Six organisations syndicales appellent, ce mardi 26 janvier, à une journée de mobilisation nationale. Aux côtés des enseignants, des infirmières scolaires et des parents d'élèves.

À l'appel d'une intersyndicale composée notamment de la FSU, de la CGT et FO, des défilés sont prévus ce mardi dans plusieurs villes.
À l'appel d'une intersyndicale composée notamment de la FSU, de la CGT et FO, des défilés sont prévus ce mardi dans plusieurs villes. © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Profs, étudiants, infirmières scolaires et parents d'élèves devraient se rejoindre pour battre le pavé, ce mardi 26 janvier. Un appel à la grève et à la mobilisation a été lancé par six organisations syndicales, afin de réclamer de meilleurs salaires pour les enseignants, mais aussi dénoncer la gestion de la crise du Covid-19, alors que plane toujours la perspective d'un troisième confinement.

Une revalorisation insuffisante

Un mouvement qui s'annonce très suivi, selon Guislaine David, secrétaire générale du SNUIPP-FSU qui évoque un tiers de grévistes dans le premier degré. Premier grief : les salaires. L'annonce en novembre dernier d'une enveloppe de 400 millions d'euros n'est pas jugée suffisante. "Les discussions avec le ministère de l'Éducation ont abouti à la revalorisation de 30% des enseignants, grâce à une prime d'attractivité", explique Guislaine David. 

"Les enseignants qui ont plus d'une dizaine d'années d'ancienneté ne seront pas revalorisés, c'est déplorable. Alors qu'on sait que les enseignants du premier degré sont très mal payés par rapport aux autres pays européens."

Autre revendication : plus de moyens dans les écoles. "La crise a montré que nous avons besoin de personnel, d'enseignants. Pour le moment, il en manque énormément" constate Guislaine David. Faute de remplaçants en nombre suffisant, impossible de remplacer les absents, lorsque les professeurs des écoles sont cas contact ou cas Covid.

"Ordres et contre-ordres"

Plus globalement s'expriment le malaise et la défiance d'une profession à l'égard de son ministère de tutelle. La crise sanitaire a exacerbé une colère latente. "On a reçu des ordres, puis des contre-ordres. Et un protocole sanitaire que l'on n'arrive pas à mettre en œuvre, faute de moyens suffisants", résume la secrétaire générale du SNUIPP-FSU. 

Pour cette raison, les infirmières scolaires sont appelées à se joindre au mouvement. Saphia Guereschi, secrétaire générale Syndicat national des infirmières conseillères de santé, déplore notamment auprès de l'AFP que celles-ci soient, dans les collèges et les lycées, accaparées par la gestion de la crise sanitaire au détriment de l'accompagnement des élèves. 

Rouvrir les université "à tous les étudiants"

Les enseignants du supérieur seront aussi de la partie ce mardi. "On rejoint toutes les organisations syndicales qui se mobilisent pour l'emploi, le salaires et les carrières", détaille Anne-Roger, co-secrétaire générale du SNESUP. "On y ajoute un mot d'ordre spécifique : la réouverture des université à tous les étudiants, et pas seulement 20% d'entre eux. Il faut que tous les niveaux d'étude soient concernés par un retour sur site a minima une fois par semaine".

Pour l'heure, seuls les étudiants de première année sont autorisés à revenir suivre leurs travaux dirigés en demi-jauge, depuis ce lundi. 

L'épidémie de Covid-19 n'a fait que rendre plus criantes les carences dénoncées depuis une dizaine d'années, à savoir le nombre insuffisant de recrutements :"Sans enseignants pour encadrer les étudiants amenés à venir sur site, sans moyens pour dédoubler les groupes, ça rend l'accueil compliqué". Le syndicat rappelle que l'université accueille aujourd'hui 300 000 étudiants de plus qu'il y a dix ans, "alors qu'on a perdu 1 000 enseignants titulaires entre 2017 et 2018"

À Paris, la manifestation doit partir à 13h de Luxembourg, en direction de la rue de Grenelle.