Ce vendredi soir, Alain Cocq, atteint d'une maladie orpheline, cessera de boire et de manger pour tenter d'obtenir le droit à la sédation profonde. Ses derniers jours devaient être retransmis en vidéo sur Facebook, mais le réseau social a coupé la retransmission samedi.

Alain Cocq est atteint d'une maladie orpheline incurable.
Alain Cocq est atteint d'une maladie orpheline incurable. © Radio France / Danielle Messager

Ce vendredi soir, il arrêtera de s'alimenter et de boire. À 57 ans, il ne veut plus de cette vie où il ne peut plus rien faire seul. Il réclame une sédation, mais il n'est pas en fin de vie, la loi ne l'autorise donc pas. Alain Cocq se veut combatif puisqu'il ne peut rien contre la maladie orpheline dont il est victime, qui endommage vaisseaux et artères et le rend totalement dépendant. Sa dernière bataille sera pour abréger cette vie dont il ne veut plus. Ses derniers jours devaient être filmés et diffusés via Facebook, mais samedi, le réseau social a interrompu la diffusion.

"Je suis prisonnier de mon corps et de mon lit"

"Je suis prisonnier, prisonnier de mon corps et de mon lit, j'ai pas le choix parce que je suis incapable d'ouvrir ma pharmacie. Morphine, kétamine, un cocktail explosif que je prends tous les jours à des doses données. Si je prenais ce qu'il y a dans ma pharmacie, en 10 minutes ce serait réglé", lâche-t-il. 

Qu'on lui prescrive un médicament qui le fait mourir, voilà ce qu'Alain Cocq a demandé par écrit à Emmanuel Macron. Il a parlé avec sa conseillère santé. Alain Cocq voudrait une grâce, car il sait qu'il n'entre pas dans le cadre de la loi sur la fin de vie, malgré ses souffrances.

"Je ne veux pas qu'on voit l'expression de la douleur dans mes yeux"

Il décrit des douleurs très fréquentes : "Toutes les trois ou quatre secondes, j'ai une décharge électrique qui part qui part de la tête et qui descend à travers tout le cortex nerveux jusqu'à l'extrémité des doigts et des doigts de pied. C'est pour ça que je ferme souvent les yeux : parce que j'ai mal et je ne veux pas qu'on voit l'expression de la douleur dans mes yeux."

Alain Cocq réclame le choix ultime, comme l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) dont il est membre : "On dépense un fric énorme pour forcer les gens à vivre, alors qu'ils souhaiteraient que ça s'arrête. Au cours de ces quatre dernières années, 9 ou 10 fois, le Samu m'a récupéré sur le fil du rasoir, ils ont outrepassé mes directives anticipées d'alors."

Une mort retransmise sciemment sur Facebook

Lui qui a participé à de nombreux débats, il connait le poids des médias et des réseaux sociaux. Le compte Facebook d'Alain Cocq devait donc retransmettre son agonie : "Je veux que les gens sachent ce qu'est la fin de vie actuellement en France. Il y aura la vidéo sans le son, dès que je serai décédé l'image sera tournée. Pour moi, il est hors de question de montrer des images trash, le moment où je m'éteindrai sera une délivrance, le combat continuera après moi."

Mais Facebook en a décidé autrement : "Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l'attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d'experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d'Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide", a déclaré un porte-parole de Facebook samedi. 

Mais quand son état va s'aggraver, et malgré une lettre de refus de soin qu'il a toujours avec lui, ses auxiliaires de vie devront, pour ne pas être dans l'illégalité, appeler les urgences.

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