Partenaires sociaux et ministère du Travail se retrouvent ce jeudi pour discuter de l’avenir de la réforme de l’assurance-chômage. Le gouvernement a reporté son application de trois mois supplémentaires à cause de la crise, le temps de discuter des paramètres "qui peuvent bouger", assure la ministre du Travail.

"Nous sommes prêts à bouger sur certains paramètres" affirme Elisabeth Borne,  "C'est ça le dialogue social"
"Nous sommes prêts à bouger sur certains paramètres" affirme Elisabeth Borne, "C'est ça le dialogue social" © AFP / Hans Lucas / Xosé Bouzas

"La réforme ne sera pas la même que la première", a déjà promis Elisabeth Borne, obligée de tenir compte du contexte et de la pression des syndicats qui arrivent à la table des discussions avec les derniers chiffrages de l’Unedic.

L’Unedic a calculé, nous vous le révélions la semaine dernière, que si la réforme restait en l’état, 840 000 personnes verraient leur indemnisation baisser en moyenne de 20%, et pour 400 000 personnes, ce serait même une baisse moyenne de 40%. Souvent celles qui cumulent des contrats courts.

Pour Régis, intérimaire depuis trois ans et sans aucune activité depuis le premier confinement, ce serait on ne peut plus injuste. "J'ai environ 200 jours de droits restants. L'échéance commence à être très, très serrée, surtout avec cette période de confinement. Avec la réforme, pour les personnes qui ont des phases d'emploi et de non-emploi, on risque de se retrouver avec des revenus qui vont être de 300 à 400 euros, voire moins. 

Ce serait particulièrement injuste. On est vraiment très mal considéré.

Le taux de chômage a bondi de 9% au troisième trimestre selon les derniers chiffres de l’Insee (628 000 nouveaux chômeurs sur la période). Et ça ne va pas s’améliorer tout de suite. Le gouvernement réfléchit donc à adapter la réforme, imaginée à une période où le chômage était en baisse et l’activité économique dynamique.

Parmi les points qui peuvent bouger, il y a sans doute le nombre de mois de travail nécessaire pour avoir droit au chômage : six avec la réforme, quatre avant. Avec les nouvelles règles, 470 000 personnes verraient l’ouverture de leurs droits retardée ou annulée. C’est un point de discussion. Le calcul du salaire journalier de référence aussi, qui sert à déterminer le montant de l’indemnité : avec la réforme, le calcul prendrait aussi en compte les jours non travaillés, ce qui ferait mécaniquement baisser l’allocation.

Quant au bonus-malus, pour les entreprises qui abusent des contrats courts, la période étant tellement bousculée, le gouvernement pourrait encore décaler sa mise en place.. 

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