La deuxième vague de contamination continue de déferler sur le pays. En Île-de-France, 70% des lits de réanimation sont occupés par des malades du coronavirus. Pour les soulager, les hôpitaux et cliniques privés montent aussi au front.

La moitié des lits de réa est occupés par des malades du Covid-19. En Île-de-France ça monte même à 70%
La moitié des lits de réa est occupés par des malades du Covid-19. En Île-de-France ça monte même à 70% © AFP / Hans Lucas / Aline Morcillo

En Île-de-France, la pression sur les hôpitaux est maximale : 70% des lits de réanimation sont occupés par des malades de la Covid-19. Pour les soulager, les hôpitaux et cliniques privés ouvrent des lits Covid dans leurs services de réanimation. C’est le cas de la clinique de l’Estrée (Groupe ELSAN), à Stains en Seine-Saint-Denis.

Le ballet des infirmières et médecins a repris d'une chambre à l'autre. Alors qu'il était fermé depuis le 15 juin, le service de réanimation de la clinique a dû rouvrir ce mardi. Car il est impossible désormais d'envoyer les cas les plus graves vers les structures parisiennes saturées, explique Sébastien Carré, le directeur des soins de la Clinique de l'Estrée. "On a un service d'hospitalisation complète de 35 lits qui, à l'heure où je vous parle, est plein. Hier, sur notre établissement, on était à 35% de passage des urgences qui y étaient pour un motif Covid. Et la difficulté, c'est qu'aujourd'hui on est bloqués. On est en 'stand by' sur les patients, car on ne sait pas où les transférer, parce que nos collègues qui ont des services de réanimation sont débordés." 

Des investissements pour le service réanimation

La clinique possède une unité de réanimation qui compte cinq lits, plus cinq lits de surveillance continue. Deux sont déjà occupés. "C'est à la fois une nécessité pour le territoire et c'est aussi une sécurité pour la prise en charge de nos patients au sein même de notre établissement, explique Sébastien Carré. Le Covid, c'est une pathologie pour laquelle les patients peuvent décompenser très rapidement. Il faut qu'on ait des lits de réanimation." 

Au printemps dernier, la clinique avait fonctionné grâce au prêt de matériel d'autres établissements de santé. Désormais, des investissements ont été réalisés : plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une bonne nouvelle pour Widad Abdi, médecin réanimateur : "C'est un soulagement d'avoir un matériel dédié à la réanimation. La première vague et la crise, on les a affronté avec des respirateur d'anesthésie, qui ne sont pas adaptés à la ventilation de malades aussi sévères. On avait peu de respirateurs de réanimation." 

Au service des urgences, on souffle aussi un peu. Plus besoin, durant quelques jours au moins, de chercher à transférer les patients vers des hôpitaux parisiens bondés. Mais ce qui inquiète le docteur Dolo, coordinatrice des urgences, c'est la fatigue du personnel. Impossible, cette fois, de compter sur des renforts. Toutes les régions sont touchées. "Les troupes, les équipes, elles sont simplement formidables. Parfois, je me pose la question : où est-ce qu'ils vont encore chercher tout ça ?" 

De l'énergie, il en faudra encore. Le pic de la deuxième vague n'est pas atteint. La clinique de l'Estrée a pris en charge plus de 3.500 malades de la Covid-19.