À partir de mardi, 12 352 200 élèves font leur rentrée dans les écoles, collèges et lycées. Une rentrée très inhabituelle dans un contexte d'épidémie, insuffisamment préparée aux yeux des syndicats.

Pendant le confinement, les élèves ont suivi des cours à distance, mais ils s'apprêtent à retrouver leurs établissements pour une rentrée particulière.
Pendant le confinement, les élèves ont suivi des cours à distance, mais ils s'apprêtent à retrouver leurs établissements pour une rentrée particulière. © AFP / Martin Bureau

La rentrée s'annonce difficile en particulier dans l'enseignement secondaire. En période de Covid, les lycées, où plus de 800 élèves se croisent chaque jour en moyenne, sont particulièrement à risque. 

La réforme du bac continue à s'appliquer cette année et concerne désormais tous les élèves, jusqu'à la terminale. Une réforme qui a bouleversé l'organisation des classes, avec les enseignements de spécialité. En période de Covid, où il faudrait éviter le brassage des élèves, les élèves sont parfois dans leur classe pour les enseignements généraux et avec d'autres groupes pour les enseignements de spécialités ou les langues

Un brassage des élèves qui aurait pu être évité, selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat Snes : "On aurait pu imaginer, en fin d'année dernière, peut-être de limiter les choix des élèves pour qu'ils n'aient pas autant de combinaisons possibles. Ça aurait pu être une mesure transitoire pour raison sanitaire, avant de rediscuter de la réforme du lycée". "On avait alerté, regrette la responsable syndicale, on avait demandé à en discuter. Le ministère, une fois encore, a fermé la porte là-dessus."

Un redémarrage difficile

Autre difficulté, le redémarrage, comme le pointe Claire Krepper du syndicat des enseignants de l'Unsa. Pour les lycéens, "dont très peu sont revenus après le confinement" et qui auront donc besoin d'une "remise en route". Pour les enseignants, "confrontés à de nouveaux programmes ou de nouveaux enseignements", auxquels s'ajoutent "des contraintes sanitaires difficiles à gérer"

Les difficultés s'accumulent avec "des modifications incessantes sur des épreuves. Par exemple, l'épreuve anticipée de français est modifiée. On nous annonce une épreuve orale en Première pour l'enseignement de spécialité de langue, alors que les collègues avaient travaillé sur une épreuve écrite..." Autant de changements qui obligent les enseignants à "revoir la façon dont ils travaillent avec leur classe", sans en avoir forcément eu le temps.

Sur les réseaux sociaux, certains enseignants dénoncent cette impréparation, comme cette professeure de Lettres, lassée à l'idée de s'engager dans cette rentrée si particulière. "Je n'ai rien préparé, pour la première fois en 22 ans", commente un autre enseignant.

Il s'indigne notamment de la publication tardive des consignes sanitaires par le ministère de l'Éducation. Élèves et professeurs risquent d'être chamboulés, alors que cette année sera déterminante puisque le nouveau bac entrera en vigueur.

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