Comment couper le cordon d’avec nos vies ordinaires ? Comment débrancher d’avec le travail et nos tracas quotidien ? Comment mettre à distance notre vie habituelle ? Quelques conseils pour passer des vacances reposantes.

Comment vraiment débrancher cet été ?
Comment vraiment débrancher cet été ? © Getty / Dana Neibert

Conseils donnés par le sociologue Jean-Didier Urbain, la psychanalyste Sarah Chiche et Julien Bisson, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Un dans l’émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi. 

Comprendre pourquoi on a tant de mal à lâcher prise

Vacances, farniente, détente… Il y en a qui, même éloignés de chez eux, résistent. On les reconnaît : portable à la main en train de surfer, ou prêts à programmer un maximum d'activités pour remplir au maximum leurs semaines de vacances… Derrière cette peur de décrocher, il peut y avoir de multiples raisons : culpabilité de l’oisiveté, peur du vide, besoin de paraître…

📖 Pour aller plus loin, lire : Pourquoi avons-nous du mal à couper en vacances ?

Se faire à l’idée que ces temps libres sont une chance

Julien Bisson : "Etre en vacances, c’est être « sans ». Sans ses collègues, sans le métro, parfois sans ses enfants. C’est se déshabiller de ce « moi social », ce déguisement d’adulte affairé. Se débrancher pour mieux se reconnecter. Faire un tour au plus près de soi."

Jean-Didier Urbain : "Aujourd’hui, les vacances sont des moments de thérapie du lien. L’occasion de retisser des liens fragilisés rompus ou menacés le reste du temps, qu’ils soient conjugaux, familiaux, ou amicaux…"

Sarah Chiche : "Ne rien faire permet de prêter attention à son corps ou à ses proches… Cela permet de recréer du lien et être plus attentif à ce que l’on a délaissé pendant la course de l’année."

Éloigner son smartphone

Jean-Didier Urbain : "Avec le smartphone, on n’est plus jamais dans l’immédiat, mais dans le média : on communique avec quelqu’un qui n’est pas là. Cela rend difficile de changer de peau. Et si on renonce à changer de peau… On emmène ses ennuis avec soi. 

On peut remettre sa montre : cela évite d’avoir à sortir son téléphone pour connaître l’heure. On s’autorise seulement un « check » quotidien des mails."

Partir à l’aventure… 

Le conseil de Philippe, auditeur près de Reims  :

"On a une recette : on laisse la voiture, on laisse tout derrière nous, et on part à vélo à l’aventure en France en Europe ou plus loin… On arrive assez bien à se passer des smartphones car on voyage de façon autonome, on n’arrive pas toujours à les recharger… On s’en sert uniquement en cas d’urgence. Et là, on débranche carrément par rapport au boulot ! En une journée on change de peau. 

L’idée est de revenir à la simplicité. On recherche la balade, mais aussi la rencontre et la découverte d’autres cultures. Dès le premier jour, le seul souci des enfants va être de remplir sa gourde d’eau, sa sacoche de nourriture, trouver sa route, de trouver un endroit où dormir en sécurité le soir. On retrouve des besoins assez primaires.

Jean-Didier Urbain : "C’est un retour à un état de nature cher à Jean-Jacques Rousseau. C’est le sens de la hutte : on retrouve le plaisir de construire sa propre maison. Quand on bivouaque, on se nomadise, on rompt avec sédentarité. On s’attribue un rôle qui rompt avec le quotidien, on quitte une logique sociale pour une logique tribale"

… Ou faire simplement des choses que l’on ne fait pas toute l’année 

Sarah Chiche : "Pour partir en vacances de soi, pour se réinventer, il n’est pas besoin de partir au bout du monde : aller au cinéma l’après-midi alors qu’on n’y va jamais d’habitude, faire la cuisine alors que pendant l’année, on n’a jamais le temps, écrire si on a toujours eu le désir de faire..."

Jean-Didier Urbain : "Plus que ne rien faire, il faut tendre vers une autonomie de l’activité. Faire ce que l'on a envie de faire. Il y a beaucoup de bricolage, par exemple, pendant les vacances…"

Le pas de côté, quand on a des enfants 

Sarah Chiche : "Quand on n’a pas la chance d’être aidé… On profite de la sieste pour lire un livre. On recherche le pas de côté : nager non loin d’eux, par exemple… On en profite au maximum pour recharger les batteries. Et on ne pas culpabilise pas par rapport à d’autres parents « exemplaires » qui font le château de sable avec leurs enfants, qui nagent avec… Ne rien faire parfois avec sa progéniture, et rester sur sa serviette parce qu’on est fatigués, n’est pas grave. On n’est pas pour autant un mauvais père ou une mauvaise mère." 

Ali Rebeihi : "Il y a une solution : les colonies de vacances qui s’appellent « Je prends le temps » avec Les Maisons de Courcelles qui apprennent aux enfants à vivre à leur rythme et à lâcher prise."

Tendre vers une restauration du temps de l’ennui, de la contemplation, et du présent

Julien Bisson : "Dans son livre Dans les Fôrets de Sibérie, Sylvain Tesson raconte son séjour proche du lac Baïkal. Dans sa quête de vie intérieure, il a découvert la contemplation qui surgit parfois :

Entre l’envie et le regret, il y a un point, le présent. Il faudrait s’entraîner à y tenir en équilibre. »

Aller plus loin

🎧  ECOUTER | Grand bien vous fasse sur Comment vraiment décrocher pendant les vacances ? Et Conseils pour une "digital detox" dans le 80'' de Nicolas Demorand

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