L'année scolaire se termine mais les professeurs ont déjà les yeux tournés vers la prochaine rentrée. Il sera impossible de reprendre les cours comme si rien ne s'était passé. Les élèves auront besoin de remises à niveau. C'est pourquoi des appels demandent un aménagement du contenu des programmes à la rentrée.

Les élèves de collège ont repris les cours la semaine dernière
Les élèves de collège ont repris les cours la semaine dernière © AFP / Thomas SAMSON

Au début du confinement, le ministère avait donné pour consigne de ne pas aborder de nouvelles notions et d'approfondir simplement ce que les élèves avaient déjà vu au premier et deuxième trimestre. Mais l'enseignement à distance s'est prolongé et la fin des programmes a parfois été survolée. 

D'où la nécessité d'aménager le contenu des cours à la rentrée. C'est que demandent le syndicat d'enseignant Snes et la fédération de parents d'élèves FCPE. Au lycée Gabriel Fauré, à Paris, leurs représentants locaux ont envoyé un courrier au ministère de l'Education nationale et au Conseil Supérieur des Programmes. 

"Acquérir les notions indispensables"

Pour Daniel Cassiaux, professeur d'histoire-géographie dans cet établissement, il faut absolument reprendre les notions abordées en fin d'année, quitte à alléger la suite du programme pour que les élèves repartent tous sur les mêmes bases. "Les élus du conseil d'administration, qu'ils soient professeurs ou représentants des professeurs, explique-t-il, sont partis du constat qu'il y avait des conditions assez différentes pour les élèves dans la continuité pédagogique, en termes de matériel, en termes de temps, de disponibilité, etc. Or il y a des questions de cohérence, par exemple entre la classe de Seconde et la classe de Première, entre la classe de Première et la classe de Terminale. Les dernières semaines de l'année scolaire cette année n'ont pas permis forcément à tous les élèves d'acquérir les notions indispensables." 

L'enseignant donne quelques cas concrets dans sa discipline : "Par exemple, en histoire, nous devons terminer la Seconde par une approche des remises en cause de l'absolutisme en Angleterre au XVIIème siècle et de la guerre d'indépendance aux Etats-Unis, qui sont des notions indispensables en début de Première lorsqu'on doit aborder l'étude de la Révolution française. Donc un aménagement des programmes signifierait d'alléger ou de remanier le début de l'année de Première, pour permettre à des élèves qui arrivent de Seconde de pouvoir vraiment s'approprier toutes les connaissances nécessaires". 

Autre exemple entre la Première et la Terminale, selon Daniel Cassiaux : "La fin de Première est consacrée à la Première guerre mondiale, aux conditions des traités de paix qui l'ont suivie. Et dans le programme de Terminale nous devons commencer par la période de l'Entre-deux-guerres et là encore, je pense que des aménagements sont possibles et nécessaires pour permettre à des élèves, qui n'ont pas tous pu aborder les traités de paix de la Première guerre mondiale dans les mêmes conditions, de pouvoir appréhender certaines de ces notions".  

"Trouver un terrain de discussion"

Au niveau national, le syndicat Snes a produit une note sur tous les aménagements possibles par niveau et par matière, pour alléger l'année scolaire et prendre le temps de combler les lacunes des élèves et éviter ainsi de creuser les inégalités scolaires. 

"La démarche des parents et des professeurs de notre lycée n'est pas polémique, précise Daniel Cassiaux. Elle est destinée à trouver un terrain de discussion qui permette d'assurer à la rentrée des conditions égales pour l'ensemble des élèves". 

La lettre est sur le bureau du ministre. Jean-Michel Blanquer devrait s'exprimer dans une semaine au sujet de la rentrée, annonce son cabinet, notamment le 7 juillet lors de la publication de la circulaire de rentrée, qui devrait fixer le cadre et l'organisation de la prochaine année scolaire.

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