La période actuelle a de quoi redonner quelques arguments aux défenseurs d’un revenu de base, pour tous, ou d’un revenu minimum inconditionnel. Le gouvernement, lui, planche depuis plus d’un an sur une fusion des minima sociaux au sein d’un Revenu Universel d'Activité.

La crise du coronavirus permettra-t-elle la création d'un revenu de base pour tous ?
La crise du coronavirus permettra-t-elle la création d'un revenu de base pour tous ? © Getty / Picture alliance

"On pouvait difficilement imaginer qu'un virus puisse soudainement amener à se réinterroger profondément sur notre modèle de protection sociale, mais c'est pourtant ce cas", lâche Nicole Teke, membre du Mouvement Français pour un Revenu de Base. "Un peu partout dans les monde, les projets de revenus universels ou de revenus de base ont le vent en poupe et reviennent dans le débat public", se félicite cette militante, "même si les versions imaginées ici et là sont très différentes."

Filet de sécurité pour tous et nouveau rapport au travail

Imaginez un revenu de 800 euros, 1 000 ou 1 200 euros, pour tous, dont les contours et le financement auraient été préalablement débattus démocratiquement. Le séisme économique et social que nous traversons serait alors bien moins douloureux, expliquent les défenseurs du revenu de base, qui reçoivent depuis plusieurs semaines de nombreux soutiens. 

La crise que nous traversons met en évidence les imperfections de notre système de protection sociale. Il reste des trous. Des gens perdent des revenus et se retrouvent dans une insécurité financière parfois importante.

Cette pandémie a aussi remis sur le devant de la scène la question des métiers essentiels, ceux qui sont le plus à risque car en première ligne. Un revenu pour tous aurait pour avantage de réinterroger notre rapport au travail et de repenser la valorisation des métiers, selon le MFRB. 

Un revenu de base permettrait en somme de commencer à inventer une société différente. Ce que nous vivons actuellement nous pousse vers cela.

Le projet du gouvernement à nouveau questionné

Quant au projet de RUA, Revenu Universel d'Activité, fusion de plusieurs minima sociaux, sur lequel le gouvernement planche depuis plus un an, il semble aujourd'hui un peu décalé pour Jérôme Voiturier, secrétaire général de l'UNIOPPS, la Fédération des organismes sociaux, membre du collectif Alerte. "On voit bien aujourd'hui que l'activité ne peut pas être l'alpha et l'oméga de la réflexion. On le disait déjà lorsque le projet a été lancé. C'est aujourd'hui encore plus évident !" explique-t-il.

Décalé et financièrement en deçà des enjeux, continue Jérôme Voiturier. La question de la revalorisation des montants doit être centrale. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans les discussions, martèle cette figure associative. 

À plus court terme, ce collectif d’associations d’aide aux plus démunis demande d'ailleurs des mesures d'urgence, notamment une prime pour les ménages précaires confrontées à une explosion des frais alimentaires, les cantines étant fermées. Demande reçue et actuellement à l’étude, répond le gouvernement.

"Si l'élaboration des contours du futur RUA a pour le moment été suspendue comme les autres réformes en cours, la crise actuelle démontre au contraire la pertinence et l'urgence de ce projet", explique-t-on encore de source gouvernementale. 

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