L'âge d'équilibre, âge-pivot, pourrait entrer en vigueur dès 2022. Les salariés nés à partir de 1960 sont concernés. Ceux nés à partir de 1965 devront travailler jusqu'à 64 ans pour bénéficier du taux plein. Explications.

L'âge d'équilibre va s'ajouter à la retraite à points.
L'âge d'équilibre va s'ajouter à la retraite à points. © AFP / Hans Lucas / Karoll Petit

- Pourquoi un "âge d'équilibre" ? 

Pour le gouvernement, il faut que le système universel soit équilibré financièrement. Et il s'appuie sur le dernier rapport du conseil d'orientation des retraites (COR), qui anticipe un déficit entre 8 et 17 milliards d'euros à l'horizon 2025 pour imposer des mesures d'économies. Des syndicats et chercheurs dénoncent cette lecture des chiffres, en précisant que ce déficit n’est pas lié à l’évolution des dépenses de retraite, dont la part dans le PIB reste constante, mais à une diminution des ressources. 

- Qu'est-ce que "l'âge d'équilibre" ?

C'est l'âge auquel vous pourrez partir en retraite à taux plein. Si vous partez avant, vous aurez un malus sur votre pension, pour tout le reste de votre retraite. Vous aurez un bonus si vous travaillez plus longtemps. Cet âge d'équilibre devrait être créé dès 2022. Il sera fixé à 62 ans et 4 mois la première année et il augmentera ensuite de quatre mois tous les ans, pour arriver à 64 ans en 2027. Les partenaires sociaux peuvent proposer une autre solution, mais le calendrier est très serré. Pour les syndicats, cela revient à négocier le couteau sous la gorge.

L’âge d’équilibre peut continuer à reculer tant que la durée de vie s’allonge.

- Qui est concerné ?

L'âge pivot serait donc créé dès 2022. Il concerne donc tous ceux sont nés à partir de 1960. Celui qui a 62 ans et tous ses trimestres à cette date, devra donc faire une rallonge de 4 mois s'il ne veut pas subir une décote tout au long de se retraite. Une question se pose pour ceux qui souhaiteraient partir dès leurs 62 ans sans avoir cotisé le nombre suffisant de trimestres. Subiront-ils une double décote, pour les trimestres manquants et pour le malus ?  Le système pénalise ainsi ceux qui ont commencé à travaille tôt

À l’inverse, les cadres et les femmes sont avantagés parce qu'aujourd'hui, ils attendent plus longtemps pour avoir tous leurs trimestres. Soit parce qu'ils ont commencé à travailler tard, soit à cause de carrières hachées. Plus besoin de patienter jusqu'à 67 ans pour bénéficier du taux plein. Cela concerne 120 000 personnes chaque année, dont 80 000 femmes.

- Un "bonus-malus" de combien ? 

"C’est dans les discussions", a répondu la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, jeudi matin sur France Inter. Le rapport Delevoye, en juillet dernier, fait une proposition de 5% de décote pour chaque année avant l'âge d'équilibre. Si un assuré, dont l'âge du taux plein est fixé à 64 ans, décide de partir à 63 ans, sa pension sera diminuée de 5% pour toute la durée de la retraite. Ce sera une réduction de 10% s'il part à 62 ans. Et c'est le même principe pour le bonus. 

Il faut savoir qu'en 2018, l'âge moyen de départ à la retraite au régime général était de 62 ans et 7 mois selon les chiffres de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) et de 63 ans et quatre mois, si l'on exclut les dispositifs de départs anticipés. "La législation actuelle prévoyait l'augmentation de l'âge moyen de départ à 64 ans en 2037", rappelle le chercheur Antoine Bozio dans le journal Le Monde. 

- Y a-t-il des dérogations ?

Oui, pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et ceux qui ont un métier usant. Ils pourront partir deux ans plus tôt. Le Premier ministre a ajouté que le futur système "tiendra également compte de ceux qui, notamment pour des situations de handicap, ne peuvent plus travailler comme les autres"

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