C'était une demande forte des étudiantes et étudiants : consacrer une partie du budget participatif de leur université à l'installation de distributeurs de protections menstruelles. Des distributeurs inventés par une entrepreneuse bretonne viennent tout juste d'être installés à Rennes-2.

Les kits "Changeons les règles" ont vite été distribués à la fac de Rennes 2
Les kits "Changeons les règles" ont vite été distribués à la fac de Rennes 2 © Radio France / Gaële le Noane

La précarité menstruelle, c'est ne pas pouvoir gérer dignement ses règles chaque mois. Une difficulté que connaissent notamment de nombreuses étudiantes au budget très serré. Au printemps dernier, amenés à sélectionner des projets dans le cadre du budget participatif de leur fac, de nombreux étudiants ont choisi d'équiper le campus de distributeurs gratuits. 

Le tout premier distributeur de protections menstruelles vient donc d'être installé à Rennes-2. En une demi-heure, il a fallu le remplir de nouveau de serviettes. 

Des serviettes et tampons 100 % bio et dégradables

Un succès qui n'étonne pas sa conceptrice, Gaële Le Noane, fondatrice de Marguerite & Cie. Elle a lancé sa société il y a un peu plus d'un an, commercialisant des kits mensuels et désormais des distributeurs gratuits de serviettes et tampons 100% bio et dégradables. Le distributeur et ses recharges vont coûter 9 000 euros pour l'année à l'université. Une vingtaine seront installés, le Crous de Bretagne en a commandé 36 de son côté. Plusieurs étudiants et élus étudiants ont d'ailleurs salué cette initiative sur les réseaux sociaux. 

En parallèle, l'université de Rennes-2 a organisé une distribution gratuite de tampons et serviettes bio. "Il y avait la file avant l'ouverture du stand", raconte Gaële Le Noane. "Dès le premier jour, on avait distribué 5 000 des 9 000 protections prévues pour la semaine", poursuit-elle. Pour cette ancienne orthophoniste, militante du soin des femmes notamment à l'ADSF-Agir pour la Santé des femmes, ce succès est bien la preuve qu'il y a une réelle précarité menstruelle qui n'est pas assez prise en compte dans notre société.

Des règles encore taboues

Elle-même a pu constater que le sujet était encore tabou. Aujourd’hui encore, Gaële le Noane a du mal à trouver des investisseurs, toujours sceptiques de prime abord, pour développer ses distributeurs. Le marché existe pourtant : elle a été contactée par des lycées, collèges, universités d'autres régions de France mais aussi des hôtels intéressés par son mini-kit à déposer dans les chambres.

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