"Je vais perdre 600 euros", "les inégalités se creusent", "Sarkozy en rêvait", "une retraite sous le Smic, ce n'est pas acceptable", "l'hôpital meurt", "Emmanuel Macron n'a fait que nous rabaisser" : nous avons demandé à 100 Français pourquoi ils faisaient grève le 5 décembre.

Le 5 décembre se profile une manifestation d'ampleur nationale contre la réforme des retraites et pour la défense des services publics.
Le 5 décembre se profile une manifestation d'ampleur nationale contre la réforme des retraites et pour la défense des services publics. © Radio France / Atelier graphique

Ils sont cheminots, avocats, infirmiers, enseignants (beaucoup), retraités et ils vont faire grève le 5 décembre pour protester contre le projet de réforme des retraites du gouvernement et défendre le service public. Quelles revendications portent-ils ? Quel message veulent-ils envoyer au gouvernement ? France Inter a lancé un appel sur Facebook et Twitter pour recueillir les témoignages des Français qui s'apprêtent à faire grève. Près de mille personnes nous ont répondu : Véronique, Pascal, Marie-Claude, Bastien, Audrey, Boris ou bien Perrine. Nous avons gardé cent de leurs témoignages. 

Ils parlent de retraites, de service public, ou d'un "Macron" qui suivrait l'exemple de Margaret Thatcher --ils sont plusieurs à le dire-- parce qu'il est "ultra-libéral". Nombre d'entre eux ont fait des simulations pour calculer leurs pensions de retraites à venir. Et, selon ces simulations, ils y perdent. Voici leurs témoignages.

Annie, 51 ans, professeure, Rennes (Ille-et-Vilaine) : "Je ne me vois pas devant des élèves à 64 ans"

Je fais grève parce que “trop c'est trop. J'enseigne depuis 25 ans. Mon mari est artisan depuis l’âge de 17 ans. Il travaille beaucoup, gagne peu. Nous ne sommes pas des premiers de cordée, et faire grève a un coût non négligeable pour notre famille. Mais cette impression d'injustice sociale est insupportable. Je ne me vois pas devant des élèves à 64 ans, pour toucher ensuite des clopinettes après avoir servi avec loyauté l'institution."

Kristana, 66 ans, enseignante, Châlette-sur-Loing (Loiret) : "Ne pas casser le service public comme l'a fait Thatcher en Angleterre"

Je fais grève "pour éviter que notre service public ne soit détruit à l’anglaise, version Margaret Thatcher. Nous sommes le pays le plus égalitaire et juste au monde. Donc je suis pour défendre notre justice d'accès pour tous, notre école, notre hôpital et ne pas avoir à vivre dans une société à deux vitesses où l'accès aux soins, la formation et le tribunal ne seront réservés qu'à ceux qui auront les moyens".

Julien, 36 ans, cheminot, Vigneux-sur-Seine (Essonne) : "Les régimes spéciaux n'existent pas par hasard"

Je fais grève parce que "les régimes spéciaux n'existent pas par hasard. Les conducteurs de trains sont soumis à des visites médicales drastiques, et aucun conducteur ne sera habilité au-delà de 60 ans : baisse d'audition, de vue, problèmes cardiaques, diabète et j'en passe. Qu'allons-nous faire ensuite ? On se plaint du fait qu'il manque 17 millions d'euros, mais dans le même temps on donne des milliards aux entreprises, l'Élysée se fait épingler pour son train de vie, la retraite des députés et sénateurs n'est pas remise en question... Donc cessons ces mensonges : si l'on veut financer les retraites, on peut, et la mise en place d'un système injuste et non-sécuritaire, obligeant de facto à souscrire une complémentaire privée, ne se justifie pas."

Séverine, 43 ans, projectionniste de cinéma, Albertville (Savoie) : "La France est en train de mourir à petit feu"

Je fais grève "pour que Macron prenne enfin conscience que vivre avec moins de 1 400 euros net par mois - que l’on soit retraité ou salarié à plein temps - est impossible actuellement. La France est en train de mourir à petit feu". 

Pascal, 56 ans, enseignant, Haute-Marne : "Je vais perdre 600 euros à la fin de ma carrière !"

Je fais grève parce que "j'ai commencé dans l'Éducation nationale en perdant 40 % de salaire, considérant que les avantages futurs (vacances, retraite calculée sur les six derniers mois surtout) combleraient cet inconvénient. Si ce n'est plus le cas, je vais perdre plus de 600 euros par mois à la fin de ma carrière. Désolé, mais on ne change pas les règles du jeu une fois la partie commencée !"

Jessy, 44 ans, infirmière, Grenoble (Isère) : "Je gagne la même chose qu’il y a cinq ans"

Je fais grève (tout en étant réquisitionnée) parce que “le personnel hospitalier est en souffrance depuis des années et les conditions ne sont plus acceptables. Nos salaires n’évoluent plus. Je gagne la même chose qu’il y a cinq ans.”

Rémi, 30 ans, enseignant, Bourg-en-Bresse (Ain) : "La réforme porterait la retraite de ma femme à 650 euros"

Je fais grève parce que "le système actuel me permettrait de partir avec une retraite de 1 858 euros brut. Avec cette réforme, c'est une retraite à 1 218 euros brut qui m'attend. En net, ça ferait en gros 750 euros en moins. Ma femme est éducatrice, fonctionnaire également. La réforme porterait sa retraite à 650 euros. Cela n'est pas envisageable pour nous. J'ai fait ma déclaration d'intention de grève jusqu'à Noël, je verrai en fonction de la mobilisation, mais ce que je perdrai par jour ne correspond même pas à 10 % de ce que je perdrai chaque mois une fois à la retraite.”

Solenne, 28 ans, ostéopathe, Nantes (Loire-Atlantique) : "Les inégalités se creusent, il faut se réveiller"

Je fais grève parce que "le gouvernement n'écoute plus les Français et tue le service public. Les inégalités se creusent, il faut se réveiller. Pour les professions libérales, les charges sont de plus en plus élevées, pour une retraite minable et l'URSSAF ne nous indemnise pas à la hauteur de ce que nous cotisons. Et les libéraux ne peuvent jamais manifester car cela leur fait perdre de l'argent, ils sont oubliés dans la société. Cette fois, je dis stop. Arrêtez de prendre les Français de haut, écoutez-nous, arrêtez d'enrichir les lobbyistes et de vous enrichir tout en nous faisant comprendre que le problème vient des précaires... Et pensez à la planète : qu'allez vous faire de tout votre argent s'il n'y a plus de vie ici ?" 

Richard, 29 ans, intermittent dans l’audiovisuel, région parisienne : "Nous ne sommes pas des vaches à lait !"

Je vais faire grève "contre la réforme des retraites, contre la casse du service public, contre les conditions de vie qui se dégradent, parce que nous ne sommes pas des vaches à lait. Arrêtez de nous prendre pour des cons et respectez le peuple qui vous a élu !"

Romain, 27 ans, avocat, Paris : "En somme, il s’agit de tuer notre profession"

Je fais grève parce que "en tant que jeune avocat, je devrai payer 500 euros de cotisations en plus. Tout en sachant que je n'ai pas de comité d'entreprise, ni d'avantages, que je n'ai pas droit au chômage, ni aux RTT. Je gagne 4 400 euros, et je travaille 45 heures a minima. Une fois mes cotisations et l’impôt sur le revenu payés, il me reste 2 200 euros. Si la réforme passe, je gagnerai après imposition environ 1 750 euros, pour un métier fatigant (mais passionnant). En somme, il s'agit de tuer notre profession."

Boris, 42 ans, professeur des écoles, Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) : "Le gouvernement ressort les schémas de Thatcher et Reagan"

Je fais grève parce que "le gouvernement ressort les schémas de Thatcher et Reagan et on précipite les gens dans la précarité". 

"On parle de justice et de caisses vides alors qu’elles sont pleines, et que l’on va fragiliser une génération entière de retraités."

Pierrick, 30 ans, employé de maintenance à la SNCF, Haute-Savoie : "Nous sommes  stigmatisés"

Je fais grève parce que "j'ai commencé dans cette entreprise avec un contrat d'apprenti à l'âge de 15 ans, avec une rémunération faible, mais la possibilité de partir en retraite plus tôt. Or, aujourd'hui, les salaires n'augmentent pas, et nous devrions travailler plus longtemps ? Nous sommes tellement stigmatisés par les médias et par le gouvernement qui nous fait passer pour des nantis et des fainéants que cela motive encore plus pour faire grève !"

Karine, 53 ans, éducatrice spécialisée, Amiens (Somme) : "Demander plus de justice sociale, c'est une question de bon sens"

Je fais grève "pour tenter d'éviter une trop grande précarité pour tous mais plus particulièrement pour les femmes, les jeunes qui arrivent tant bien que mal sur le marché du travail et les générations futures. Ce n’est pas être gauchiste que de demander plus de justice sociale, c’est une question de bon sens."

Julie, 41 ans, enseignante, Héraut : "Les enseignants et les femmes sont les grands perdants"

Je fais grève "pour le retrait de la réforme Macron sur les retraites. Les enseignants du premier degré et les femmes seront les grands perdants de cette réforme. L'état veut simplement baisser les pensions".

Millie, 41 ans, secteur hospitalier, Haguenau (Bas-Rhin) : "À force de courir, j'en deviens dangereuse"

Je fais grève parce que "très honnêtement, je suis fatiguée des plans de retour à l'équilibre budgétaire, fatiguée de courir dans mon travail pour des soins qui ont perdu de la qualité à force de réduire les personnels. Je n'ai plus le temps de répondre aux besoins des patients. Je cours, je cours, je suis juste dangereuse maintenant. Et on me demande encore de faire des économies. Je suis maltraitée par ce système comptable."

Jean-François, 55 ans, cadre dans les assurances, Arras (Pas-de-Calais) : "C'est une réforme injuste, inutile et néfaste"

Je fais grève parce que "c'est une réforme injuste, inutile et dont les effets sont néfastes pour notre société. Injuste, car elle stigmatise les salariés des 42 régimes spéciaux de retraite en les rendant responsables de la soi-disant défaillance de notre système. Alors qu'en même temps, comme le dit 'Jupiter', les pensions de ces salariés ne pèseraient qu'entre 1,5 % et 3 % du total des pensions. Cette réforme, comme celle sur la loi Travail ou le chômage, rompt de manière brutale avec notre pacte social, en essayant d'opposer les Français entre eux une fois de plus."

Nolwenn, 32 ans, enseignante, Châteaudun (Eure-et-Loire) : "Je travaille avec la misère sociale et l’amiante comme collègues"

Je fais grève parce que "j'exerce un métier qui requiert cinq ans d'études, un concours sélectif, deux ans d'expérience à l'étranger, et je me retrouve à exercer loin de mes proches, dans des conditions déplorables parce qu'il faut toujours faire plus avec moins de moyens, avec la misère sociale et l'amiante pour collègues quotidiennes. Tout cela pour un salaire loin du compte pour mes 42 h par semaine, qui devaient être compensées par une retraite raisonnable mais qui, au final, sera misérable. J'aime mon métier, mais je n'ai pas signé pour ça."

Jean-Claude, 70 ans, retraité, Gironde : "Arrêtez de mettre le chaos dans le pays"

Je serai dans la rue parce que "je voudrais dire au gouvernement d'arrêter de mettre le chaos dans le pays. Qu'il s’occupe plutôt de créer et sauver des emplois créateurs de richesses !"

Olivier, 45 ans, conducteur SNCF, Gratibus (Somme) : "Ce projet est régressif"

Je fais grève "pour que ce projet régressif soit abandonné pour l'ensemble des travailleurs. Il ne créera que des retraités précaires ou favorisera ceux qui pourront se payer une retraite par capitalisation. Je serai en grève reconductible, et je pense que ce conflit sera plus dur que celui de 1995. La grogne sociale est plus profonde et ce gouvernement, par choix du choc, ne reculera pas si facilement !"

Brigitte, 58 ans, enseignante, Cabrières-d’Aigues (Vaucluse) : "Le contrat social qui nous liait est foulé aux pieds"

Je fais grève parce que "le contrat social qui nous liait est foulé aux pieds. Les jeunes n’obtiennent que des boulots sous payés et précaires, ils s’éternisent dans des stages. On demande toujours plus aux salariés et aux fonctionnaires, sans juger bon de leur donner un salaire décent. On méprise, on brutalise, on mutile. Je vais descendre dans la rue parce que ce qui faisait la dignité et la grandeur de mon pays est saccagé par une bande de vautours sans scrupule, sans empathie. Je suis furieuse”

Michel, 54 ans, artisan vitrailliste, Fourques-sur-Garonne (Lot-et-Garonne) : "Macron dégage !"

Je fais grève "pour dire Macron dégage !"

Julie, 34 ans, infirmière, La Réunion : "Je fais grève pour les patients"

Je fais grève "pour les patients. Car le système de soins publics, qui est de très bonne qualité en France, se délite. Les patients ne le voient pas mais les mutuelles prennent de plus en plus de marges. Beaucoup de spécialités sont déléguées au privé qui s'engraisse. Il faut attendre deux jours aux urgences pour avoir une place en psychiatrie, même quand c'est urgent, et trois mois pour une consultation avec un psychiatre dans les centres médicaux psychologiques. 

Les soignants sont de moins en moins formés. Il faut cinq ans avant d'avoir un poste en CDI, temps durant lequel les agents sont à la merci de l'hôpital... Je soutiens les patients pour un soin humaniste de qualité, pour tout le monde, gratuit. Je soutiens les soignants qui se battent et ceux qui ont arrêté de se battre."

Franck, 47 ans, enseignant à Pau (Pyrénées-Atlantiques) : "Les enseignants vont perdre 30 %"

Je fais grève "parce que les enseignants sont les grands perdants de cette réforme avec une baisse annoncée de 30 % de nos pensions de retraite. Le mouvement va être très suivi dans l'éducation nationale. Nous avons besoin de réponses concrètes."

Olivier, 48 ans, employé chez EDF, Gironde : "Quel espoir nous offre ce gouvernement ?"

Je fais grève "pour demain, pour mes enfants, pour moi-même et ma femme, afin que l'on ait le juste retour du travail que l'on fournit tous les jours. Je travaille en 3 fois 8 heures, ma femme parle trois langues étrangères, elle a Bac+4, et est tout juste au-dessus du Smic, à 46 ans. Quelles retraites, quelle vie nous offre ce gouvernement ? Quel espoir ?"

Margaux, 24 ans, étudiante à Paris : "Tout augmente, sauf les salaires"

Je fais grève "car tout augmente mais jamais les salaires !!!"

Véronique, 60 ans, enseignante, Sonthonnax-la-Montagne (Ain) : "Je me mobilise face au mépris des classes défavorisées"

Je fais grève parce que "le dégoût s'accumule face aux injustices sociales, dont la réforme des retraites mais aussi la réforme du lycée. Je me mobilise face au mépris des classes défavorisées mais aussi des classes moyennes, ainsi que pour soutenir le service public : les hôpitaux et même Radio France." 

Mathieu, 42 ans, intérimaire, Ain : "Le calcul par points va directement impacter les carrières discontinues"

Je serai dans la rue parce que "le calcul par points va impacter directement nos retraites, pour ceux qui exercent en carrière discontinue, à cause du travail en intérim".

Émilie, 34 ans, Brest (Finistère) : "Cette grève doit être un tremplin"

Je serai dans la rue parce que "c'est le nombre qui fait la force des plus pauvres". 

"Cette grève doit être un tremplin vers une révolte plus importante, plus définitive, contre les inégalités".

Je me mobilise pour plus de justice sociale, pour la rénovation des services publics, le droit à chacun de vivre dignement et même agréablement, quel que soit son âge, qu'il travaille ou pas. J’aimerais pouvoir envoyer le gouvernement dans un HLM à Roubaix ou à Mantes-la-Jolie avec un RSA pour vivre, ou un 3 x 8 à l'usine pendant ne serait-ce qu'un an. Ce serait autant un projet éducatif qu'un châtiment.”

Maxime, 31 ans, infirmier, La Ronde-Haye (Manche) : "Le président a passé son temps à nous insulter et à nous rabaisser” 

Je fais grève parce que "je ne peux accepter une réforme qui va impacter autant mon avenir, faite par un 'président' qui n'a passé son temps qu'à nous insulter et nous rabaisser, en nous disant que nous n'avons qu'à traverser la rue pour trouver du boulot, que si l'on veut un costard comme le sien on n'a qu'à travailler... Sans oublier un dédain incroyable envers les manifestants blessés par les CRS. Aujourd'hui, l’hôpital est au bord de la rupture. La réponse du gouvernement avec son 'plan d'urgence' est une vaste fumisterie qui n'incitera pas les gens à venir faire ce métier ou à y rester."

Nicole, 53 ans, formatrice : "Nos retraités ont construit la France, le président la détruit"

Je fais grève "contre la marchandisation de notre pays : FDJ, SNCF, EDF, ADP... Contre la précarisation de l'emploi et la paupérisation des classes les plus faibles. Bref, parce que le président de la République met la France à feu et à sang et se comporte en dictateur. Nos retraités ont construit la France, le président la détruit."

Claire, 40 ans, avocate, Lyon : "Si la réforme passe, des cabinets vont fermer"

Je fais grève parce que "nous n’acceptons pas que nos cotisations augmentent et que nos prestations retraite diminuent. Alors que nous nous gérons seuls, sans aide de l’État, et que nous reversons 80 millions d'euros par an pour aider les autres régimes, soit 1 350 euros par avocat. Si la réforme passe, des cabinets vont fermer. On a un régime qui marche très bien tout seul, qui ne coûte rien à personne, et qui en plus rapporte à l’État et donc à tout le monde, et il faudrait absolument le supprimer en entraînant la mort des petits cabinets…"

Perrine, 43 ans, enseignante, Saint-Marcellin (Isère) : "La casse des solidarités et services publics est scandaleuse"

Je fais grève "pour garantir un accès à une retraite décente et équitable pour tous, chez les enseignants en particulier, qui sont très perdants dans cette réforme. La casse de toutes les solidarités et services publics de notre société est scandaleuse."

Julie, 24 ans, interne en médecine, Créteil (Val-d'Oise) : "Je ne crois plus en ce gouvernement"

Je fais grève "pour montrer mon attachement au service public, pour lutter contre la dégradation des services de santé, des conditions de travail et de formation à l'hôpital. Pour lutter contre les inégalités renforcées d'années en années par des réformes toujours plus libérales. Pour défendre un modèle de société solidaire et juste, qui ne permette pas à quelques-uns de s'enrichir sur le dos de tout le 'reste'. Je ne crois plus en ce gouvernement."

Fabien, 45 ans, enseignant, Toulouse (Haute-Garonne) : "Ce projet est idéologique"

Je fais grève "parce que ce projet de loi est idéologique et accompagné de mensonges permanents sur son financement et ses conséquences en terme de niveau de vie. Il n’a pour visée que de casser le système existant au profit du tout-privé."

Benjamin, 27 ans, ingénieur d’études et de développement informatique, Montpellier (Hérault) : "Notre époque n’est plus compatible avec la croissance perpétuelle"

Je serai dans la rue "parce qu’il est nécessaire d’instaurer rapidement un climat de justice et d’équité, afin qu’ensemble, on puisse surmonter les enjeux environnementaux. Les enjeux de notre époque ne sont plus compatibles avec le capitalisme et la croissance perpétuelle."

Véronique, 58 ans, infirmière, Côtes-d’Armor : "Une retraite sous le Smic, ce n'est pas acceptable"

Je fais grève parce que "une retraite sous le Smic pour celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie, ce n’est pas acceptable".

Mary, 33 ans , dans l’éducation nationale, Brest (Finistère) : "Je vais perdre 967 euros"

Je fais grève "contre cette réforme injuste (je perdrais 967 euros, selon les simulations), contre les réformes Blanquer qui détruisent l’éducation nationale, contre ce gouvernement qui appauvrit et empêche la concorde nationale. Aussi, parce que je n'en peux plus".

Doriane, 27 ans, enseignante, Paris : "Pour ne pas encore perdre des sous !"

Je fais grève "pour ne pas encore perdre des sous ! Je débute tout juste ma carrière et je crois au service public de notre pays. Je veux me battre pour sa sauvegarde et me battre aussi pour la mienne. Il me reste encore beaucoup à travailler, j'ai déjà fait une croix sur ma qualité de vie en choisissant cette voie (enseignant débutant à Paris, soyons clairs, on survit, on ne vit pas), mais j'ai encore l'espoir de pouvoir vivre décemment dans 43 ans lors de ma retraite ! Est-ce si fou ?!"

Benjamin, 38 ans, enseignant, Grenoble (Isère) : "Nous ne battrons pas en retraite !"

Je fais grève parce que "cette réforme est une fois de plus injuste et les arguments employés sont fallacieux. Le modèle de redistribution et les acquis sociaux sont en train d'être dynamités par ce gouvernement. Nous ne battrons pas en retraite !"

Valérie, 52 ans, avocate, Marseille (Bouches-du-Rhône) : "Notre profession est déjà acculée"

Je fais grève parce que "notre rémunération est très en deçà de ce que l’on peut imaginer : en province, un jeune qui commence gagne 1 500 euros par mois de bénéfices. De nombreux petits cabinets de confrères indépendants sont en grande difficulté. La profession se trouve déjà acculée de charges. Une augmentation des cotisations retraite de 12 à 24 % va encore réduire notre rémunération et conduire à la faillite nombre d’entre nous."

Joël, 57 ans, enseignant-chercheur, Chenôve (Côte-d'Or) : "Il est absurde d'avoir un régime de retraite unique alors que les métiers sont divers"

Je fais grève parce que "je ne crois pas une seconde que le système de retraite projeté soit plus simple ni plus équitable. Il est absurde d'avoir un régime unique alors que les métiers sont divers."

Dominique, 49 ans, avocat, Mâcon (Saône-et-Loire) : "Je pense que la grève sera très dure"

Je fais grève parce que “la réforme conduira à me faire cotiser deux fois plus, pour une retraite moindre. Je ne pourrai jamais supporter cette charge supplémentaire".

Juliette, 21 ans, stagiaire, Saint-Mandé (Val-de-Marne) : "Si les jeunes ne se manifestent pas, qui le fera ?"

Je fais grève parce que "ma mère est institutrice et que la réforme annoncée risque d'être terrible pour elle. Ensuite, parce que même si je suis jeune et que la réforme de retraites paraît loin, elle me concernera. Et puis si les jeunes ne se manifestent pas dans des périodes comme la nôtre, où la justice sociale est bafouée, qui le fera ? Je n'ai pas les moyens financiers (indemnisations de stage au minimum légal soit 3,75 euros de l'heure) pour faire grève plusieurs jours de suite, mais je soutiendrai le mouvement dans tous les cas."

Christine, 54 ans, infirmière hospitalière, Tarbes (Hautes-Pyrénées) : "Je suis descendue dans la rue le 17 novembre 2018 et j’ai compris"

Je fais grève parce que "je suis descendue dans la rue le 17 novembre 2018 pour une histoire d'essence ; depuis j'ai compris pourquoi notre pays en est là. Pourquoi mon immobilisme, mon désintéressement de la politique, ma cécité sur les raisons de la misère grandissante, ont contribué à la ruine des institutions publiques, à l'accroissement de la précarité, etc". 

"Le 5 décembre, le peuple a le devoir de reprendre en main la politique."

Eugénie, 36 ans, avocate, Bordeaux (Gironde) : "Je suis déjà asphyxiée par les charges professionnelles"

Je fais grève parce que "installée à mon compte depuis le mois de mai 2019, partie de rien, mais avec un prêt trésorerie échelonné sur 7 ans, déjà asphyxiée par les charges professionnelles (loyer, aussi modique soit-il, cotisations URSSAF, remboursement du prêt...), sans même la possibilité de payer les charges personnelles, cette réforme aura un impact considérable sur le maintien de mon projet d’installation."

Cathy, 49 ans, secteur culturel, Voreppe (Isère) : "Je veux vivre au moins 20 ans après ma retraite"

Je fais grève parce que "j’estime avoir le droit de vivre au moins 20 ans après ma retraite et avant de mourir. Pour m’engager dans des associations, voyager... en faire un maximum. Aujourd’hui, j’ai peur que la réforme fasse baisser mes droits à la retraite. Je travaille depuis 25 ans, mais je me suis arrêtée pour mes trois enfants. Séparée de leur père, je paie déjà seule ce choix."

Camille, 29 ans, orthophoniste, Annecy (Haute-Savoie) : "Beaucoup de paramédicaux libéraux fermeront leur cabinet"

Je serai dans la rue parce que "pour beaucoup des paramédicaux libéraux, cette réforme des retraites signifiera une fermeture de leur cabinet. Il sera impossible de nous aligner par rapport à ce nouveau taux de cotisation, sachant qu'il est déjà actuellement très compliqué de répondre à la demande, dans la situation actuelle ! Cela signifiera la mort des cabinets de proximité pour les patients."

Erwan, 32 ans, responsable administratif et financier, Rennes (Ille-et-Vilaine) : "Il faut un départ en retraite au maximum à 60 ans"

Je fais grève "contre la réforme des retraites et pour l’harmonisation du système par le haut (sur le meilleur des régimes spéciaux) : un départ en retraite au maximum à 60 ans et 37,5 ans de cotisations pour toutes et tous !"

Gaëlle, 38 ans, infirmière gériatrique, Bangor (Morbihan) : "J’ai honte de ce que notre pays devient"

Je fais grève "en débrayant une heure par jour, par respect pour les patients car je ne serai pas remplacée à l’hôpital. Je manifeste car j’ai honte de faire subir à nos aînés une maltraitance institutionnelle par manque de moyens. Je manifeste car j’aime mon travail mais j’en arrive à un point où je me pose des questions, car c’est ma propre santé que je cherche à protéger. Je fais grève car j’ai honte de ce que notre pays devient."

Olivier, 50 ans, ouvrier dans une usine chimique, Lyon : "Les riches font crever la société à petit feu"

Je fais grève "parce qu'il n’y a pas que le problème de la retraite, il y a les bas salaires, la précarité, les sous-effectifs, l'intensité du travail, les équipes en 5 x 8… Il faut tout mettre sur la table. Et il y a une couche sociale de plus en plus riche et qui fait crever la société à petit feu".

Lisa, 26 ans, jeune diplômée, sans emploi, Chalô-Saint-Mars (Essonne) : "Il est temps de se réapproprier les dossiers d’avenir qui nous concernent"

Je serai dans la rue "parce qu'il est temps de se réapproprier les dossiers d'avenir qui nous concernent toutes et tous (retraite, chômage, services publics)".

Lise, 30 ans, travaille dans l’éducation, Manche : "Je vais faire grève pour tous ceux qui ne peuvent pas le faire"

Je vais faire grève "parce que je suis très en colère contre ce gouvernement qui ne respecte rien de notre héritage social et historique. Je suis indignée des mensonges qui nous sont donnés en guise d'explication, du mépris violent et constant dont font usage les communicants de ce gouvernement et de leurs alliés. Leur attitude est infâme : culpabilisation, insultes, mépris, ignorance. On a tout de même le sentiment qu'ils savent que le navire est en train de couler et qu'ils prennent tout ce qu'il est encore possible de prendre avant de le déserter. Je vais faire grève pour toutes ces personnes qui ne peuvent pas le faire, qui souffrent, auxquelles on ne donne plus d'espoir. Je vais faire grève pour ces valeurs qui m'ont été transmises et que je trouve dégradées, pire, annihilées par le pouvoir et l'argent. J'ai la crainte que la situation grecque soit de moins en moins éloignée de la notre".

Benkikir, 36 ans, cheminot, Ducy-Sainte-Marguerite (Calvados) : "Macron est pénible !"

Je vais faire grève à cause de mon "ras le bol général. Le travail c’est pénible, mais Macron aussi !"

Dominique, 57 ans, libraire, Verniolle (Ariège) : "Au bénéfice des plus riches"

Je vais faire grève parce que "la politique du gouvernement se fait uniquement au bénéfice des plus riches, et ça suffit".

Louise, 27 ans, animatrice, Maine-et-Loire : "Ma mère devra travailler jusqu’à 70 ans"

Je serai dans la rue parce que "ma mère a eu quatre enfants, elle a été femme au foyer, et aujourd’hui elle travaille comme aide-soignante en maison de retraite. Elle devra le faire jusqu'à 70 ans. À côté, un président bosse le temps d'un mandat et c'est salaire à vie…"

Mathieu, 48 ans, avocat, Lannemezan (Hautes-Pyrénées) : "Notre profession est sacrifiée"

Je fais grève parce que "la réforme va entraîner un doublement de nos cotisations sans entraîner de hausse des pensions. Notre profession est donc sacrifiée. Il sera difficile de continuer à fournir un service de proximité, en milieu rural, à une population souvent paupérisée. Dans la ville où j’exerce, plus de 60 % de la population n’est pas imposable. 

"Je n’ai jamais participé à aucune action de défense des intérêts de ma profession. Je vais le faire pour la première fois le 5 décembre."

Sabrina, 33 ans, kiné, Paris : "Nous sommes déjà obligés de pratiquer des dépassements d’honoraires"

Je serai dans la rue parce que "nous sommes obligés à Paris de pratiquer des dépassements d’honoraires. À 16,13 euros la demi-heure, avec les loyers, l'électricité et les charges, on ne s'en sort déjà pas. Si en plus, l'État nous impose 28% de cotisations pour la caisse de retraite seule, nous allons devoir nous reporter sur les patients ou partir des grandes villes."

Gaëlle, 46 ans, professeure, Dijon (Côte-d'Or) : "Sarkozy en aurait rêvé, il n’aurait jamais eu le courage de le faire..."

Je fais grève parce que "cette réforme est tout sauf 'ni de gauche ni de droite' : elle est extrêmement à droite. Sarkozy en aurait rêvé, il n’aurait jamais eu le courage de le faire... C’est ultra-libéral, absolument sans solidarité, et c’est quelque chose qui va créer encore plus de violence sociale. On a l’impression qu’au sommet, ça ne tilte pas, ils ne comprennent pas qu’il se passe quelque chose de profond. Les réponses sont complètement à côté de la plaque."

Charlotte, 39 ans, podologue, Clichy (Hauts-de-Seine) : "Mes charges sociales grimperont à près de 60 %"

Je serai dans la rue parce que "si la réforme passe et qu'on me prélève 28 % pour la retraite, mes charges sociales grimperont à près de 60 %. Sans compter les autres charges professionnelles... Je ne pourrai plus vivre. Cette réforme est une honte.”

Audrey, 26 ans, sage-femme, Nièvre : "Cette réforme n'arrangera rien"

Je fais grève parce que "si je ne défends pas spécialement les régimes spéciaux que je trouve inégalitaires, j’estime que cette réforme n’arrangera rien et précarisera bon nombre de concitoyens. Je défilerai avec mes trois casquettes : ma blouse de sage-femme, mon gilet jaune et mes stylos CGT dans la poche."

Romain, 35 ans, professeur des écoles, Rennes (Ille-et-Vilaine) : "Le ton des ministres est condescendant"

Je fais grève parce que "nous n’avons plus confiance en ce gouvernement qui nous parle en nous méprisant. Dans les interviews, le ton des ministres est condescendant. Ils pensent faire de la pédagogie en nous parlant comme à des enfants, ils se trompent. Ils devraient avoir plus confiance en l’intelligence des gens."

Yves, 34 ans, fonctionnaire de l’administration fiscale, Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) : "Cette réforme aura des conséquences sur l’ensemble des salariés"

Je fais grève parce que "le gouvernement ne peut pas passer en force sur une question aussi centrale. L’avoir mis au programme présidentiel ne suffit pas pour que ce soit légitime. Le projet de réforme aura pour conséquence de baisser les pensions de l'ensemble des salariés, du public comme du privé et si les plus riches pourront capitaliser, les autres vivront pauvres ou devront compter sur la solidarité familiale".  

Lisa, 26 ans, directrice artistique, Montreuil (Seine-Saint-Denis) : "Je suis auto-entrepreneure, mais je ne travaillerai pas le 5 décembre"

Je serai dans la rue "contre les retraites, la suppression de l’exonération partielle des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs, pour les droits sociaux. J’espère que la grève sera dure. Je suis auto-entrepreneure, mais je ne travaillerai pas le 5. J’ai pris un mois de vacances pour décembre."

Mathilde, 29 ans, greffière, Seine-et-Marne : "Je me sens oppressée par ce système"

Je fais grève pour "tenter de préserver les droits à la retraite des fonctionnaires et surtout l’âge de départ qui recule encore et toujours. Je me sens oppressée par ce système".

Marine, 26 ans, enseignante, Lille (Pas-de-Calais) : "Je ne supporte plus l’hypocrisie et la novlangue de ce gouvernement"

Je fais grève parce que "je travaille depuis mes 18 ans, j'ai cotisé tout le long de mes études, jusqu'en Master, je suis au début de ma carrière d'enseignante et je refuse ce nouveau système de retraite. Le 5 décembre sera ma première grève depuis le début de mon parcours professionnel, car je crois en un véritable système de solidarité, je soutiens les travailleurs, et j'ai des convictions que je compte bien défendre. Je suis gréviste car je ne supporte plus l'hypocrisie et la novlangue de ce gouvernement. Enfin, je suis gréviste le 5 car réformer un système ne se fera pas sans consulter les principaux concernés."

Paul, 39 ans, technico-commercial en Isère : "Servez le peuple, pas les élites"

Je fais grève "pour défendre notre droit à vivre dignement après de longues années de cotisation. Je voudrais dire au gouvernement d’arrêter de mentir aux Français : servez le peuple, et non plus des castes d’élite."

Margaux, 29 ans, sage-femme, Beauvais : "Les gens sont pris pour du bétail"

Je fais grève "parce qu’il me semble incohérent, inhumain d'imposer les conditions de travail actuelles aux agents hospitaliers, tous confondus : les gens sont pris pour du bétail. Des économies sont faites dans certains secteurs tel que la santé, l’hôpital meurt. Avec mon métier, je ne sais même plus où aller pour me permettre d'avoir cette impression de travailler à une juste valeur."

Yohann, 26 ans, employé de la SNCF, Alsace : "J'en ai marre qu'on tape sur ma corporation"

Je fais grève parce que "à la SNCF, on nous attaque sans cesse sur notre régime spécial, comme un foulard rouge qu'on agite. Avoir un salaire net avec primes entre 1 200 et 1 500 euros par mois, tout en ayant une responsabilité pénale, ou encore toucher 1 100 euros de retraite si on part à 62 ans (sur la simulation que j'ai pu faire), c'est être privilégié ? Non ! Je ne me plains pas, car je l'ai choisi. J'en ai juste marre qu'on tape sur ma corporation.

"La retraite, c'est pratiquement la seule chose qui nous reste. Le système par points est une escroquerie sans nom."

Lionel, 52 ans, sapeur-pompier, Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) : "Pour sauvegarder nos retraites"

Je fais grève parce que "la réforme sera dévastatrice pour les précaires et les bas revenus”

Bastien, 32 ans, manipulateur en radiologie, Chambéry (Savoie) : "Arrêtez de tuer les classes moyennes !"

Je serai en grève parce que "je suis présent tous les jours à l’hôpital, sans aucune reconnaissance et avec un outil professionnel dégradé. Mon message au gouvernement : 'Arrêtez de tuer les classes moyennes !' Mon slogan de manif ? 'Les professionnels du X ne rayonnent plus'."

Mathieu, 34 ans, cheminot, Soliers (Calvados) : "Cette réforme ne fera qu’augmenter la durée du travail et baisser la valeur des retraites"

Je fais grève "contre une réforme inégale et injuste qui prétend vouloir une équité sous couvert d'un régime pour tous mais qui ne fera qu'augmenter la durée du travail et baisser la valeur des retraites sans pour autant freiner l'augmentation du déficit liée à celles-ci. Si le gouvernement n'écoute pas les citoyens sur une réforme d'une telle ampleur, il n'a plus lieu d'être et fait honte à la démocratie française". 

Marie-Claude, 58 ans, éducatrice jeunes enfants, Les Loges-en-Josas (Yvelines) : "J’espère que nous serons nombreux"

Je serai dans la rue parce que "la direction que prend notre pays est une catastrophe pour moi. Dans les métiers éducatifs, on fait passer les ‘réalités économiques’ avant tout et cela entraîne sur le terrain régulièrement des situations épouvantables. J’espère que nous serons nombreux pour pouvoir infléchir cette direction du libéralisme sauvage qui laisse de plus en plus de gens sur le carreau". 

Orianne, 29 ans, avocate, Paris : "Notre régime autonome ne coûte pas un centime au contribuable"

Je fais grève pour "rappeler au gouvernement que notre régime de retraites n’est pas un régime spécial, mais un régime autonome, qui ne coûte pas un centime au contribuable."

Renaud, 35 ans, enseignant, Sens (Yonne) : "La coupe est plus que pleine"

Je fais grève parce que "ce gouvernement veut me voler plus de 600 euros de retraite par mois alors que mon salaire diminue depuis neuf ans avec une hausse des cotisations, que mon temps de travail augmente sans contrepartie, que Macron a gelé le point d’indice des fonctionnaires et rétabli le jour de carence. La coupe est plus que pleine !"

Romain, 35 ans, agent SNCF, Dijon (Bourgogne) : "Le gouvernement continue la casse sociale"

Je fais grève "parce qu’avec sa réforme, le gouvernement continue la casse sociale et c'est insupportable ! On dit qu'il y a des privilégiés, mais ceux qui le sont le plus sont ceux qui votent ce genre de lois. Quand je suis rentré à la SNCF en 2013, je savais que l'un des avantages était de pouvoir partir avec des conditions légèrement plus avantageuses à la retraite. Mais je travaille en 3 x 8, les week-ends et jours fériés, pour moins de 2 000 euros et mon salaire est fait de 30 % de primes qui ne seront quasiment pas comptées dans le calcul de ma retraite. Il ne faut pas s'étonner si la SNCF a des difficultés à recruter pour ces métiers dans ces conditions".

Véronique, 58 ans, infirmière, Côtes-d’Armor : "Je laisserais volontiers ma place aux jeunes..."

Je suis en grève parce que "je souhaite plus d’équité et de solidarité ! Je suis infirmière et très fatiguée, je laisserais volontiers ma place aux jeunes... Les départs progressifs pourraient créer de l’emploi."

Pascal, 55 ans, fonctionnaire ministériel, Suresnes (Hauts-de-Seine) : "Notre gouvernement ne dialogue pas, il impose" 

Je fais grève "parce que je travaille depuis mes 15 ans et aimerais partir avant mes 65 ans. Parce que j'aurais préféré naître à Oslo. Parce que notre gouvernement ne dialogue pas, il décide et impose. Et pour que mon ministère continue à exister et pas à survivre".

Sylvie, 52 ans, enseignante, Haguenau (Bas-Rhin) : "Je n’ai pas voté Macron pour casser les acquis sociaux"

Je fais grève "pour manifester mon désaccord avec le gouvernement".

"Si j’ai voté Macron en 2017, c’était pour faire barrage au Front national, pas pour casser les acquis sociaux. Je suis décidée à lutter longtemps si nécessaire."

Aurélien, 33 ans, enseignant, Bordeaux (Gironde) : "Le projet du gouvernement n’est pas digne de la République"

Je fais grève parce que "le projet de société porté par monsieur Macron et son gouvernement n’est pas digne de la République". 

Delphine, 44 ans, Seine-et-Marne : "Marre de se faire plumer"

Je fais grève "parce que j’en ai marre de me faire plumer". 

Didier, 56 ans, cheminot, Chambéry (Savoie) : "Contre la politique ultralibérale de Macron"

Je fais grève "contre la politique ultralibérale de Macron, les restructurations et le manque de services publics, la réforme des retraites qui va appauvrir tout le monde."

Isa, 53 ans, Bessans (Savoie) : "Je vais devoir travailler jusqu'à 67 ans au moins"

Je fais grève "parce que j'ai trois enfants et que je suis en congé parental et à mi-temps. Avec cette réforme, je vais devoir travailler jusqu'à 67 ans au moins ( si tout va bien). Je pense partir avant donc en 2024 avec 1 100 euros après 30 ans d’ancienneté, si je reste sur le système actuel. On perds un tiers de notre retraite avec cette réforme. Cette réforme va faire de nous des précaires".

Alex, 44 ans, secteur de l’énergie, Pessac (Gironde) : "C’est nous ou eux"

Je fais grève "pour essayer d’améliorer le monde. Pour dire non aux oligarchies qui ne cherchent que le profit au détriment des peuples et de la planète. Plus le choix : c’est nous ou eux. Je pense à notre jeunesse."

Christian, 58 ans, industrie électrique et gazière, Marsac-sur-Don (Loire-Atlantique) : "Tout le monde sera perdant"

Je fais grève "parce que tout le monde sera perdant, les gens au régime général comme ceux dépendant des régimes spéciaux. Et en particulier les femmes qui perdront encore plus du fait de carrières parfois en dent de scie. L’objectif est de rendre le régime par répartition le plus faible possible, pour imposer aux gens de compléter avec de la capitalisation.”

Christelle, 52 ans, fonctionnaire au ministère de l’Agriculture, 52 ans : "Je suis effondrée de voir toutes ces inégalités"

Je vais faire grève "même si je ne suis pas contre une retraite universelle. Je suis privilégiée et je n’ai pas de soucis à la fin du mois. Mais je suis effondrée de voir toutes ces inégalités, toute cette violence, cette humiliation et ce mépris envers les gens, leur santé et la nature. Les richesses et le progrès, pour qui, pour quoi, quelle société voulons-nous ? Je vais manifester parce que je suis indignée."

Gilbert, 67 ans, retraité, Périgueux (Dordogne) : "Combien d’entre nous seront les nouveaux exclus dans notre grande vieillesse ?"

Je serai dans la rue "en solidarité avec tous les laissés-pour-compte, car le président, depuis son élection, ne cesse de faire des cadeaux fiscaux à une minorité riche, et il a enlevé beaucoup aux classes populaires, aux classes moyennes, aux retraités. Avec l'augmentation du prix de l'hébergement en Ehpad et la diminution des pensions, combien d'entre nous seront les nouveaux exclus dans notre grande vieillesse ?"

Antoine, 32 ans, artiste, Caen (Calvados) : "La seule solution, c’est le blocage total"

Je serai dans la rue "parce que je lutte contre le capitalisme et toutes les misères qu'il fait à notre belle planète. Je me prépare à faire la grève plusieurs jours, et je ne pense pas que cela sera une tâche facile, mais je n'ai pas peur : la seule solution pour changer le système, c'est le blocage total de l'économie et le pouvoir au peuple."

Peggy, 42 ans, professeure d’histoire-géographie, Corbeil-Essonnes (Essonne) : "J’ai enseigné 15 ans à des déficients intellectuels, sans aucune reconnaissance du travail"

Je fais grève parce que "je vais devoir travailler jusqu'à 64 ans. J'ai enseigné durant 15 ans à des élèves déficients intellectuels. Aucune pénibilité du travail n'est reconnue. Actuellement en zone proche de la ZEP, je n'ai pas plus de reconnaissance." 

"Ma retraite passera de 1 700 euros à 1 200 euros alors que je donne toute ma vie aux élèves. C'est franchement dingue."

Roman, 31 ans, aiguilleur du rail à la SNCF, Tergnier (Aisne) : "Défendre la SNCF que j’aime, pas celle que l’on veut me donner"

Je fais grève "pour défendre le régime de retraites, et le service public que je représente fièrement chaque jour en tant que cheminot. Défendre la SNCF que j’aime, pas celle que l’on veut nous donner. Défendre mon statut tout en faisant comprendre que je ne suis pas un privilégié, contrairement à ce que l'État veut montrer aux Français."

Lorelei, 34 ans, salarié d’un centre socioculturel, Périgord (Dordogne) : "Les dirigeants sont loin de nos réalités"

Je fais grève "parce que je trouve la réforme des retraites inacceptables. Les dirigeants vivent dans des sphères surprotégées, loin de nos réalités. Je vois tous les jours des personnes retraitées qui ont tout juste de quoi survivre. Nos aînés se sont battus pour des avancées sociales, et nous, nous en sommes réduits à essayer de préserver ce qu'ils ont gagnés. Les politiques et grands patrons nous parlent de privilèges, alors que ce sont eux les privilégiés. Ils méprisent ceux qui travaillent et leur permettent d'engranger du pognon. Je suis en colère !"

Jonathan, 24 ans, cheminot, Mulhouse (Haut-Rhin) : "Le 5 décembre sera le premier jour de grève de ma vie !"

Je fais grève "surtout à cause du gouvernement, son ignorance des mouvements sociaux et le ton hautain et dénigrant avec lequel le Président se moque des conditions de vie des travailleurs, en qualifiant par exemple de privilégiés les cheminots qui travaillent -pour certains- de nuit, sous la pluie, les week-ends, dans la crasse… C’est le ras-le-bol général d'un cheminot et d'un citoyen en même temps. Le 5 décembre sera le premier jour de grève de ma vie !"

Céline, 38 ans, enseignante en collège REP+, Villeneuve-d’Ascq (Nord) : "Je ne veux pas mourir sur scène devant mes élèves"

Je fais grève "parce qu’en cotisant 43 ans, je pars en retraite à 68 ans. J'ai pourtant commencé à travailler à 24 ans, juste les années nécessaires à mes études et à l'obtention du CAPES. Ma retraite sera amputée entre 500 et 900€ brut pour toute une vie à bosser." 

Serge, 56 ans, directeur d’école Réseau d’éducation prioritaire, Valence (Drôme) : "Quel monde pour nos petits-enfants ?”

Je fais grève "pour lutter contre la promotion de cette société que le gouvernement Macron finit de construire. Injustices et inégalités, abrutissement et violences, pauvretés et individualisme. Quel monde pour nos petits-enfants ?"

Yves, 34 ans, fonctionnaire de l’administration fiscale, Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) : "Cette réforme aura des conséquences sur l’ensemble des salariés"

Je fais grève parce que "le gouvernement ne peut pas passer en force sur une question aussi centrale. L’avoir mis au programme présidentiel ne suffit pas pour que ce soit légitime. Le projet de réforme aura pour conséquence de baisser les pensions de l'ensemble des salariés, du public comme du privé et si les plus riches pourront capitaliser, les autres vivront pauvres ou devront compter sur la solidarité familiale".  

Myriam, 26 ans, manipulatrice en radiologie, Lille (Nord) : "Aucune reconnaissance de la pénibilité du travail"

Je fais grève parce que "nous n’avons aucune reconnaissance de la pénibilité du travail. En tant que manipulatrices en électroradiologie, nous sommes toujours oubliées dans les réformes hospitalières.”

Fabien, 32 ans, enseignant, Grenoble (Isère) : "Du bureau à la tombe"

Je fais grève "pour défendre le droit à une retraite reconnaissante du travail effectué et nivelée équitablement, pas seulement par le bas. Il est inadmissible qu’un enseignant ayant travaillé 42 ans parte en retraite avec son salaire de débutant. La grève sera forcément dure, il le faut. Mon slogan de manif’ ? 'Du bureau à la tombe'."

Mathilde, 29 ans, travailleuse médico-sociale, Chirac (Lozère) : "Je me dois de prendre part à cette indignation collective"

Je fais grève "pour exprimer mon mécontentement quant aux politiques actuelles menées. Parce que s’il y a encore une chance, aussi infime soit-elle, qu’on puisse encore sauver notre avenir et notre existence sur cette terre meurtrie, alors je me dois de la saisir et de prendre part à cette indignation collective."

Émilie, conseillère dans une Mission Locale, Libourne (Gironde) : "Je ne suis pas dans la 'start-up nation', mais je fais de mon mieux pour aider des jeunes à s’inséreré

Je fais grève parce que "je travaille beaucoup, pour le bien de tous, mais mon travail n’est pas reconnu, non seulement au niveau du salaire (1 600 euros par mois), mais aussi parce qu’il n’est pas valorisé par la société. Je fais un travail social, je ne suis pas dans la 'start-up nation', mais je fais de mon mieux pour aider des jeunes à s’insérer… Je pense ne pas avoir la force de continuer à donner autant dans mon travail pendant encore plus de 20 ans, je n'ai que peu de perspectives d'évolution professionnelle."

"Arrêtez cette machine à broyer les individus, remettez de la justice sociale, du partage des richesses et permettez à tout un chacun de vivre une vie épanouie."

Pierre, 29 ans, travaille dans l’imprimerie à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) : "Je ne veux pas être une charge pour mes enfants"

Je fais grève parce que "la blague qu'on me fait toujours quand un collègue part en retraite, c'est 'de toute façon toi, tu la verras pas, ou alors avec que dalle'. Je ne conçois pas travailler toute ma vie pour devoir continuer quand je n'en aurai plus la force parce que ma pension sera ridicule, je ne veux pas être une charge pour mes enfants, et je veux que ceux-ci puissent aussi entrevoir un avenir qui soit fait d'autres choses que de compter ses petits sous en attendant la fin du mois."

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