La pollution de l'air, tant intérieur qu'extérieur, entraîne chaque année la mort de presque 600 000 enfants de moins de 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires selon l'Organisation Mondiale de la Santé. L'OMS évoque également les liens possibles entre autisme et pollution.

Pour l'OMS la pollution de l'air met gravement en danger la vie des enfants
Pour l'OMS la pollution de l'air met gravement en danger la vie des enfants © AFP / Dominique Faget

La pollution de l'air est "le nouveau tabac", souligne le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le site de l'organisation qui organise ce mardi 30 octobre à Genève la première conférence mondiale sur "la pollution de l'air et la santé".  

À cette occasion, l'OMS a publié un rapport révélant que chaque jour, environ 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d'enfants) respirent un air si pollué qu'il met gravement en danger leur santé et leur développement.  Selon l'OMS, environ 91% des habitants de la planète respirent un air pollué, ce qui entraîne quelque 7 millions de décès chaque année.  

Cette crise de santé publique fait l'objet d'une attention accrue, mais un aspect critique est souvent négligé : comment la pollution de l'air affecte particulièrement les enfants

En 2016, la pollution de l'air à l'intérieur des foyers et à l'extérieur a entraîné la mort de 543 000 enfants de moins de 5 ans et de 52 000 enfants âgés de 5 à 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires, selon le rapport.  Le rapport explique aussi que les femmes enceintes exposées à de l'air pollué sont plus susceptibles d'accoucher prématurément et d'avoir des bébés de faible poids à la naissance.   

Un appareil respiratoire beaucoup plus sensible que les adultes 

L'une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique est qu'ils respirent plus rapidement que les adultes, pointe l'OMS.  "L'effet de la pollution de l'air va être de ralentir leur croissance respiratoire", explique Gilles Dixsaut, président du comité francilien contre les maladies respiratoires et médecin physiologiste à l'hôpital Cochin à Paris, "Leur appareil respiratoire est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux phénomènes extérieurs comme la pollution atmosphérique et tous les irritants bronchiques". Par ailleurs, les enfants vivent plus près du sol, où certains polluants atteignent des concentrations maximales, à un moment où leur cerveau et leur corps sont encore en développement. 

Si les personnes les plus exposées sont celles qui vivent à proximité de grands axes de circulation, la pollution au sein même des foyers est également pointée du doigt par ce rapport de l'OMS. Le docteur Gilles Dixsaut précise : "Les enfants dans les pays asiatiques ou africains vivent à l'intérieur des maisons où l'on fait brûler du charbon, du bois pour cuisiner. Et les enfants sont extrêmement exposés à cette pollution intérieure." 

En outre, les enfants qui ont été exposés à des niveaux élevés de pollution de l'air peuvent être plus à risque de développer des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires plus tard dans leur vie.

Un lien entre pollution et autisme? 

Selon le rapport de l'OMS, la pollution de l'air affecte également le développement neurologique et les capacités cognitives des enfants. Un avis partagé par le professeur Isabella Annesi-Maesano, épidémiologiste à l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Cette médecin a fait la synthèse de toutes les études scientifiques existantes sur le sujet et sa conclusion est claire : l'impact de la pollution atmosphérique est significatif. 

Il y a cinq ans, une étude d'Harvard a montré notamment que des femmes enceintes exposées à des niveaux élevés de particules fines, surtout durant le troisième trimestre de grossesse, avaient deux fois plus de risque d'avoir un enfant autiste : "Les particules fines engendrent un stress oxydatif qui fait que le cerveau ne peut pas se développer de façon normal. Des fonctions du cerveau ne sont plus assurées de la même façon", souligne Isabella Annesi-Maesano.     

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.