Pour les enfants nés à partir du 1er janvier l'obligation passe de 3 à 11 vaccins qui seront indispensables en collectivité. Une mesure adoptée fin octobre par l'Assemblée nationale, alors qu'en France la confiance vaccinale ne cesse de diminuer.

Après de vifs débats de plusieurs mois, le passage de trois à onze vaccins obligatoires prendra effet lundi 1er janvier.
Après de vifs débats de plusieurs mois, le passage de trois à onze vaccins obligatoires prendra effet lundi 1er janvier. © AFP / Fred TANNEAU

Malgré la controverse soulevée par la décision, l'extension de l'obligation vaccinale à onze vaccins contre trois jusqu'à présent entre en vigueur ce 1er janvier. Jusqu'à maintenant, seuls les vaccins contre la polio, la diphtérie et le tétanos étaient obligatoires pour les enfants de moins de deux ans, désormais ce sera le cas aussi pour huit autres vaccins qui n'étaient jusqu'à présent que recommandés dans le calendrier vaccinal. Avec des doses combinées, chaque enfant devra subir en tout dix injections avant l'âge de deux ans.

Les vaccins obligatoires
Les vaccins obligatoires © Visactu

Le principe de l'obligation vaccinale heurte certains parents, d'autant que la défiance envers les vaccins augmente 

Selon des résultats du Baromètre Santé publié en octobre, les Français sont favorables à 75 % à la vaccination. Ca peut paraître beaucoup mais la proportion dépassait 90 % au début des années 2000. Surtout, 41% des Français interrogés pour une étude internationale de 2016 estimaient que les vaccins n'étaient pas sûrs, un record mondial. 

Les anti-vaccins les jugent dangereux (notamment en raison de leurs adjuvants, particulièrement l'aluminium) et se méfient des laboratoires, accusés de privilégier la rentabilité à la santé des enfants. Pour les collectifs Vaccins-Liberté et Ensemble pour une vaccination libre (EPVL), l'augmentation du nombre de vaccins obligatoires est "un viol de la démocratie" et un "acte d'autorité sur les corps"

Certains, parmi les plus déterminés, ont cherché de l'aide auprès de médecins qui partagent leur convictions afin d'obtenir un faux certificat. Sur des forum certains parents rechercher ou s'échanger le nom de praticiens complaisants qui risquent de leur coté des "sanctions pénales pour faux et usage de faux" s'ils falsifient des certificats, selon l'Ordre des médecins. Ils s'exposent aussi à une radiation. Le 22 décembre, le Conseil d'État a confirmé celle d'un généraliste qui n'avait pas injecté à un enfant les vaccins obligatoires et avait inscrit "des mentions mensongères" sur son carnet de santé.

20 millions de morts évitées depuis l'an 2000 grâce au vaccin contre la rougeole

Vu la défiance croissante des français pour les vaccins, plusieurs éminents spécialistes ont voulu répondre point par point à toutes les questions qui se posent autour des vaccins.

Comme pour tout médicament, le risque zéro n'existe pas, mais il est infime, insiste Véronique Dufour. Dans les 62 centres parisiens de protection maternelle et infantile qu'elle supervise, les effets indésirables sont rarissimes : "si je reviens des années 2000 jusqu'à maintenant, on ne relève qu'un cas d'urticaire qui a nécessité une intervention spéciale" explique-t-elle. 

Quant à l'aluminium, utilisé comme adjuvant dans les vaccins, pour Liliane Grangeot-Keros, de l'Académie de pharmacie, les doses contenues dans les vaccins sont trop faibles pour être toxiques : "Un bébé reçoit entre 4 et 5 milligrammes au total avec les 11 vaccins. Ca représente une goutte d'eau."

Un autre reproche fait à cette obligation, c'est que les nouveaux nés seraient trop fragiles pour supporter 11 vaccins. Faux, répond le professeur Alain Fischer, pédiatre et immunologiste, un bébé est parfaitement capable de les assimiler : "Il le peut parce que son système immunitaire est prêt, cela a été très largement étudié, affirme-t-il. "Le système immunitaire d'un nouveau-né, même s'il est prématuré, est capable de se défendre très bien et de générer une immunité qui le protège."

"Il y a eu vingt décès de la rougeole depuis 2008. C'est important d'augmenter la couverture vaccinale pour que ces drames, si facilement évitables, ne surviennent plus en France", estime Daniel Lévy-Bruhl, de l'agence Santé Publique France. 

A noter, les 11 vaccins quand ils n'étaient pas obligatoires étaient déjà donnés à environ 70 % des enfants.

Les vaccins obligatoires seront pris en charge à 65 % par l'Assurance maladie, sauf le ROR, pris en charge à 100 % pour les mineurs. Surcoût pour la Sécurité sociale : environ 12 millions d'euros, selon le ministère. 

Les François doutent de plus en plus dès que l'on parle vaccin
Les François doutent de plus en plus dès que l'on parle vaccin © Visactu
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