détail de l'Histoire" et est l'auteur de l'expression "Durafour crématoire". Marine Le Pen dénonce alors une "faute politique", tandis que Louis Aliot juge le propos "stupide politiquement et consternant".

Jusqu'à 45 000 euros d'amende

Jean-Marie Le Pen, 93 ans aujourd'hui, l'assure : il n'y a "aucune connotation antisémite" à voir dans son expression, le terme "fournée" ayant été sorti de son contexte. La juge d'instruction estime, pour sa part, que le président d'honneur du Front national ne pouvait ignorer la référence aux fours crématoires qui pouvait en être déduite.

Le fondateur du FN doit être jugé en même temps que Jean-François Jalkh poursuivi, lui, en tant que directeur de la publication du site. Ce dernier a expliqué ne pas pouvoir vérifier toutes les publications sur le site du Front national, et avoir fait retirer la vidéo en 24 heures. Tout en déclarant l'avoir mise en ligne lui-même. 

Jean-Marie Le Pen et Jean-François Jalkh étaient tous les deux députés européens en 2014, il a donc fallu faire lever leur immunité parlementaire, ce qui explique la durée de la procédure : sept années ont été nécessaires avant que se tienne ce procès devant la 17e chambre du tribunal correctionnel. Aucun des deux prévenus n'a prévu de se rendre à cette audience.

La Licra, SOS Racisme et Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme sont parties civiles dans ce dossier. Chacun des prévenus risque jusqu'à un an de détention et 45.000 euros d'amende.