Le ministre de l'Education nationale reçoit à partir ce lundi 13 janvier toutes les organisations syndicales les unes après les autres. Il sera question de la revalorisation des salaires des enseignants.

Les syndicats d'enseignants seront reçus à partir du lundi 13 janvier 2019
Les syndicats d'enseignants seront reçus à partir du lundi 13 janvier 2019 © AFP / Xose Bouzas / Hans Lucas

Cet accompagnement est dû au fait qu'ils seront pénalisés par le mode de calcul du nouveau système de retraites, qui portera sur toute la carrière, et non plus sur les six derniers mois. Le gouvernement s'est donc engagé à augmenter les salaires pour maintenir leur niveau de pension. Mais il n'a pas fait mystère d'une volonté d'imposer des contreparties, ce qui inquiète les syndicats. 

Lors de ses déclarations sur la nécessaire revalorisation des salaires des enseignants dans le cadre de la réforme des retraites, le président Emmanuel Macron a fait référence à une "transformation des carrières... dans toutes ses composantes". "Il faudra revoir cette profession en profondeur et la revaloriser", disait-il en avril dernier. Le ministre Jean-Michel Blanquer ne cache pas non plus son souhait de faire évoluer le métier.

Allonger le temps de travail en diminuant les vacances des professeurs ? Leur confier de nouvelles missions ? Pour l'instant, rien n'est précisé.

"Un chantage inacceptable"

Au cabinet du ministre de l'Éducation nationale, on parle de nouvelles "modalités" et non de "contreparties". Mais les syndicats ne s'y trompent pas. Le ministre a déjà évoqué sa vision de "l'enseignant du XXIème siècle". 

Selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat d'enseignants Snes-FSU, "les contreparties, ce sont de nouvelles missions, un alourdissement du temps de travail, une annualisation du temps de travail, une réforme du statut des enseignants". Elle ajoute : 

"Tout cela, c'est une forme de marchandage. Le ministre nous dit 'acceptez la réforme' mais avec des contreparties et qui vont alourdir votre temps de travail, donc c'est un chantage qui est inacceptable"

"Pour nous, il doit y avoir une revalorisation salariale, qui est déconnectée de la réforme des retraites, et qui ne peut pas être associée à des formes de contreparties".

Une charge de travail de plus en plus lourde

Le refus est tout aussi catégorique du côté des syndicats réformistes. Pour eux, il n'est pas question de toucher par exemple au temps de travail, selon Stéphane Crochet, secrétaire générale du SE-Unsa : "Les vacances des élèves, c'est aussi une partie de temps de travail pour les enseignants, du temps de travail passé à préparer, corriger, prévoir. Il reste du temps de congés qui doit être préservé. Le métier est devenu dur, donc on ne peut pas sans cesse rogner, réduire, comprimer, compresser".

Le débat est d'autant plus sensible qu'il intervient après le suicide de Christine Renon, directrice d'école à Pantin, qui avait dénoncé une charge de travail de plus en plus lourde. Son geste a suscité une immense vague d'émotion parmi les professeurs qui se sont reconnus dans la description d'un quotidien de plus en plus difficile.

Les discussions sur la revalorisation des salaires vont s'engager cette semaine et sont prévues pour durer six mois.

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