Dans un document, intitulé "Des chiffres pour en débattre", les salariés de l'Institut national de la statistique veulent répondre aux arguments du gouvernement avec "des données économiques et démographiques incontestables", selon les termes d'Edouard Philippe.

Dans une note de 4 pages, le comité de mobilisation de la direction générale de l'INSEE analyse la réforme des retraites
Dans une note de 4 pages, le comité de mobilisation de la direction générale de l'INSEE analyse la réforme des retraites © AFP / Julien Mattia / ANADOLU AGENCY

Près de 25 % des salariés de l'INSEE étaient en grève le 5 décembre, selon la CGT (18 % selon la direction). Une mobilisation inédite dans le temple de la statistique. Plusieurs agents (avec le soutien de la CGT, Sud et FO) ont manifesté cette semaine lors de la présentation de la Note de conjoncture semestrielle de l'INSEE.  Selon eux, le gouvernement passe sous silence certaines données importantes dans le débat. 

Au centre de leurs inquiétudes, cette "règle d'or" qui s'imposera à l'enveloppe annuelle des pensions. Un plafond à ne pas dépasser : pas plus de 14 % de la richesse produite en France.

Dans un document intitulé "des chiffres pour en débattre" (disponible en PDF), les salariés de l'Institut de la statistique veulent répondre aux arguments du gouvernement "en donnant des données économiques et démographiques incontestables" pour reprendre les termes d'Edouard Philippe mercredi 11 décembre. 

Un plafond pas adapté à la démographie ?

Chiffres à l'appui, les salariés de l'institut national de la statistique pointent le risque de fixer une règle d'or. Chaque année, on ne pourra donc pas dépenser, pour financer les pensions, plus de 14% du PIB, c'est à peu près le niveau actuel. Le gâteau des retraites ne bougera plus, mais le nombre de parts, lui, va continuer d'augmenter car les retraités seront plus nombreux. 

Le gouvernement compte sur la croissance du PIB chaque année pour compenser. Pour Guy Viollin, élu CGT à l'Insee, c'est illusoire : "Ces ressources limitées à 14% du PIB, c'est un gâteau dont les dimensions peuvent paraître "confortables" aujourd'hui, car on a un système qui le soutient. Sauf qu'en 2040 on vise 26% de retraités contre 20% aujourd'hui. C'est quand même une forte évolution. On ne peut pas planifier l'avenir en se basant sur la boule de cristal (de la croissance NDLR). C'est très dangereux de limiter les ressources des retraites à 14% sans mécanisme pour corriger ce plafond." 

Adapter le gâteau des retraites à la démographie, on le fait depuis les années 60, rappellent les agents de l'INSEE... L'empêcher entraînera mécaniquement un décrochage du niveau des pensions. 

Aujourd'hui le niveau de vie des retraités français est comparable à celui des actifs, un cas assez unique en Europe.

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