Les Mondiaux d’athlétisme se sont achevés dimanche à Doha et n’ont pas passionné les foules. À trois ans de la Coupe du monde de football organisée au Qatar, le manque d'engouement populaire dans - et autour- des stades a relancé le débat sur le choix du pays pour accueillir cet événement sportif.

Peu de monde pour assister au lancer de javelot féminin le 30 septembre au stade international Khalifa
Peu de monde pour assister au lancer de javelot féminin le 30 septembre au stade international Khalifa © AFP / Giuseppe CACACE

Ce devait être une répétition générale pour le Mondial de football de 2022, mais une pluie de critiques s'est abattue sur le Qatar lors des Mondiaux d’athlétisme qui se sont achevés dimanche. Des stades vides, une chaleur accablante pour les athlètes, des enceintes sportives climatisées peu écologiques, sans parler des soupçons de corruption pour l'attribution de ce grand rendez-vous planétaire. Après 10 jours de compétition, le bilan est plus que mitigé.

Certains se posent encore la question de savoir pourquoi les mondiaux d’athlétisme 2019 ont été attribués à ce petit pays du désert. Plusieurs procédures judiciaires sont toujours en cours en France et en Suisse pour éclaircir les conditions d’obtention. À la décharge de Doha, la Fédération Internationale d'Athlétisme a validé de A à Z, non seulement la candidature de l'émirat, mais aussi son dossier d'organisation. 

L'une des principales problématiques de ces mondiaux a été la chaleur. Mais, tempère un spécialiste de l'industrie sportive, "il faisait aussi chaud aux mondiaux de Séville en 1999", et d'ajouter que "la chaleur sera également étouffante l'année prochaine aux Jeux Olympiques de Tokyo". Et personne n’a soufflé mot des conditions climatiques en Espagne ou au Japon, tout aussi dantesques que dans l’émirat.

Bouc émissaire

Pour sa première grande compétition, le Qatar, nouvel acteur dans le sport, semble être un bouc émissaire commode. Il suscite surtout la jalousie de ses voisins du Golfe - l’Arabie saoudite, Bahreïn et les Émirats arabes unis -, qui lui imposent un blocus terrestre et aérien depuis le 5 juin 2017. Ces trois rivaux n’ont jamais digéré l’attribution de la coupe du monde de football 2022 au Qatar. En coulisses, ils font tout pour saboter l’organisation de cet événement planétaire.

Car, après ces mondiaux d’athlétisme controversés, tous les regards se tournent désormais vers 2022. Doha promet un événement exceptionnel. L'émirat met les bouchées doubles pour terminer les huit stades de la compétition un an avant le premier match. En une décennie, il aura déboursé plus de 100 milliards de dollars (infrastructures et stades) pour recevoir la planète foot.

Bonne nouvelle pour les supporters et les joueurs : ce mondial atypique doit se dérouler en novembre et en décembre, période où la météo est clémente au Qatar, avec des températures autour de 25°.

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