La droite avait réclamé l'interdiction de ses listes aux dernières élections municipales. Cette année, sous la bannière "Agir pour ne plus subir", le parti est en lice dans quatre régions : Ile-de-France, Grand Est, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes. Il présente aussi huit binômes aux élections départementales.

Des candidats de l'union des démocrates français sont en lice dans quatre région
Des candidats de l'union des démocrates français sont en lice dans quatre région © AFP / Norbert Grisay / Hans Lucas

Le communautarisme ? Cela existe, oui... Chez les autres ! "La droite elle-même, monsieur Wauquiez ici en Auvergne-Rhône-Alpes, est soutenu officiellement par le Parti chrétien-démocrate, même s'il a changé de nom", accuse Farid Omeir, tête de liste dans la région, en référence au parti fondé par Christine Boutin, désormais appelé 'VIA, la voie du peuple'. "C'est surtout quand ils entendent les mots islam et musulmans qu'ils y accolent presque automatiquement le mot communautarisme."

L'islam, les musulmans qui serviraient de bouc émissaire pour détourner les Français des vrais sujets. "Crise sanitaire et économique, accroissement de la dette publique, explosion du chômage et des inégalités, délocalisation, exil fiscal, précarité, logement, insécurité.... Voici au bas mot les problèmes de fond qui nous touchent tous, et qui devraient être les premières préoccupations de nos dirigeants. Cependant, le musulman reste l'unique sujet, tant économique que sociétal, de la classe politique française", peut-on lire sur le site internet de l'Union des démocrates musulmans français. 

"On me renvoie à mon "islamité""

C'est contre cette "stigmatisation" que le parti, fondé en 2012 et qui se présente comme "laïc", "républicain" et ancré "à gauche" affirme lutter. "On est pointés du doigts par les représentants politiques, par les institutions depuis des années, en tant que musulmans", estime Adil Tyane, tête de liste dans le Grand Est. "Quand j'allume ma télévision, force est de constater qu'on me renvoie à mon 'islamité' en permanence."

Aux élections municipales de 2020, les préfets avaient classé les listes de l'UDMF comme "communautaires"​. Xavier Bertrand avait demandé leur interdiction. Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, avait déposé une proposition de loi en ce sens. Mais Emmanuel Macron avait tranché le débat au congrès des maires de France. "Comment définirait-on les listes communautaires, qui en serait le juge, selon quels critères ? Il ne s'agit pas de proclamer l'interdiction pour régler le problème", avait jugé le chef de l'Etat.

L'Union des démocrates musulmans, qui revendique 1 300 adhérents, n'a de toute façon quasiment aucune chance de se qualifier pour le second tour. Aux dernières régionales, en 2015, son seul représentant avait plafonné à 0,4% des voix en Ile-de-France.