C'est la grande nouveauté de la rentrée : le bac nouvelle formule se met en place pour les classes de Première. Les séries sont remplacées des enseignements de spécialités, parfois mutualisés entre des lycées géographiquement proches. Mais les élèves se heurtent parfois à des emplois du temps incompatibles.

Les élèves du lycée Victor Hugo suivent certains enseignements de spécialité au lycée voisin, le lycée Simone Weil
Les élèves du lycée Victor Hugo suivent certains enseignements de spécialité au lycée voisin, le lycée Simone Weil © Radio France / Sonia Princet

Des emplois du temps à ajuster, des manuels scolaires qui ne sont pas tous arrivés... Une semaine après la rentrée, la réforme du lycée se met doucement en place. Non sans quelques accrocs pour les établissements qui ont choisi de mutualiser les enseignements de spécialité pour les classes de Première. 

Sur le papier, l'idée est bonne : cela permet de proposer un nombre plus important de spécialités aux élèves lorsque les lycées sont proches. Dans le 3ème arrondissement de Paris, les lycées Victor-Hugo et Simone-Weil ont par exemple mutualisé leurs enseignements pour deux spécialités : "numérique et sciences Informatiques" (NSI) au lycée Simone-Weil, et "humanités, littérature et philosophie" au lycée Victor-Hugo. Les élèves se déplacent donc entre les deux établissements.

"Ça me fait bouger un peu, parce qu'au lycée, on est assis tout le temps"

Le premier jour, les lycéens, qui ont choisi la spécialité NSI, se sont regroupés dans le hall de Victor Hugo. Parmi eux, Nino est très positif : "C'est bien, ça me fait bouger", dit-il. "Ça me fait sortir un peu, parce qu'au lycée, on est est enfermés, assis tout le temps, donc si on peut sortir un peu pour aller dans un autre lycée, ce n'est pas grave. Pour les petits lycées comme le nôtre, on peut avoir plus de spécialités. Après, il y a des grands lycées qui ont déjà beaucoup de spécialités, mais c'est bien pour ce lycée-là."

Au lycée Simone Weil, les élèves de Victor Hugo sont attendus… certains sont en retard car les cours se chevauchent
Au lycée Simone Weil, les élèves de Victor Hugo sont attendus… certains sont en retard car les cours se chevauchent © Radio France / Sonia Princet

Mais au moment de partir, il manque des élèves à l'appel. Un petit groupe se met quand même en route. Le cours de NSI commence dix minutes plus tard au lycée Simone-Weil, à 500 mètres de là. Les élèves s'y rendent à pied, un GPS à la main. "C'est assez rapide, on est à côté, donc ça prend cinq minutes, ça va, ça ne me dérange pas", confie Elsa à son arrivée. 

Sur les marches qui mènent au lycée Simone-Weil, le proviseur Christian Quesque attend depuis quelques minutes et lance un chaleureux "Bienvenue aux élèves de Victor Hugo !", avant de préciser aussitôt : "Il faudra essayer de partir un peu plus tôt, parce qu'on vous attendait, le cours commence à 10 normalement, mais on va s'ajuster, c'est le premier jour..."

Le proviseur leur présente leur professeur, qui les conduit dans la classe où attendent les élèves du lycée Simone-Weil. Pour cet enseignant de mathématiques, la mutualisation est une bonne chose. "Ça m'a permis de démarrer l'enseignement de l'informatique, puisque dans notre lycée, si nous n'avions pas mutualisé, nous n'aurions pas eu le vivier d'élèves nécessaire et la spécialité n'aurait pas été ouverte", déclare Bertrand Chasles.

"Je comprends que ça pose des difficultés à la direction. En donnant l'embarras du choix aux élèves, on a fait le choix de l'embarras !"

Les élèves découvrent cette nouvelle spécialité « Numérique et sciences informatiques » et répondent à un questionnaire à l’aide de QR codes
Les élèves découvrent cette nouvelle spécialité « Numérique et sciences informatiques » et répondent à un questionnaire à l’aide de QR codes © Radio France / Sonia Princet

Incompatibilités d'emplois du temps

Effectivement, le professeur sera dérangé à plusieurs reprises. Un premier retardataire, quatre retardataires une demi-heure plus tard… Les horaires entre les deux lycées ne coïncident pas. Verney explique : "J'avais cours de 12h20 à 13h20, donc on est arrivé là, en retard. ça se chevauche un peu les cours. Parce que si j'ai cours jusqu'à 13h20 et qu'ici je commence à 13h10... ça ne va pas. C'est pour ça que je trouve qu'il y a un inconvénient à mutualiser les lycées si les horaires ne conviennent pas. Il faut vraiment que les lycées discutent entre eux avant."

Sa camarade Céleste évoque une autre difficulté :

"J'ai deux spécialités en même temps. Il faut que je choisisse entre philosophie et informatique. Sinon peut-être que je vais devoir changer d'établissement."

Les élèves espèrent que tout rentrera dans l'ordre dans les prochains jours. D'ici là, les proviseurs vont devoir retravailler les emplois du temps.

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