"Les femmes seront les grandes gagnantes", a martelé mercredi Édouard Philippe en présentant le projet de réforme des retraites. Celui-ci prévoit notamment une majoration de 5% dès le premier enfant, avec des points supplémentaires pour les familles nombreuses.

Dans le futur système, une majoration de 5% est prévue pour chaque enfant, et ce dès le premier enfant. De quoi "compenser la maternité à 100%" a insisté le Premier ministre.
Dans le futur système, une majoration de 5% est prévue pour chaque enfant, et ce dès le premier enfant. De quoi "compenser la maternité à 100%" a insisté le Premier ministre. © AFP / Thomas Samson

C'est l'un des arguments brandis par l'exécutif pour défendre son projet de réforme des retraites : celui-ci sera plus juste pour les femmes, aujourd'hui pénalisées par des carrières hachées et plus courtes que celles des hommes. "Les femmes seront les grandes gagnantes", a ainsi promis Édouard Philippe depuis le Conseil économique, social et environnemental, où il présentait ce mercredi aux syndicats et au patronat les détails du futur système universel par points

5% dès le premier enfant

Dans le système actuel, chacun des parents a droit à une majoration (10%) de sa pension à partir du 3e enfant. La mère a également droit à 8 trimestres de cotisation par enfant. Dans le futur système, ces deux disposition disparaissent mais, comme le préconisait Jean-Paul Delevoye, une majoration de 5% est prévue pour chaque enfant, et ce dès le premier enfant. De quoi "compenser la maternité à 100%" a insisté le Premier ministre. 

"Cette majoration sera accordée à la mère, sauf choix contraire des parents", a-t-il-précisé. Un point qui a fait réagir les associations féministes. À l'image d'Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, qui souligne qu'il sera bien plus intéressant financièrement pour un couple que cette majoration profite à celui qui a le niveau de pension le plus élevé. Or la pension des femmes est inférieure de 39% à celle des hommes. 

"Pourquoi c'est grave ? Parce que les différences de revenus dans le couple peuvent créer une dépendance économique de l'un vis à vis de l'autre, et empêcher ces personnes (femmes le plus souvent) d'avoir les moyens de partir quand elles le souhaitent", écrit Anne-Cécile Mailfert.

Un écueil qui avait déjà été souligné par un collectif de femmes dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 28 novembre.

Un geste en direction des familles nombreuses

Alors qu'une étude de l'Institut de protection sociale soulignait que le système proposé par Jean-Paul Delevoye engendrait "une perte de droits exceptionnelle" pour les familles de trois enfants, l'exécutif a fait un geste afin de "donner confiance" et "faire reconnaître que notre pays a besoin des familles nombreuses", a déclaré Édouard Philippe. Au-delà des 5% par enfant, une revalorisation supplémentaire de 2% sera donc accordée aux parents de trois enfants et plus. 

À partir du 3e enfant, une mère de famille, si elle reste au foyer jusqu'aux six ans de l'enfant, conservera les bénéfices de l'assurance vieillesse, a détaillé le Premier ministre. 

Pensions de réversion

Quant au système de réversion, il sera généralisé et "amélioré", a promis Édouard Philippe, précisant que le conjoint survivant se verrait garantir "70% des ressources du couple" (contre 60% maximum dans le système actuel). À partir de quel âge? Le premier ministre ne l'a pas précisé. Dans 88% des cas, ce sont les femmes qui bénéficient d'une pension de réversion, à la mort de leur conjoint. 

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