Les restaurants parisiens pourront-ils ouvrir l’été prochain pour recevoir les touristes découvrant Paris et l’Île de France ? Depuis l’annonce, jeudi dernier, du reconfinement de la région parisienne pour au minimum quatre semaine, la réponse n’est plus du tout évidente.

Pour les restaurateurs, une ouverture le 1er aout ne permettrait pas de sauver la saison
Pour les restaurateurs, une ouverture le 1er aout ne permettrait pas de sauver la saison © Radio France / Philippe Lefebvre

Pourtant, au début de la semaine dernière, l’affaire semblait bien engagée : plusieurs membres du gouvernement avaient même présenté aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration un plan de redémarrage en trois phases permettant, tout d’abord, d’ouvrir les restaurants des hôtels, puis d’ouvrir les autres restaurants à 50% de leur capacité, et leurs terrasses sans limitation du nombre de convives. Et enfin dans la phase trois, l’ouverture de tous les établissements sans limitation du nombre de clients. Mieux, les professionnels du secteur avaient même fait savoir qu’ils étaient favorables à des sanctions contre les établissements qui ne respecteraient pas le protocole sanitaire accompagnant cette réouverture.

Mais, entre-temps, Jean Castex a annoncé le reconfinement de l’Île de France pour quatre semaines, et cela bouleverse le calendrier espéré par les restaurateurs : quand on ajoute le confinement, plus les quatre semaines entre chaque phase du plan de réouverture, on arrive à 11 semaines ...et donc une ouverture le 1er aout. Autant dire que pour les établissements parisiens la saison serait pratiquement perdue.

Une réouverture bien plus tardive que prévu 

Plus grave reconnait, Alexandra Dublanche, vice-présidente du conseil régional d’Île de France, la fermeture des restaurants et le faible niveau de vaccination de la population francilienne pourraient avoir un effet dévastateur en terme d’image pour la première destination touristique mondiale : "S’il y a d’autres pays voisins qui vaccinent beaucoup plus vite, beaucoup plus fort, je pense que les touristes seront beaucoup plus attirés par ces pays-là."

De son côté, Franck Delvau, président de l’UMIH Île de France, le principal syndicat du secteur, est catégorique : "On ne pourra pas attendre le 1er aout pour ouvrir nos établissements et ce qui est grave pour nous, c’est de ne pas avoir de visibilité, car quand on ne sait pas où on va, on est désespéré." Et ce restaurateur parisien reconnait qu’il espère que les restaurants de la capitale pourront ouvrir début juin avec, comme l’année dernière, la possibilité d’ouvrir des terrasses éphémères sur les trottoirs ou sur les habituelles places de stationnement. 

Les restaurants pourront-ils continuer de bénéficier de terrasses provisoires ?

Mais, là encore, l’affaire est loin d’être réglée car si, en pleine campagne du second tour des élections municipales à Paris, les restaurateurs avaient obtenu d‘Anne Hidalgo le droit de construire des terrasses devant leurs établissements, rien ne permet de dire pour l’heure que ces autorisations seront reconduite au-delà du mois de juin prochain, d’autant que la mairie de Paris doit faire face à de nombreuses plaintes de riverains. De plus cette autorisation ne réglerait qu’une partie du problème car, à l’UMIH, on fait remarquer que 6 000 établissements, sur les 18 000 que compte la capitale, n’ont pas les moyens techniques ou ne disposent pas d’un espace suffisant pour installer une terrasse éphémère.

C’est donc une période très délicate qui commence à la fois pour la survie de la restauration mais aussi et surtout pour l’avenir économique de l’ensemble des entreprises qui vivent du tourisme dans la capitale : un tourisme qui, en 2019, avait généré 21,9 milliards d’euros de recettes et dont le chiffre d’affaire avait chuté de 67% l’année dernière. Nombre de professionnels du secteur confirment qu’ils n’ont plus les moyens financier de connaitre une nouvelle débâcle l’été prochain.