Un total de 511 nouveaux romans sont attendus en librairie de la mi-août à octobre pour la rentrée littéraire d'automne, selon le décompte du magazine professionnel Livres Hebdo, soit presque autant que l'an dernier. Les éditeurs avaient pourtant annoncé qu'ils réduiraient la voilure en raison de la crise sanitaire.

Les éditeurs publieront 511 nouveaux romans pour la rentrée littéraire 2020
Les éditeurs publieront 511 nouveaux romans pour la rentrée littéraire 2020 © Getty / .

Un total de 511 nouveaux romans, c'est seulement 13 titres de moins par rapport à la rentrée littéraire de 2019. Les éditeurs ont averti il y a quelques semaines qu'ils mettraient moins de titres sur le marché, pour éviter une surproduction, mais il n'en est rien. 

Pendant la crise du Covid, des fonds de soutien à destination des librairies indépendantes et des maisons d'édition, en difficulté avec la crise sanitaire, ont été annoncés, en complément de premières mesures pour soutenir la filière livre.

Les maisons d'édition réalisant un chiffre d'affaires entre 100.000 et 10 millions d'euros ont été destinataires d'un fonds de 5 millions d'euros. Pus de 230 millions d'euros ont été mobilisés par l'État en faveur du livre depuis le début de la crise sanitaire. Pour l'heure, les députés ont voté jeudi 2 juillet des ouvertures de crédits de 50 millions d'euros pour la «mission Culture», tous secteurs confondus. 

Un collectif de plus de 600 éditeurs, auteurs et libraires avait appelé fin mai, dans une tribune adressée au chef de l'État, à "sauver" la filière du livre car la fermeture complète des librairies avait entraîné une perte de chiffre d'affaires de plus de 80% pour les maisons d'édition, selon les signataires.

C'est donc dans ce contexte que les éditeurs publieront autant de livres à la rentrée et même plus d'auteurs français que l'an dernier

On se demande ce qu’il est advenu des déclarations faites au plus fort de la crise sanitaire. On allait publier moins de livres, il fallait ménager les libraires, tenir compte du piètre état de la presse littéraire et prendre plus de temps pour défendre les nouvelles parutions.

L’offre culturelle sera concentrée sur les livres, et moins sur le théâtre et le cinéma

Les belles promesses ont fait pschiiittt. "J’ai failli tomber de ma chaise, confie un éditeur qui a fait l’effort de réduire sa rentrée. Naïvement, j’ai cru aux déclarations de principe de mes chers confrères et consœurs !".

Chez Christian Bourgois,  trois romans seront proposés au public au lieu des cinq initialement prévus. Le nouveau directeur, Clément Ribes, souligne la difficulté de l’exercice : "Une programmation de rentrée littéraire se construit un an et demi ou deux ans à l’avance, particulièrement en littérature étrangère. Le moindre déplacement de titre provoque une réaction en chaîne qui déplace les titres jusqu’à, en l’occurrence, 2022. La question qui s’est posée à nous, c’est comment organiser les choses pour que les programmations de 2021 et 2022 ne soient pas trop étouffantes pour les libraires". Bourgois propose une rentrée équilibrée : un premier roman français, un roman d’un écrivain déjà aguerri et le roman d’une autrice maroco-américaine, Laila Lalami, qui arrive auréolée de sa nomination au National Book Award.

Les éditions Stock, en revanche, n’ont sacrifié aucun des titres de leur rentrée. Le PDG de Stock, Manuel Carcassonne, fait le pari que l’offre culturelle sera concentrée sur les livres, et moins sur le théâtre et le cinéma.

Au final, le volume global sera donc équivalent par rapport à l'an dernier, en revanche, c'est le nombre de premiers romans et de découvertes potentielles qui est en chute libre : il passe de 82 l'an dernier à 65 cette année. Avec 145 titres, contre 188 l'an passé, la production de littérature étrangère continue, elle aussi, de diminuer.

Parmi les livres attendus, il y aura évidemment le nouveau roman d'Amélie Nothomb ("Les aérostats", Albin Michel), finaliste malheureuse du Goncourt l'an dernier mais aussi un nouveau roman de Yasmina Khadra ("Le sel de tous les oublis", Julliard) ainsi que Lola Lafon ("Chavirer", Actes Sud), Négar Djavadi ("Arènes", Liana Lévi), Serge Joncour ("Nature Humaine", Flammarion), Véronique Olmi ("Les évasions particulières", Albin Michel), Éric Reinhardt ("Comédies françaises", Gallimard) ou encore Simon Liberati ("Les démons", Stock).  Sont également annoncés les nouveaux romans d'Emmanuel Carrère ("Yoga", P.O.L), de Sarah Chiche ("Saturne", Seuil) et François Bégaudeau ("Un enlèvement", Verticales).

En littérature étrangère sont notamment au programme Salman Rushdie ("Quichotte", Actes Sud), Erri de Luca ("Montedidio", Gallimard), Colson Whitehead ("Nickel Boys", Albin Michel) et Ken Follett ("Le crépuscule et l'aube", Robert Laffont).

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