À l'approche du 40e jour de confinement, la fermeture des salons de coiffure devient parfois problématique au point que certains prennent le risque de passer sous les ciseaux de proches. Romain, poissonnier d'un supermarché de région parisienne, a lui commencé à coiffer ses collègues.

Romain termine de coiffer son collègue Ludovic. Le poissonnier s'est improvisé garçon-coiffeur pour rendre service à ses collègues de ce supermarché d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)
Romain termine de coiffer son collègue Ludovic. Le poissonnier s'est improvisé garçon-coiffeur pour rendre service à ses collègues de ce supermarché d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) © Radio France / Cecilia Arbona

Depuis quelques temps, Romain regardait d'un mauvais œil les cheveux en friche de son collègue Ludovic : "Pour être clair sa coupe n'allait plus avec des cheveux plutôt longs. Alors j'ai eu l'idée de lui proposer de le coiffer". 

Romain n'a aucune formation de coiffeur, il est poissonnier dans la grande distribution depuis toujours, mais Ludovic a accepté de tenter l'expérience. "Il m'a accordé sa confiance, et c'est grâce à ça que je me suis senti capable de le faire", raconte Romain, qui n'hésite alors plus à troquer ses couteaux à filet contre une paire de ciseaux.

Dehors, derrière le magasin, Romain assoit donc Ludovic sur une chaise et s'applique : "J'ai commencé à lui couper les cheveux avec des ciseaux et un peigne, au vu de l'épaisseur et de la longueur surtout". Puis Romain tire une rallonge et branche une tondeuse électrique. "Bon ce n'est pas un modèle professionnel, c'est plutôt une tondeuse électrique premier prix", déplore le poissonnier, mais l'appareil fera l'affaire, d'abord avec un sabot pour travailler la longueur, et enfin pour les finitions. 

Une confiance... modérée 

Le résultat est assez satisfaisant. Romain est fier de son coup d'essai prometteur. Pourtant ses autres collègues rechignent à succéder à Ludovic. Ils désignent même un autre coiffeur amateur pour la coupe suivante. "Il a carrément rasé le crâne du collègue à la tondeuse. Franchement c'est pas compliqué, j'aurais très bien pu le faire", regrette Romain. "Mais bon les collègues savent que je suis poissonnier et pas coiffeur, donc ils doutent de la réussite de la coupe", admet-il en riant.

C'est désormais au tour de Romain d'accorder sa confiance à un collègue et de placer son destin capillaire entre des mains d'amateurs. Il a besoin d'un coup de tondeuse sur la nuque avant la fin du confinement, s'il veut éviter la coupe mulet.

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