Une lettre au Premier Ministre envoyée ce vendredi par les maires écologistes. 10 millions de pauvres et 300 000 personnes à la rue selon le rapport sur la pauvreté du Secours Catholique. Les associations sont débordées, les élus demandent au gouvernement d'honorer ses engagements face à la crise sociale.

10 millions de pauvres et 300 000 personnes à la rue, selon le rapport sur la pauvreté du Secours Catholique
10 millions de pauvres et 300 000 personnes à la rue, selon le rapport sur la pauvreté du Secours Catholique © Maxppp / Josselin Clair

Pas question, insistent les maires signataires de la lettre à Jean Castex, de faire de la politique sur la détresse sociale. Les élus entendent plutôt se faire le relais des "situations dramatiques", ils l’écrivent, qu’ils observent sur le terrain. Léonore Moncond’huy, maire EELV de Poitiers

"Nous, les élus locaux, nous sommes les premiers témoins de la crise sociale qui advient en parallèle de la crise sanitaire. Selon le Secours Populaire de la Vienne : 45% de personnes en plus aidées depuis mars dernier, 50% d'inscriptions à l'aide sociale en plus et le double de colis d'urgence distribuées par rapport au premier confinement."

De plus en plus de jeunes en difficultés, d'étudiants qui ne peuvent plus exercer de petits boulots et qui font la queue dans les files des associations pour manger. Il y a urgence, selon l'édile de Poitiers à ouvrir le RSA aux moins de 25 ans :

"Le gouvernement considère que les mécanismes d'aide déjà en place les protègent. Mais il se trompe. Les jeunes sont aujourd'hui durent frappés et parmi les plus précaires. Ils ont besoin de ce mécanisme de garantie financière"

Pour se loger, pour avoir droit à un compte en banque notamment.

À Tours, Paris, Bordeaux, Strasbourg, les maires font face aux mêmes difficultés. L’impossibilité de trouver des places d’hébergement pour ceux qui se retrouvent à la rue, les colis alimentaires dont il faut diviser les rations, des gens qui n’ont plus les moyens de se soigner. Le Président de la République a pourtant assuré de tout faire pour amortir la crise "quoiqu’il en coûte". Bruno Bernard, président écologiste du Grand  Lyon

"Le quoi qu'il en coûte ne concernait que les entreprises. Aujourd'hui, il faut tenir compte de la situation des citoyens, de la population et nous n'avons pas les moyens financiers d'agir seuls".

Effectivement, le 3 novembre dernier, le gouvernement avait listé des engagements de prise en charge et de soutien aux populations précaires face à la crise du Covid-19. 

Sur les hébergements d'urgence, invitant les Préfets à ouvrir autant de places que nécessaire. Sur l'accès au logement, attribution prioritaire aux plus fragiles. Sur l'aide alimentaire enfin. Il était question dans ces instructions gouvernementales aux Préfets d'une véritable gestion de crise.

"Donnez-nous les moyens de mettre en œuvre les engagements du gouvernement" plaident en substance les maires. Quoiqu’il en coûte.

>> Pour lire la lettre des élus écologistes

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