A 76 ans, l'ancien Beatles est monté ce mercredi soir sur la scène de la Paris La Défense Arena, pour plus de deux heures et demie de concert, après la sortie en septembre dernier de son album "Egypt Station". Soit juste le temps de prouver qu'il est toujours au top de la pop mondiale.

Paul McCartney, mercredi soir sur la scène de la Paris La Défense Arena, à Nanterre (Hauts-de-Seine)
Paul McCartney, mercredi soir sur la scène de la Paris La Défense Arena, à Nanterre (Hauts-de-Seine) © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Il y a peu d'artistes qui arrivent à enflammer une salle de 40 000 personnes avec une seule note, un seul accord de guitare, en trois secondes. C'est ce qu'a fait Paul McCartney, ce mercredi soir, en montant sur la scène de la Paris La Défense Arena, la nouvelle salle de concert géante installée juste derrière la Grande Arche, dans les Hauts-de-Seine. En jouant, directement et sans fioriture, le premier accord mythique de A Hard Day's Night, le Britannique a donné le ton de son concert : 2h30 d'énergie pure, pop et culte. 

Paul McCartney, ancien membre des Beatles, ex-fondateur des Wings, auteur, compositeur, interprète, créateur d'opéras et de musiques de film, a 76 ans. Un âge qu'il convient de rappeler, tant celui-ci se fait oublier une fois que celui-ci, guitare basse à la main, lance ses premières chansons, alternant les tubes des Beatles tout droit venus des années 60, comme All My Loving, ceux des Wings, moins connus et plus marqués années 70, et quelques nouveaux titres issus de son nouveau album Egypt Station, comme le très pêchu Who Cares

Prouesses vocales

Pour les fans qui ont vu "Macca" précédemment sur scène, le chanteur a réservé une nouveauté : après un quart d'heure de concert, pendant sa chanson Letting Go, trois musiciens de plus font irruption dans le public. Trombone, saxophone et trompette rejoignent le groupe avec lequel Paul McCartney tourne depuis des années. Sur des tubes comme Got to get you into my life, un standard des Beatles, la présence de ces cuivres est du plus bel effet. 

Si la voix de McCartney semble parfois décrocher sur certaines chansons, comme Maybe I'm Amazed, on le lui pardonne assez rapidement, tant il parvient aussi à accomplir quelques prouesses vocales sur ses titres les plus rock. Sur Let me roll in, il offre une prestation épatante - qu'il renouvellera plusieurs fois dans le show, notamment en rappel sur l'électrisant Helter Skelter

"Je vous kiffe !"

Devant une salle quasi complète (seule la fosse n'était pas à guichets fermés), Paul McCartney présente somme toute assez peu de nouveaux titres, mais enchaîne les standards, parfois précédés de courtes introductions pour lesquelles il tente de s'exprimer en français. "Cette chanson parle des droits civiques" explique-t-il avant de jouer Blackbird des Beatles, puis de dédier la chanson Something à "[son] frérot George". Il appelle le public à l'accompagner sur Ob-La-Di, Ob-La-Da et prévient, juste avant de chanter Michelle : "C'est la seule chose qu'on sait dire en français". Preuve du contraire : plus tard, peu avant la fin du concert, il lâche au public "Je vous kiffe !". 

Montée en puissance

Après une séquence plus intimiste en milieu de concert, où la formation musicale se resserre (le batteur troque son poste pour une toute petite batterie similaire à celle de Ringo Starr) pour interpréter des chansons parmi les toutes premières des Beatles, McCartney ne lâche plus son public et enchaîne titres cultes et compositions accrocheuses, de Lady Madonna à Let It Be en passant par Ob-La-Di Ob-La-Da ou Band of the Run. Sur toute la durée du concert, c'est le plaisir qui transparait sur scène et dans la salle : McCartney et ses musiciens semblent autant s'amuser à jouer que le public à recevoir. 

Le tout sous une lumière et une scénographie impressionnante où écrans vidéo apparaissent et disparaissent (dans un piano par exemple), parfois minimaliste en noir et blanc, sur la chanson d'amour My Valentine, parfois explosant de couleurs comme dans la très psychédélique Being for the benefit of Mr. Kite, sortie du fameux Sgt. Pepper. 

La scénographie, colorée et psychédélique, de "Being for the benefit of Mr. Kite".
La scénographie, colorée et psychédélique, de "Being for the benefit of Mr. Kite". © Radio France / Julien Baldacchino

Feux d'artifice

Le final arrive très vite - trop vite. D'une traite, Sir McCartney enchaîne les trois monuments que sont Let It Be, Live and let die et Hey Jude. Sur la deuxième d'entre elles, des feux d'artifice sont tirés, rappelant que l'Arena où a lieu le concert est aussi un stade, finalement pas si éloigné du Stade de France de par la démesure et l'acoustique très caractéristique de ces lieux. Et sur Hey Jude, il parvient à faire chanter 40 000 spectateurs sur le fameux "la, la, la" de la fin de la chanson - prolongé ad libitum

Le public n'en démord pas et demande un rappel, qui arrive bien vite - et de façon parfaitement prévue, celui-ci étant le même sur la plupart des dates de la tournée. Il conclut son concert comme les Beatles avaient conclu leur carrière, avec un medley des chansons Golden Slumbers, Carry that weight et The End. Comme si la boucle était bouclée. 

Au terme de 2h30 de concert, Paul McCartney et ses musiciens semblaient ne pas être fatigués
Au terme de 2h30 de concert, Paul McCartney et ses musiciens semblaient ne pas être fatigués © Radio France / Julien Baldacchino
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